lundi 9 juillet 2012

auto-portrait

Les textes doivent débuter par ce passage tiré d'un livre de la bibliothèque de Natô, tirage au hasard-faisant-sans-doute-bien-les-choses:  "les japonais n'ont jamais marqué le moindre intérêt aux imaginations d'un monde de l'au-delà" (de l'anthropologue Ruth Benedict, Le sabre et le chrysanthème) ; 
2ème consigne (boîte à questions) : Sommes-nous tous des montagnards?



Les japonais n’ont jamais marqué le moindre intérêt aux imaginations d’un monde de l’au-delà. Les alpinistes japonais ont gagné les sommets par-delà le monde. Ici-bas les sylvains montrent le chemin. Sous-la-mer, la nymphe d’eau protège les jeunes femmes en fleurs. Et les lapins ?  demande l'ami garenne : Toi, tu es né d’un puits sans fond et d’un éléphant évaporé, bafouille le cerf blanc, et Moi j’apparais dans les rêves gelés quand l’esprit de la mort appelle à son bon souvenir. Et Moi mot-à mois mauah-miaou- soupire le chat Totoro - mon père était fermier et ma mère aidant à la ferme le jour, le soir  la belle se faisait grue tisserande. Un petit matin, on retrouva un oiseau sanguin, dépouillé, pelé,  et à ses côtés : la plus belle étoffe en plumes de tout le japon. Depuis, mon pelage est gris et ras et doux et tendre, mais je ne me transforme pas pour autant en rat des champs, en rien-à-dire, ni en rien-à-déclarer.
Les japonais n’ont jamais marqué le moindre intérêt à la mort, aux vaches sacrées, au Gange. Ils pourchassent les fantômes en kimono, les âmes planantes au-dessus de Tokyo, les tortues téléportées dans les airs par des hérons cendrés, les mourants jusqu'aux sommets enneigés, les voleurs de châteaux dans le ciel là-haut. Au-delà  ici-bas. Ici-bas par-delà, lalalala. Sans coton ni nylon, sont-ils montagnards les japonais ?
Les japonais n’ont jamais marqué le moindre intérêt à moi, ni à toi d’ailleurs, ni à nous, ni à eux, ni à elles, ni même à vous..................................ni à aucun pronom.
Sommes-nous tous des japonais ?



1 commentaire:

  1. je voguais il y a peu dans un bâtiment conçu par 2 architectes japonais. on les voit, de ci de là parler de leur conception de l'espace, tout ennobellés qu'ils furent; ils semblent aussi tristes et sombres que leur magnifique bâtiment pourtant tout blanc. Leurs yeux ne sont plus bridés, ils tombent peu à peu, se plissent, ne veulent plus voir la lumière que toutes les particules de mort ont obscurcies, leur beauté est grave et j'aime beaucoup tout texte, agrémenté de vaches, toujours aussi sacrément magnifiques

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