mercredi 14 avril 2010

EN REPONSE A. G. (de Sophie-Linette)

"Cela fait un moment que je veux vous écrire..." dites-vous .
Lorsque j'attends un courrier de vous je ne calcule plus le temps qui entre dans sa démesure la plus cuisante. "J'attends", je viens d'écrire"j'attends", alors que votre lettre m'apprend qu'il me va falloir écrire"j'attendais"! L'imparfait, le temps de notre rencontre? Non! Même si imparfaites étaient nos retrouvailles trop brèves, trop espacées puisque vous ne m'autorisiez pas à pénétrer dans votre oeuvre. Mai en attente sur le bord de votre écriture combien j'ai aimé ces moments fragiles qui nous laissaient exangues dans l'urgence du moment. Nous n'étions plus qu'un seul corps à deux respirations, qu'une seule peau frémissante, qu'une seule voix qui murmurait"je vous aime"comme vous m'aviez appris ce vouvoiement qui je croyais scellerait notre histoire.
Dans les moments de DISTRACTION que je me fabriquais à vous attendre avec pour seul viatique l'espoir que vous me reviendriez, je me répétais"longtemps, toujours", et puis je balayais aussitôt l'inocuité de leur mensonge. Vous m'aviez appris à apprivoiser"maintenant, demain"
Malgré le DARD de la douleur qui me crève le ventre, à l'instant je sais que vous m'avez rendue plus forte. Depuis que je vous ai connu, je sais que je peux cohabiter avec moi-même, peut-être même vivre.
Il me faudra longtemps pour gommer la douceur de vos yeux qui se posaient sur mes paupières à demi-closes, pour murer votre voix, étouffer votre odeur sous l'épaisseur des oripeaux que je vais devoir revêtir. J'ai froid de votre absence annoncée mais chaud du respect que je vous ai inspiré. Vous êtes un de ces rares amants qui osez dire votre inconstance et comme je ne veux pas la partager je dois en accepter et l'augure et l'issue douloureux.
Merci pour ne pas me prêter à la mascarade, pour ne pas me faire DEFILER dans les couloirs de vos autres conquêtes. J'ai voulu être la seule et même si j'ai perdu, je vous en aime ainsi.
Il m'est trop tôt pour que je vous souhaite d'être heureux mais je n'ai pas de place pour un quelconque désamour qui remplacerait le"vous" par le"tu".
Sophie-Linette.

2 commentaires:

  1. Décidément, vous êtes très fortes pour compliquer des consignes déjà complexes
    Chapeau, j'aime tjs autant te lire

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  2. Sophie-Linette ... un brin de sagesse?

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