dimanche 14 février 2010

lettre à ma soeur


chère soeurette,


(ce mot est inédit entre nous, je ne t’ai jamais appelée comme cela)


la consigne de l’atelier d’écriture de ce soir, a été lancée tel quel :

“écrire à quelqu’un de sa famille” ;


pour moi, le choix est simple et limité : père, mère, soeur, frère ;


c’est à toi que j’ai envie d’écrire cette lettre,

une vraie lettre,

pas un coup de fil un peu obligé du dimanche après-midi, parce que j’ai trouvé ton message sur mon répondeur ou pour prendre de tes nouvelles,

ni quelques mots convenus sur une carte postale nippone avec deux maïkos en tenue d’apparat même si je sais que tu les aimes,

une vraie lettre,

et j’ai l’impression que c’est la première fois que je t’écris ;


dans cette lettre si je l’écrivais, il y aurait plein de souvenirs de notre complicité d’enfance, nos jeux interminables, des fictions imaginaires, les personnages que nous inventions ; plus tard, nos secrets d'adolescentes, des sorties partagées, comme les petits-copains...


(grande soeur et petite soeur en vadrouille)


aujourd’hui, nous vivons loin l’une de l’autre, nous nous voyons peu, presque jamais en tête à tête, les confidences se font rares et les mots se disent en famille ;

pourtant je rêve souvent à toi,

(je pense même que tu es celle dont je rêve le plus)

et puis, je ne cesse m’entourer de femmes-amies avec lesquelles je me sens bien, comme nous l’étions enfants, comme si j’essayais de récréer ce premier lien si harmonieux qui fût le notre...


je t’embrasse tendrement,


ta soeur





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