dimanche 19 avril 2026

ENFANCE : une condition  2

Tendre à ce qui tourne autour de lui, les yeux grands ouverts, frémissant, un souffle d'air, tiédeur et odeur mêlées, requiert son attention. La variation de la lumière, il l'enregistre en poursuivant sa récolte de pommes de pin qu'il aligne sur le muret du parc, en bas de l'immeuble où il va habiter , dans une ville inconnue.Il ne sait rien de ce qui l'attend, de ce qui va changer. Il joue au magasin - sans ennui , il passe deux heures à jouer, à chercher, explorateur de l'espace qui l'attend désormais, qui ressemble à la nature. Des arbres, tous différents, des cailloux, de la terre, des parcours, des cachettes. De l'ombre et du soleil, de la chaleur, des oiseaux avec leurs chants . Et la surprise d' une fontaine qui donne de l'eau si on tourne sa manivelle. Un espace circonscrit  entre les rues et les immeubles , à partager avec les chiens. Il vient de parcourir 600  km en voiture, il a dormi, il a été sage. Tranquille, il l'est encore et content. Il use du temps sans précipitation ni avarice. Il a tout son temps, tout le temps est à lui.Il est son économie, son combustible, tout comme la température de l'air, la lumière qui varie, la pesanteur et la distance, l'assortiment des bruits et la longueur des silences. 

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