mercredi 11 juillet 2012

les jabonsais sont de fameux montagnards

"les Japonais n'ont jamais marqué le moindre intérêt aux imaginations d'un monde de l'au-delà"
Sommes nous des montagnards ? Sommes-nous des prophètes ? 
que savons-nous des Japonais ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?

elle dit : 
Les Japonais vivent toute la journée avec des fantômes
je dis : 
Je vis avec des fantômes
Je vis toute la journée
Je suis Japonaise

Les fantômes habitent avec nous. Ils cheminent à côté de nous dans notre monde. Ils ne sont pas dans l'au-delà, ils sont avec nous, ici et maintenant. parfois ils sont encore des gens vivants, mais absents et dont la trace perdure à côté de nous alors qu'ils vivent leur vraie vie plus loin, ailleurs, dans les montagnes.

Sommes-nous des montagnards ?
Sommes-nous des fantômes pour d'autres ?

j'étais au premier rang, toute de curiosité et d'ouverture. Ito Naga et pas le moindre gène de Japonais dedans, sur au moins 15 générations.

Il arriva que son regard accroche la paroi de mon regard et que pour ne pas sombrer dans le vide de sa timidité, il y reste suspendu, phrase après phrase et chaque je sais s'égrenait de ses lèvres et ses yeux le guidait jusqu'à mes yeux, qui me servaient pour la circonstance d'oreilles. je sais... J'essayais parfois de ne pas savoir et de laisser les autres en profiter aussi, mais je devais être à la bonne distance, physique et d'écoute et ses escapades fugaces le rendaient mal à l'aise et il revenait m'offrir une nouvelle salve de phrases, un nouveau morceau de ce japon qu'il savait.
J'ai ouvert ce livre bien des fois depuis, l'ai prêté, l'ai utilisé à d'autres fins. L'ai réentendu, toujours lui lisant, mais fantôme redevenu chair, le charme n'a plus opéré. Puis le charme est revenu.

L'eau de là. Aucun parfum encore ne porte ce nom. "l'eau de là", un parfum aux odeurs de nos bien-aimés, une odeur de cerisier japonais, de prunes salées, une odeur de tsunami. une odeur de Nagasaki , une odeur de Fukushima.


Les japonais n'ont pas d'intérêt pour les histoires d'outre monde. Ils y vivent déjà.

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