lundi 21 novembre 2011

Une ville ici ou ailleurs

Qu’est-ce-que le patrimoine ? Guère autre chose qu’une lueur à l’horizon
On est avant tout de tel ou tel quartier

Du roulé de canard
Des pavés sauvés du béton
Un écureuil mal assis
Une vitrine de tortellinis
Une petite cour d’école maternelle
Un fronton tatoué de liberté, d’égalité et de fraternité.
Des sandwiches encore emballés mais jetés inexplicablement sur le chemin de traverse. Qui sont-ils ?


Difficile de remonter très loin
Côté Nord, rien n’est encore possible.
Les collines descendent toutes vers la mer
On a l’habitude de ces villes, de ces clichés blancs quoique poussiéreux, de ces villes qui toujours descendent, tentaculaires, superlatives, vers la mer.
Tout vous rabat vers la plage comme un vent furibar ; les funiculaires dévalent les pentes raides jusqu’à l’eau palpitante, la chaleur vous assigne quand ce n’est pas l’exotisme de "l’hiver à la mer" qui vous attire.
Parfois dévalant ainsi, la croupe d’une statue vous attise depuis la fenêtre d’un véhicule, vous sautez en marche. Mais les dégoulinures noires sur le visage de marbre, sous les aisselles de la belle ou  du beau, vous rappellent combien vous aussi vous transpirez. Et vous reprenez votre cavalcade.
Une halte sous les arbres d’un parc. Inattendu autant qu’espéré. Une halte. Des enfants jouent, des enfants gloussent, des femmes lisent en les surveillant du coin de l’œil ; des hommes jacassent en attendant que ce soit l'heure.
Toujours la rumeur rebondissante du trafic qui anéantit toute velléité de calme intérieur.
On reprend la descente, on aperçoit le port depuis si longtemps qu’on se demande s’il ne s’agit pas d’un mirage. On est heureux d’avoir choisi pour une fois les bonnes chaussures. Mais on ne sera vraiment heureux que lorsqu’on s’en sera vraiment débarrassé, que les pieds agripperont le sable ou glisseront sur le parapet lisse.
Soudain c’est l’explosion bleue, mais si familière avec le temps, si peu mythique. Le front de mer n’est plus aux hôtels de luxe, aux plages privées, aux milliardaires fumant cigare de 10 cm de diamètre. La mer d’aujourd’hui c’est la masse bruyante, éclaboussante, tourbillonnante. Mais c’est la mer, y a rien à faire, tout de tous temps m’a conduite jusqu’ici, vers ce centre plein, ce mystère, cette absence.

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