lundi 13 mai 2013

chronique d'hiver

Paul Auster, Chronique d'hiver, Actes Sud, (2013 pour la version française), p.246 :

"Pour faire ce que tu fais, il te faut marcher. Marcher, c'est ce qui attire les mots à toi, ce qui te permet d'entendre les rythmes des mots à mesure que tu les écris dans ta tête. Un pied en avant, puis l'autre, le double battement de tambour de ton coeur. Deux yeux, deux oreilles, deux bras, deux jambes, deux pieds. ceci, puis cela. Cela, puis ceci. Ecrire commence dans le corps, c'est la musique du corps, et même si les mots ont un sens, s'ils peuvent parfois en avoir un, c'est dans la musique des mots que commence le sens (...) L'écriture comme forme intérieure de la danse".

2 commentaires:

  1. "C'est dans la musique des mots que commence le sens" Bp d'écrivains l'ont déjà exprimé et comme c'est vrai ici et ça me renvoie au "toc, toc, toc ... de ton commentaire précédent.

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  2. j'y voyais surtout le mouvement, la danse, oui l'histoire de "la musique des mots" est un truc des plus ressassés, dit et redit jusqu'à devenir un lieu commun. ici (outre sa remarque à l'auteur sur cette musique des mots, quelque peu convenue) ce passage fait suite à une expérience de répétition de danse à laquelle il avait assistée, une répé sans musique et il s'étonnait que la danse ne soit pas en musique, ne soit pas musicale, bien calée dans la redite musicale qu'est souvent le ballet (composition musicale qui trame la composition des mouvements). Et, alors que cela faisait des mois qu'il ne parvenait plus à écrire, ce silence du corps l'a débloqué.

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