vendredi 9 mars 2018

les morts parlent #extra

Finalement elle m'a retrouvée
Je n'en mène pas large depuis qu'elle s'intéresse à toutes ses douleurs fantômes
je me doutais bien, la sérendipité bat son plein
On cherche on trouve autre chose
dit-elle toujours
et moi je l'entends penser

En arrivant devant la pancarte du village, ce fut comme une illumination
elle s'est revue, dans ma maison de comte
avec l'escalier majestueux en pierre
les objets précieux

Pas un conte de fées
car très vite, elle s'est retrouvée dans l'enfer du décor
ma soit-disant fille l'a introduite à mon chevet
Où je grabatais depuis pas mal de temps déjà
j'étais "le Pépé" c'était comme ça que m'appelait l'autre folle 
Elle (la Simone) partait acheter le pain et revenait 3 jours après, plus morte qu'ivre, à peine déssoulée
Ce jour-là donc, elle avait ramené la petite
et me l'avait déposée en cadeau, au bord du lit
comme un chat apportant une souris à son maître.
(j'essayais bien avec elle aussi, mais elle était costaude, et savait à quoi s'en tenir
y avait plus l'effet de surprise)
Je n'arrivais plus trop à parler déjà alors je lui disais de s'approcher
encore plus près, encore plus près encore plus près, une sorte de remake du petit chaperon rouge
d'un coup je lui ai mis les mains où j'ai pu, partout
j'étais pas encore complètement invalide 
et cette chère petite fraîche
humm,oie blanche
il me restait de la force !
je m'étais enfui des chez les cocos,
j'avais traversé la Volga ou un de ces horribles fleuves de là-bas-quand-j'y-étais
elle se débattait, mais je la tenais bien,
bon j'ai pas eu le temps de faire grand chose
l'autre folle est revenue, la traîtresse
les fois d'après, parce qu'elle est revenue, bien sûr
elle était plus méfiante.

Toujours aussi petite, un peu plus, tassée même.
Elle rôde avec ses souvenirs, il pleut, elle parle avec sa consigne
Elle voit la stèle qui lui confirme tout
Mais elle se trompe
Elle ne se souvient plus de mon prénom (le pépé, ça ne la mène pas bien loin)
Je suis ailleurs, juste de passage aujourd'hui ici,
dans ses douleurs fantômes

Mais elle se réchauffe dangereusement



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire