jeudi 24 mai 2018

Cartographie 12/ Journal

Nouvelle séance  dans nos errances cartographiques. Quatre auteurs nous accompagnent avant d'aborder l'écriture:

1/Anne Savelli / Celle ou celui qui voudrait partir”(Livre collectif: Une ville au loin)
Alors viens et regarde : le carnet dont je te parle, c’est un beau cahier bleu légèrement pailleté, à feuilles nuancées, de couleurs différentes. Sur la couverture est écrit Une intuition dans la matière. Si tu sens que cette phrase t’attire, même à n’y rien comprendre, même à ne savoir quoi en dire, ouvre, tourne la page. Allez viens.

 2/ Sylvain Tesson: Sur les chemins noirs
Le col de Tende marquait un ensellement de la ligne de crête du Mercantour. Il séparait l’Italie de la France. J’avais décidé de commencer là, dans le coin sud-est du pays, et de rejoindre le nord du Cotentin. Les Russes, par tradition, avant de partir en voyage, s’asseyent quelques secondes sur une chaise, une malle,sur la première pierre venue. Ils font le vide en eux, pensent à ceux qu’ils quittent, s’inquiètent de savoir s’ils ont fermé le gaz, caché le cadavre–que sais-je encore ? Je m’assis donc, manière russkoff, le dos contre un oratoire de bois où une Vierge méditait devant le paysage d’Italie. Soudain je me levai et je partis.

 3/ Pierre Cendors: L’invisible dehors ( Carnet islandais d’un voyage intérieur)
Au printemps 2011, je suis parti en Islande . J'ignorais ce qui m'attendait là-bas. Comme Martin Buber, je pourrais écrire aujourd'hui: Tous les voyages ont des destinations secrètes dont le voyageur n'a pas conscience. Car, dès mon premier regard par le hublot de l'avion, j'ai été tout à coup emporté...ailleurs.
C'est là, durant un mois, que j'ai marché, vécu et écrit les pages de ce carnet: dans une région islandaise de l'ailleurs, au nord-ouest de l'ailleurs, là-haut, dans l'invisible dehors, à la frontière boréale de l'esprit.


 
4/ Stevenson: Voyage avec un âne dans les Cévennes 

Le commerçant s'intéressa beaucoup à mon voyage. Il pensait dangereux de dormir en rase campagne.
— Il y a des loups, dit-il. Et puis, on sait que vous êtes anglais. Les Anglais ont toujours bourse bien garnie. Il pourrait fort bien venir à l'idée de quelqu'un de vous faire un mauvais parti pendant la nuit
Je lui répondis que je n'avais point peur de tels accidents et que, en tout cas, j'estimais peu sage de s'attarder à ces craintes et d'attacher de l'importance à de menus risques dans l'organisation de la vie.

Proposition d'écriture: 
Un voyageur, muni de votre carte, pénètre sur ce territoire et écrit des pages de journal ( au moins 4 jours différents et bien plus si vous sentez que l'inspiration vous habite...!) notant ses motivations, ce qu’il découvre, ses pensées face à un lieu inconnu, ses rencontres. Cela se passe dans la période choisie la dernière fois , ou dans les années qui suivent ou précèdent.


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