vendredi 11 novembre 2011

archéologie d'un texte

tentative 3:
Consignes, écrire à partir de : « pas autre chose encore, la ville, guère autre chose qu’une lueur, où sont brodés des adjectifs : tourbillonnante, gigantesque, tentaculaire ». + contrainte de rythme : 2 4 8 - 8-4-2 - 24816 - 16-8-4-8-4-2-2.
Nuit noire. Depuis 11 minutes 30. La brutale panne électrique étouffe l’éclairage public. Avec lui, les ordinateurs. Machine à café, alarme, salle de cinéma, caisse enregistreuse. Sans lumière s'installent les bruits confus des voix, des chuchotis, des cris. Porte de magasin, ascenseur, recharge de batterie, téléphone, distributeur de billets, chaudière, figés et en suspension. Sans lumière, les odeurs s’élèvent. Souffres et charbons. Cétones et essences. L’asphalte dégurgite, dégueule, poisse. Lassive, l’acidité du gaz s s'enlace aux vapeurs du tabac froid. Lueurs tourbillonnantes des feux arrière. Phares fugaces. Crissement des roues. Opacité des arbres alourdissant la ville. La place s'inquiète comme menacée ou dominée par l’ombre de la cathédrale. Un jour la marcheuse dira à ses petits-enfants combien le temps paru long, grisant aux habitants de la cité, combien les gigantesques bras de l’obscurité les enivrèrent.
La soirée blafarde se vide peu à peu de sa moelle humaine : corps en décomposition, en attente ou en abandon, chose non identifiable sur laquelle sont brodés des filaments. Filaments de gouttes lourdes car le crachin d’hiver commence à tomber lentement. Bientôt il se mêlera aux flocons de neige. L'aube blanche renouera-t-elle avec l’usage de la parole, de la colère? Peut-être bruits, odeurs disparaîtraient-ils couverts par les décorations tentaculaires de Noêl ? Et, à nouveau, la ville sera dévorer. De guerre lasse. Souillée et pullulante.
Tentative 2 déjà publié sous le nom "à corriger" : mêmes consignes + "jeux avec les temps" (merci à marie, Pierre pour sa lecture critique des temps confus...)
Nuit noire. Depuis 11 minutes 30. La brutale panne électrique avait étouffé l’éclairage public. Avec lui, les ordinateurs. Machine à café, alarmes, salle de cinéma, caisse enregistreuse. Sans lumière s'installaient les bruits confus des voix, des chuchotis, des cris. Porte de magasin, ascenseur, recharge de batterie, téléphones, distributeur de billets, chaudières, étaient figés comme en suspension. Sans lumière, les odeurs s’élèvent. Souffre et charbon. Cétone et essences. L’asphalte dégurgite, dégueule, poisse. L’acidité du gaz s’étire et s'enlace aux vapeurs du tabac froid. Lueurs tourbillonnantes des feux arrière. Phares fugaces. Crissement des roues. L’opacité des arbres alourdit la ville. La place devint inquiétante comme menacée par le poids de l’ombre de la cathédrale. Un jour la marcheuse dira à ses petits-enfants combien le temps paru long mais grisant aux habitants de la cité, combien les gigantesques bras de l’obscurité les enivrèrent.
La soirée blafarde se vide peu à peu de sa moelle humaine tel un corps en décomposition abandonné au hasard, devenu chose non identifiable sur laquelle sont brodés des filaments. Filaments de gouttes d’eau car le crachin d’hiver commençait à tomber lentement. Bientôt il se mêlerait aux flocons de neige. Peut-être l'aube reviendrait-elle, et avec elle l’usage de la parole, de la colère. Peut-être bruits, odeurs disparaîtraient sous les néons tentaculaires des lampadaires. La ville se laisserait de nouveau dévorer. Souillée et pullulante.
tentative 1 (non publié, ni mise en brouillon)
Nuit noire. Bientôt 11 minutes 30. La brutale panne électrique avait étouffé l’éclairage public. Lampe, ordinateur. Machine à café, alarmes, salle de cinéma, caisse enregistreuse. Sans lumière restaient les bruits sourds des voix chuchotantes, anxieuses. Porte de magasin, ascenseur, recharge de batterie, téléphones, distributeur de billets, les chaudières, plaques de cuisson électrique, four à micro-onde. Sans lumière, les odeurs s’élèvent. Souffre et charbon. Cétone et essences. L’asphalte dégurgite sa bile poisseuse. L’acidité du gaz s’étire dans les vapeurs acres du tabac froid. Lueurs tourbillonnantes des feux arrière. Phares fugaces. Crissement des roues. L’opacité des arbres alourdit la ville. La place devenait inquiétante comme menacée par le poids de l’ombre de la cathédrale. Un jour la marcheuse dira à ses petits-enfants combien le temps paru long aux habitants de la cité prisonnière de l’ombre gigantesque de l’obscurité inopportune. La soirée blafarde se vide peu à peu de sa moelle humaine tel un corps en décomposition abandonné au hasard, devenu chose non identifiable sur laquelle sont brodés des filaments. Filaments de gouttes d’eau car le crachin d’hiver commençait à tomber lentement. Bientôt il se fonderait dans les flocons de neige. Peut-être le jour reviendrait-il, et avec lui l’usage de la parole vulgaire. Peut-être des bruits réapparaitraient grâce aux néons tentaculaires des vitrines et des lampadaires. La ville se laisserait alors dévorer. Souillée et pullulante.
Plusieurs tentatives antérieures à 1 et issues de l'histoire du soir de l'atelier (rappel):
La chose avançait lentement à la lueur d'une bougie. l'éclairage public, en panne depuis trois semaines, ne protégeait plus son ombre. La chose n'était pas d'une nature inquiète - les adjectifs la décrivant le mieux étant la témérité et l'impudence. Elle sursauta pourtant au passage d'une voiture et fit un bond de côté quand celle-ci la klaxonna, retint même un cri. La nuit dissimulait la circulation tourbillonnante qu'elle devinait aux feux de croisement sur la rocade et qui projetaient des bras tentaculaires sur les arbres, les bâtiments, les quelques passants. Puis la ville se replongeait dans le noir gigantesque. La chose sentait, comme dans son sommeil, advenir des vagues de craintes brodées aux effluves de la rue, tels les souvenirs les plus acres de son passé. Pourtant, elle avait encore le choix. Elle prit un autre chemin.

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