mercredi 11 avril 2018

Je suis venue te dire que tu étais parti

Aujourd'hui encore, je ne t'ai pas apporté de fleurs, pas par avarice, mais par principe, les fleurs industrielles ou bien celles qui pour pousser captent l'eau de ceux qui n'ont déjà rien, Nous étions d'accord là-dessus. Juste quelques herbes des bords des routes, de celles que ton Arthur dans son trou de verdure... Aujourd'hui je suis venue déposer sur ta tombe un dernier morceau de chagrin, car c'est le bon endroit, l'endroit juste pour pleurer, je me souviens de Maroussia dont les larmes coulant de ses yeux bleus, faisaient fleurir des myosotis. Les yeux marrons, ça doit donner des giroflées, ça t'ira ?

Tes derniers mots sur mon répondeur disaient : "je suis en paix avec toi à 90%." J'ai fait les comptes qui font les bons amis ; j'ai pensé que c'était un méchant message que de laisser ce bout de question sans espoir de réponse, mais il faut bien emporter quelques mystères avec soi, pour ne pas contrarier les mythes. De nous deux c'est toi qui as emporté le plus gros morceau de ce petit reste.
Mais je suis venue te dire : J'ai renoncé à allumer nos zones d'ombre et à combler les quelques centimètres qui nous avaient manqués. J'ai appris à ne plus faire état de toi, à ne plus m'opposer à ton silence, et à ne plus me laisser grignoter le coeur par des pourcentages de rien.
Le doré de ton nom commence à passer. Je ne t'oublie pas, mais je n'ai plus besoin de ton absence pour me morfondre ni de ces 10% pour me torturer. Je n'ai pas hâte d'expérimenter ta place ni te retrouver, j'ai beaucoup changé et je suis en paix avec toi à 300%. Je ne te dis pas adieu, tu connais mon goût pour le silence particulier des cimetières et mon peu de cas pour les serments.

1 commentaire:

  1. Que dire d'autre que si la proposition d'écriture que j'ai offerte permet ce texte, cela me réjouit!

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