mardi 1 juin 2010

Mots en E

"Comment savez-vous si la Terre n'est pas l'enfer d'une autre planète ?"
Aldous Huxley




Est
enfer ce qui
tue
l'éros
qui embellit
la vie.





L'enfer m'apparaît, non comme lieu mais comme état, caractérisé par une absence absolue d'espoir - le zéro absolu de l'espoir -
Supplice suprême d'un même jour figé où mots et actes se répètent inlassablement sans qu'aucun sens jamais ne se dégage.

Rituel immuable.
Sempiternelle négation de l'éros et de possible restauration de la lumière.
N'a-t-on fait que rêver l'azur du ciel ?

L'aile parfumée de l'ange a cessé de caresser les corps.
Liens de paroles et liens de chair ont cédé la place aux silences.
L'air s'épaissit, les fleurs à leur tour sont de pierre.

Descente quotidienne - inexorable.




Eros, c'est le contraire. Tout ce qui bouge, s'échange, coule, fleure bon, caresse, effleure, est limpide, surprend, pousse, devient intelligible, grandit, fleurit, mûrit, se fluidifie, chante, fredonne, bruisse, fluctue, étonne, froufroute, murmure ... comme peau vivante, pétale de fleur ou papier de soie.
Eros c'est ce matin où pour me sortir de la forêt du sommeil, la douceur de tes joues a réveillé au creux de mes reins un très fin duvet qui s'est mis à ondoyer, herbe sous le vent. L'animal s'est mis à ronronner tendrement caressé dans le sens du poil, la fourrure a poussé drue, électrique, chaude. Je la porte sur moi, sous mes vêtements précieuse comme un talisman.

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