dimanche 12 août 2012

Road movie (2° partie)

 
Arrêt suivant : nous achetons des bananes en bord de route, tout cela nous a creusés, puis à Dogbo, bien avant Comé , nous passons saluer un ami, dans son bureau de chef des examens et concours. Naturellement, nous sortons partager le verre de l'amitié, échangeons les nouvelles de la famille, la santé, François Hollande …


 
Nous repartons, doublons des véhicules aux noms savoureux « Repos des Anges », « Le Retour », « La 25° heure », « Le Final », la mort stimule l'imagination.
Pas un instant d'ennui, le paysage est luxuriant, d'immenses arbres, un ciel chargé normand, la route à surveiller et les innombrables marchands « informels » tout au long de la route : pyramides de tomates, oranges, avocats, mangues, manioc, ananas, ignames, bouteilles rouges d'huile de palme …
 
Je me souviens particulièrement des sacs de plastique blanc où est empilé le charbon de bois, tous alignés comme des bonshommes de neige avec leur capuchon pointu,
 
des sacs allongés comme des saucisses dans lesquels est vendue la farine de manioc pour le « gari » et bien sûr des vendeuses d'essence informelle : de grosses dame-jeanne jaunes posées sur une table, un tuyau de caoutchouc et l'on remplit le réservoir en aspirant un peu. Au Bénin, l'essence informelle est bien moins chère que l'essence en station. La nuit, les hommes, sur leur mobylette, passent en fraude de l'essence nigériane, les femmes la revendent en bord de route. Cette essence n'est pas très pure, sent parfois très fort, ces femmes mettent leur santé en péril car elle svivent en permanence dans cette odeur, aspirent … mais … l'essence est moins chère … « Et avec quoi je mangerai ? » nous dit une de ces jeunes femmes à qui l'on conseillait de cesser cette activité pendant sa grossesse.
 
Une seule fois, une heure durant, j'ai cru être arrivée en enfer : l'enfer sur terre.
Nous allions entrer dans Lomé, où les travaux sont continuels. Lomé possède un port gigantesque où de nombreux cargos attendent en mer leur tour pour un accès au port ; actuellement, pour entrer dans la ville, une déviation est imposée à tous les véhicules qui doivent longer les entrepôts portuaires. Nous nous retrouvons vers treize heures -heure la plus chaude et la plus circulante- sur une piste provisoire où les innombrables véhicules soulèvent une poussière épaisse, étouffante. Sur cinq-six files, voitures, titans surchargés, motos, sur une piste toute en virages où de nombreux policiers attendent, arrêtent, contrôlent, rackettent. Ils nous arrêtent, longtemps, nous stationnons en plein virage pendant que Patrice parlemente et finit par payer.



Les klaxons nous arrachent les oreilles et quand nous reprenons la route, Patrice, très calme, en nous montrant un titan surchargé, nous annonce « Le titan-là se dandine ». Voyager au Bénin est passionnant et extrêmement fatigant.
Je ne vous parlerai pas des routes après un orage, nous annulions simplement tout déplacement. Elles sont alors impraticables. La grande cour de la maison Hangbé où nous logions était alors envahie d'une boue rouge, glissante ...


... qui sèche très rapidement et alors je peux …
grimper sur la moto d'Ildevert, filer au marché pour y choisir ensemble de beaux tissus.

3 commentaires:

  1. Je rattrape mon retard dans la lecture de ton périple et t'imagine les yeux encore pétillants de tout ce que tu as croisé; merci de le partager, on imagine un peu...

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. On sent la vie qui va, les gens sont des vrais gens Patrice, Ildevert, la pluie nous éclabousse, on glisse dans la boue rouge, on sourit, on est vivant.

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