mercredi 20 mai 2020

Exultation de dé-confinement









Le paradis sur terre : un jardin, un repas frugal, une salade goûteuse et colorée, de l'eau fraîche du robinet,  des cerises cueillies sur place, une table et des chaises bien sûr, des sourires épanouis, la santé et de douces pensées à vous toutes et tous.

vendredi 15 mai 2020

Notre toute nouvelle carte



Je vous soumets cette toute nouvelle carte, bien ronde, bien circonscrite, bien confinante.
Pour la faire vivre, il suffit de cliquer sur le lien suivant : 

Vous pouvez jouer avec, gamberger sur cette ligne rouge-frontière inventée tout récemment, décider que c'est votre nouvel univers et écrire à partir de là, réfléchir si elle fera ou pas partie de "notre" exposition, la mettre aux orties ... l'adopter, la rejeter ou la mordre comme une pomme.
Il m'a semblé qu'elle ne pouvait pas ne pas figurer sur ce blog traitant de cartographie depuis deux ans maintenant
Bien à vous, déconfitement vôtre

dimanche 10 mai 2020

Oui

Suis allée voir les roses , le jardin du matin, ai contemplé le ciel, les doigts encore noués de l’au-delà des songes, me sentis consolée par le vent sur la peau comme une douce ondée. L’imperceptible hier n’était plus qu’arc-en-ciel, souvenir coloré, à l’écart, confiné, derrière les perles d’eau et les mots bousculés. Maintenant, tout se tait, tout repose, apaisé, les oiseaux délivrés tissent les aurores, et le timbre des pierres dessous le pied résonne; quant au parfum des fleurs, tout de mélancolie, il s’offre et se révèle, en une douce houle: retenons notre souffle, tout est encore possible...

mercredi 6 mai 2020

A VOUS, DEMON TERRITOIRE,

     Je vous écris de mon petit bout de territoire perdu dans les brumes ocre-rose, entre   ondées et arcs-en-ciel. Les gouttes d'eau s'agrègent en pampres transparentes sur les rebords des branches. Pleurent leurs sonatines qui s'égrainent lentement. Pleure leur mélancolie qui s'évapore à la recherche des âmes mortes. Flotte dans l'air le doux murmure d'un au-delà, d'un ailleurs qui exulte.
     Les verts des feuillages hier encore incertains expriment maintenant leur identité appuyée de teintes tendres mais expressives.
      La Dorette frémit et glisse ses eaux transparentes vers d'autres horizons. Elle laisse se pencher dans ses reflets moirés les étincelles vives des libellules ivres des souffles du printemps. De plongeons en sauts périlleux , elles s'arrogent le droit de conquérir l'espace ténu au-dessus des ondulations enthousiastes de la rivière. D'un vol silencieux et fébrile, elles auscultent les berges-fouillis, impénétrable lieu avant que de se poser sur la courbure d'une herbe pâle.
     Assise sur une pierre grossière, taillée dans le granite perdue je suis, entre la joie de l'éternelle renaissance, de ses parfums-mosaïque, de ses couleurs-cicatrices et la tristesse infinie que leur beauté engendre. Capturer ce moment où soudain tout se tait, où pourtant tout est murmures, palpitations, ondoiements, cris étouffés avant que tout explose, tous ces riens en rafales, chants-mélopées que les oiseaux se confient d'arbres en arbres, comptines acidulées reprises par les peuples des herbes.
     Sur l'asphalte de ma mémoire vacillante, germe le souvenir d'une caresse légère. Est-ce le vent d'avant ou ta main qui frôle ma joue? De doutes et d'incertitudes mêlés, le passé affleure et avec lui ses nuages de sanglots étouffés.
Non, d'un bond se lever et courir pour attraper le rayon du soleil qui joue avec mon ombre et le reflet des marguerites. Courir pour étreindre le tintement furtif que j'entends dans le creux du vallon. Courir pour rejoindre les rebords de ma carte noyée dans la douceur de notre territoire que j'écris depuis longtemps au singulier.