lundi 16 décembre 2013

Pour fêter les 1 an de la fin du monde : Le dernier cadeau de Bugarach (Hommage à Gabriel Garcia-Marquez)

Remake de la nouvelle de Garcia Marquez : un hombre muy viejo con unas alas enormes

A minuit, les parents XY à moitié endormis au chevet de leur petit garçon malade, perclus de fatigue, furent rappelés à la réalité du monde par les cloches qui sonnaient l’heure, et qui apparemment n’était pas celle du jugement dernier. On était  le 22 décembre 2012, à Bugarach, Aude, France.  XX jeta un coup d’œil par la fenêtre, et vérifia que les choses étaient toujours là, à leur place, même s’il était difficile de les distinguer, informes et ensevelies sous une épaisse couche de neige.
L’idée lui traversa l’esprit que le monde avait peut être pris fin, et qu’ils faisaient partie des survivants, après tout, même s’il n’y avait pas complètement cru, et qu’ils avaient été choisis.
Mais il ne put y réfléchir bien longtemps car l’enfant demandait des soins et cette réalité-là était bien plus urgente, fragile et précieuse et quelle que fut la dimension dans laquelle ils habitaient à présent, la maladie n’en était apparemment toujours pas exclue et il fallait bien y faire face.
Pendant quelques jours, la vie de l’enfant vacilla, puis, le 25 décembre, alors que le village déballait ses cadeaux ou soignait sa gueule de bois phénoménale post Apocalyptique, la neige commença à fondre, la fièvre quitta le petit corps et le monde se remit cotonneusement en marche.
Dans le courant de l’après-midi, XX qui digérait mal sa dinde aux marrons et rongeait son frein dans ce monde où décidément il ne se passait jamais rien, -même « Plus belle la vie » avait fini par le décevoir-,  se laissa intriguer par un rayon de soleil particulièrement tenace sur une tôle verte au milieu des véhicules entassés dans la casse de son entreprise de véhicules d’occasion. Comme YY ne trouvait rien de spécial à ce rayon vert merveilleux, mais qu’il aimait bien avoir raison, il enfila ses bottes et chaussa son bonnet et disparut parmi les compressions à moitié rouillées.

Sur le coup, il ne comprit rien à ce culbuto géant, plus large que haut ; avec sur le côté de ce qui aurait été sa tête verte, une antenne qui pendouillait lamentablement ; géant pour un culbuto, mais à bien y regarder, assez mal fichu pour autre chose. Insidieusement, imperceptiblement, la chose bougeait, glissait sur son socle comme si elle avait été montée sur roulettes, et n’était pas sans rappeler à XX … Non, non, c’était impossible, il était encore sous le choc post-fin du monde imminente, il ne fallait pas s’emballer, il y avait sûrement une explication rationnelle. C’était sans doute un de ces journalistes fumeux qui avait abandonné un gadget hors d’usage, ou les Ultras, ceux des grottes du Pic qui avaient oublié un de ces machins qu’ils trimbalaient toujours avec eux.


4 commentaires:

  1. Partagé sur mon Facebook, très bon texte, merci Marie Pierre ( je ne sais pas si je fias une erreur, et si c'est bien le nom de l'auteur ?)

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    1. Merci Lise pour votre commentaire. C'était une consigne très inspirante. Avez-vous un blog vous aussi ?

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  2. génial ! texte que je viens de savourer, d'autant que petitomvert me renvoie à une certaine soupe aux choux

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