mardi 8 juin 2010

Retour du garage

Je laisse ma voiture dans un de ces grands garages que j’exècre peuplé de voitures élevées sur un piédestal avec le ventre ouvert, où circulent des hommes vêtus de gris, vous assurant que votre automobile sera prête à l’heure dite et lavée ( cela seul est gratuit). Panne de freinage est affiché sur l’ordinateur de bord, on ne rigole pas avec çà!

Je sors , contemple le ciel, décide de rentrer à pied et pense à la liste qu’il me faut écrire. J’observe donc et vous dit tout ...ou presque…

Je longe une école et me réjouis malicieusement car il y a là des anciens collègues qui sont à pied d’oeuvre avec leurs élèves, et non je ne regrette rien: aucune envie d’y remettre le bout d’un orteil!

Le bruit fatigant de la rue va m’accompagner tout au long: voitures bien sûr, camions poubelles en pleine action, marteaux piqueurs, klaxons inutiles. Cela aussi je l’ai oublié ou je m’en suis protégée car je repense instantanément aux cris dans la cour de récréation…

Je marche sur le trottoir de droite en descendant la rue et je crois bien ne l’avoir jamais emprunté: une fromenterie d’où sort une jeune fille , sac en papier empli de viennoiseries, sans doute va-t-elle rejoindre ses collègues dans la banque d’à côté pour partager tout ceci autour d’un café. Je longe un bâtiment en piteux état dont fenêtres et murs sont cassés, au bord de cette grande artère cela parait incompréhensible.

Je guette les plaques de médecins ou autres sur les entrés d’immeubles au cas où …un jour…

Je vois une devanture jamais remarquée auparavant, mais il est vrai qu’ici je circule toujours en voiture, où l’enseigne me fait sourire, car je pense immédiatement à ceux qui connaissent ma passion pour la…cuisine: “Atelier culinaire”! Sur l’ardoise apposée devant la boutique, une liste , que j’aurais bien du mal à relater, propose différents mets à apprendre à cuisiner: je ne me souviens que des macarons. A deux pas de chez moi…..c’est vraiment trop bête de ne pas en profiter!

Je traverse la grand’rue toujours en dehors des clous et des feux rouges, pose mon regard sur des balcons aussi encombrés que ma maison, m’aperçoit que je croise des gens sans les voir, et que je serais très mauvais témoin dans un procès, prend un raccourci ou que j’estime comme tel, slalome avec des containers d’ordures en attente des camions poubelles , contourne les voitures mal stationnées et emprunte une rue plus calme où commence à se faire entendre le chant des oiseaux.

La rue est celle de mon centre de radiologie et je pense que je pourrais peut être aller récupérer les clichés d’une mammographie passée l’an dernier mais je n’ai pas envie d’alourdir mon bras et je passe, le regard posé au loin.

Je croise quelques collégiens quittant déjà l’école, absence de prof sans doute car il n’est que neuf heures, parlant fort et s’interrogeant sur ces heures de liberté soudain échues. Les rires fusent, ils ont l’air heureux…

Je grimpe la rue  le long du stade où une vingtaine de collégiens évoluent,  javelot entre les mains, à la recherche d’une performance vaine, mais il faut bien lancer ce bout de bâton, puisque le prof l’a dit! Je me souviens qu’on voulait me faire tourner autour d’une barre et que j’ai dit :non!

Je poursuis près du collège où tout est calme, les enfants sans doute penchés sur leurs cahiers ou dans leurs pensées, pas de voitures, je marche au bord de la route , les jambes balayées par les herbes hautes qui couvrent le talus, et paisiblement, je laisse ma main effleurer les pousses neuves des branches des mélèzes qui retombent jusqu’au sol. Si je m’écoutais, j’y enfouirais mon visage…

Je salue ma voisine qui sort, étonnée sans doute de me voir revenir à pied de si bonne heure, descend les quelques marches qui me conduisent sur ma terrasse, ouvre la porte, constate que la chaleur a pris possession de la maison et ouvre en grand les fenêtres: faire entrer le dehors dedans.

2 commentaires:

  1. laura sous une surprenante facette: une poésie balancée à l'état brut, le quotidien du quartier qui nous donne envie d'aller au garage pour, comme toi, sentir notre âme...

    RépondreSupprimer
  2. pour peu qu'elle nous fasse le coup du boulanger et du pétrin avec le garagiste ...

    RépondreSupprimer