mardi 14 juin 2016


Les vies brisées ne flottent plus sur l'eau stagnante des étangs noirs. Les étoiles en folie  changent de direction. Va étranger, ta noblesse n'est pas de mise ici, cœur écrasé n'a pas de jour et la nuit qui s'en vient te verra disparaître. La peur, la peur de l'autre effacera tes pas. Ton chariot embourbé ne quitte plus l'ornière et ton cheval fourbu se couche pour mourir. Vas-t-en frère étrange, ce pays est trop dur et malade d'envie. Les courbes y sont des angles et sa lumière est floue.

Homme de ce pays, je suis ton frère étrange et vois je vais mourir, laisse partir mon frère, mon fils, qu'ils retournent au pays et vendent à l'encan sur les marchés des villes, l'étoffe unicolore de nos rêves broyés.

3 commentaires:

  1. Superbe texte, comme ça fait plaisir de te lire en me réveillant

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  2. super beau et "les courbes y sont des angles..." est une trouvaille géniale, en arrière-fond un quelque chose implicite, qui évoque l'orient, c'est étrange non?

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