mercredi 28 mars 2012

Mon itinéraire-retour en 3 épisodes : 1° épisode

 
Dimanche-25 mars-anniversaire de ma fille- « Annonciation faite à Marie » est-il noté sur le calendrier. Assise devant un café, au PMU, ma bulle flotte dans le brouhaha qui m'entoure, serveuses criant les commandes, hommes accompagnés de jeunes enfants remplissant leurs coupons de paris, hommes (encore) s'interpellant au bar, télé au-dessus de moi, répétant en boucle les mêmes banalités sur la campagne électorale « 50 milliards d'euros, socialistes, intentions, Toulouse, basculer, banques, économies ...» quelques mots émergent de toute cette bouillie. Combien est plus vivant le bourdonnement de la salle, étrange aussi car lorsque je regarde les individus un à un, ils semblent absorbés dans une profonde réflexion, quel chiffre cocher … et pourtant de toute cette foule découle une rumeur confuse, pièces de monnaie entrechoquant les tables, combien vous dois-je ? …
Seules deux femmes ensemble à une table et moi, seule à la mienne, avec mon crayon, mon petit carnet et mon appareil photo.

Un bonheur matinal inouï, l'heure a changé cette nuit, quelle bonne idée, toujours réveillée à quatre heures, il en était déjà cinq, je pouvais donc presque me lever et être à dix, nouvelle heure, dans ce café. Tout cela parce que J C Bailly m'a ramené sur mon itinéraire.
C'est décidé, aujourd'hui j'observe la faune, la flore, et les gens, enfin tout ce qui vit.
Le premier animal que je rencontre est une panthère noire, perchée sur une mappemonde vert cru et l'entourant de ses pattes, collée ici pour une quelconque publicité.

En levant la tête, je vois tournoyer d'immenses corneilles transportant de grosses branchettes pour leurs nids, quand je m'éloignerai de la Grand'rue, je les entendrai coasser de loin, mais il n'y en aura plus une seule ; pourquoi ces animaux grégaires s'installent-ils si près de l'homme, grégaire lui aussi, et qui ne les aime guère ?
Quelques énormes serpents noirs se faufilent sous les rails, immobiles au soleil.

En traversant la passerelle, j'ai vue sur les balcons des arrière-cours où tout un bric à brac s'accumule : micro-ondes, bouteilles, escabeaux, cocotte-minute, serpillières sur un fil à linge, tout ce que l'on n'ose pas exposer sur le balcon avant.
Quant à la flore, peu de choses jusqu'à maintenant, trop de béton, plus d'inscriptions sur les murs « Vive Montreynaud » que de plantes. Plus loin, deux troncs de bouleaux tout blanc s'entrelacent au bord d'un parking, d'énormes « babets », très longs comme je n'en ai jamais vus, pendent, fruits mûrs qui jettent leurs graines. Dans les rares parterres d'herbe du parking un petit monde rejeté poursuit avidement une seconde vie. Me voilà Gotlieb, mains dans le dos, accompagné de sa fidèle coccinelle entrain de faire sa rubrique à brac, armé de sa loupe : papiers de bonbons, canettes écrasées multicolores, bouts de métal rouillé, kleenex, étuis transparents divers, mégots, pailles colorés pour siroter, épluchures d'oranges, os rognés, pages de journaux, capsules, verre pillé, blisters de médicaments, verres plastiques marrons de distributeurs automatiques, éclats de miroirs et bris de catadioptres, sachets de graines …. Les rares poubelles sont étrangement vides.
J'y ai même trouvé quelques pages d'un missel ?, d'une bible, 19 pages exactement que j'ai précieusement mises dans ma poche et dont je vous citerai quelques phrase quand je les aurai lues.

1 commentaire:

  1. un bon marché, en somme.
    on devrait régulièrement aller déposer des pages de "missels" mi poivre dans les rues, nos écrits, nos pensées muettes, des fois que Jean Christophe Bailly repasserait par là, lui ou un autre.

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