mardi 25 septembre 2012

Petit traité de mauvaise foi

La consigne de l'atelier du 19 septembre fut identique à celle du 30 août
Le livre tiré au hasard était " Livre de chroniques III" d'A. Lobo Antunes
Le titre de la première chronique "Ca s'est sans doute passé autrement, mais faisons comme si"
La dernière phrase imposée "J'acquiescerai, et durant un instant nous serons ensemble, et durant un instant, je t'assure, je pourrai écrire au nom de tous deux, en supprimant le presque, que nous sommes heureux"
la vérité et le mensonge

Ca s'est sans doute passé autrement, mais faisons comme si : faire comme si …

Comme si rien n'avait eu lieu, comme si tout avait été dit. Comme si … le jeu magnifique des
enfants. Faisons semblant de, jouons à faire comme si, ça compte pour du beurre, souffler n'est pas
jouer, blesser pour de rire, on ferait comme si on était …, tous les coups sont permis, on est dans le
comme si.
Rôles fascinants où se forgent les jeunes personnalités et dans lesquels se dissimulent les adultes.
De faux-semblant en trompe-l'oeil, de quoi en perdre son latin. Douche froide, douche brûlante, ah
le jeu avait déjà changé ? Les règles n'étaient plus les mêmes, on était dans un autre je ? Le
mensonge était permis, poker dîtes-vous !
Ce qui a été dit il y a une demi-heure n'a plus cours, c'était pour du faux, dans la vraie vie on ne le
pensait pas vraiment. Mensonges, tricheries, tromperies. On a quitté le monde magique et sérieux
de l'enfant qui apprend la vie, on joue aux dés pipés, jamais là où l'on vous attend, toujours
légèrement de côté, un entrechat et on est ailleurs, deux petits tours de marionnettes et grand éclat
de rire plein de dents.
On fait comme si … mais c'est encore insuffisant, on fait comme si « cela » OU comme si « ceci »
en opposant deux termes pour que l'injonction soit tout à fait paradoxale : si l'une des deux
propositions est acceptée, on ajoute rapidement : « on a fait fausse route » et … vire-volte, demi
tour.
Tout est permis, suivre sa pente, être ce que l'on est, que les autres gigotent telles des marionnettes,
pas d'effort, simplement se laisser aller.

Ca s'est sans doute passé autrement, mais faisons comme si, puisqu'il faut bien que quelqu'un
détienne la version officielle de la fable. Car il faut bien qu'il y ait une vérité n'est-ce pas ? L'histoire
montrera que les versions changent selon les époques, les narrateurs.
Pendant des années, la cohabitation avait semblé réelle. Tous y avaient cru, les « comme si » bien
cachés. Rien n'avait été dit, dénoncé, simplement deux nations s'étaient associées après de cuisantes
défaites. Pour le reste du monde, l'association était réussie, fructueuse, harmonieuse même,
auraient dit certains. Cela dura, dura tant et tant qu'à la fin aucun de deux protagonistes ne savait plus
pourquoi, ni comment, il en était ainsi, ni même si cette association était morte ou vive.
Puis un jour, sans connaître plus le comment et le pourquoi, chacune se retrouva isolée, à faire
comme si …,  quel autre comportement, elles n'en connaissaient qu'un. Chacune reprit son chemin. Quand l'une annonça à l'autre que désormais elles n'étaient plus associées, elles crurent à un nouveau jeu. Mais la seconde acquiesça et durant un instant elles furent ensemble, et durant un instant, je vous assure, je pourrai écrire au nom de tous les deux, en supprimant le presque, qu'elles furent heureuses.


ne prenez pas de risques inutiles







3 commentaires:

  1. cela chante en comptine, et la fin me parle particulièrement avec émotion vive

    RépondreSupprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  3. Beau texte sur le comme si et le faux semblant, mais chargé d'émotion.

    RépondreSupprimer