samedi 28 novembre 2009

La nuit du père

Cet été, j'ai écrit un texte d'une soixantaine de pages sur un petit Paul (3ans) : il s'est égaré seul durant 2 jours et une nuit. Voici un extrait : son père, la nuit.

...« Le père,s'éloignant du gîte se dirige dans le chemin
à découvert et lève la tête vers le ciel. Lui, plutôt enclin à tourner en dérision toute superstition, se surprend à chercher des réponses à ses peurs dans le ciel étoilé. Il se convainc que Véga, là si lumineuse au-dessus de lui, veille sur Paul. Paul, ne peut pas -ne pas la voir- et se consoler auprès de sa brillance. Hier soir, tous les deux, Paul juché sur ses épaules, étaient allés observer le ciel, ici si noir et tellement criblé d'étoiles, alors qu'à Paris le ciel semblait vide. Il lui avait montré Véga, fichée au-dessus de leurs têtes, « au centre du ciel ».Le triangle de l'été qu'elle formait avec Deneb et Altaïr, dans son équilibre parfait, lui semblait être le garant qu'aucun malheur aussi grand que perdre un fils, n'était possible dans un monde aussi parfait.Le ciel étoilé ne l'apaisait pas, il y cherchait des signes, et chaque étoile lui apportait l'exacte réponse à sa peur.Une de ses constellations préférées était celle du Dauphin, fine, aux scintillations tremblantes, à l'est d'Altaïr. Ce soir, toutes étaient visibles : Cassiopée, le Dragon, Hercule, la Couronne Boréale et son diadème l'étoile Margarita, si brillante,le Scorpion d'un côté de l'immense Serpent et le Sagittaire de l'autre.Au Nord-Est se levait lentement Jupiter et l'on commençait à apercevoir sur le haut de la montagne tout à l'est le lever des premières étoiles de Pégase et la galaxie d'Andromède. A chaque constellation il posait une question et selon la brillance, le clignotement de ses étoiles, il savait la réponse. Il obéïssait totalement aux étoiles, tout son destin en dépendait.
Maintenant que ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité, il pouvait voir des pluies d'étoiles filantes partant des Perséïdes traverser le ciel du Sud au Nord.Le ciel crépitait. Des souvenirs d'adolescence remontaient : quand, pour la première fois lors de vacances d'été, les copains et lui s'étaient rendus dans ce pré hors du village en compagnie du pasteur passionné d'astronomie. Ses mots et les histoires qu'il leur avait contées pour leur insuffler sa passion pour ce ciel d'été percé d'étoiles et si énigmatique pour qui n'a aucun repère. Ce pasteur était intarissable et communiquait son savoir et sa passion avec sagesse, sans superstition ni didactisme.
Ce grand bol d'air frais et de brasillement d'étoiles l'avait un peu calmé. »...

2 commentaires:

  1. J'espère qu'on pourra lire les autres pages maintenant que tu nous as alléchés!

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  2. j'aurais tellement aimé connaître le nom des étoiles par les ciels sans nuages du mois d'août quand je vivais à la campagne! Leur nom empreint de mystère et de magie...

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