jeudi 3 décembre 2009

Clochers



Après avoir erré sur les chemins, couru dans les prés , arpenté les collines,  folatré dans les clairières, tutoyé les sommets, s'être rafraîchi sous une cascade, reposé sur une plage, et laissé enveloppé de nuit, la nouvelle consigne concoctée par Linette et MPB nous élève vers les clochers.

Qu'il soit à bulbe, à dôme, à peigne ou octogonal; qu'il soit surmonté d'un coq ou d'une girouette aux quatre vents voire plus si affinité; qu'il soit appelé campanile ou qu'il serve de beffroi, le clocher élément architectural de l'église est indissociable de nos paysages ruraux ou urbains. Qu'il abrite encore des cloches sonnantes et trébuchantes ou qu'il se soit presque tu "enfin tu" aux dires de certains, il appelle les uns au rassemblement, aux sacrements, il rappelle à l'heure les retardataires et pour les autres il est un repère dans le paysage: sur le littoral, il est un amer pour la navigation.
Qu'il prenne par usurpation le nom de clocheton, on le voit de loin comme le minaret sur sa mosquée (lui-même plus discret souvent!) n'en déplaise aux Suisses et autres suivants étriqués; on s'approche de lui, on cherche à savoir à quelle époque remonte sa construction, on évoque son style, on parle de ses bâtisseurs et puis on lui donne un nom, une apparence dans la brume ou sous le soleil; il nous parle de nous, peut-être de notre avant s'il nous a bien connus ou il nous invente une vie...
Qu'il soit unique dans le paysage ou que du haut de la Tour Montparnasse vous dominiez tout un champ de clochers, et même de minarets, parlez d'eux, de ce qu'ils sont pour vous, esthétiquement, poétiquement, dans le domaine de la pensée; inventez leur une histoire, partagez vos émotions ou simplement vos impressions.





Extrait de "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust illustré par Stéphane Heuet (Delcourt)





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