jeudi 1 avril 2010

Lettre de réponse à G

G

Je vous remercie de cette franchise envers moi et je la reçois comme dernier gage de ce qui fut entre nous et restera unique. Mon seul regret : vous avez été mon seul amant qui m'ait vouvoyée du début à la fin. J'en rêvais, j'en avais toujours rêvé, sans vous l'avoir jamais confié. Je n'imagine pas plus grand bonheur et plus grande intimité que ce vouvoiement dans l'amour. Je le reçois comme une offrande. J'ai choisi la règle et je préfère la certitude de cette rupture à l'appréhension que j'en avais depuis le début de notre relation. D'ignorer où vous êtes et ce que vous faîtes me sera moins douloureux que de ne plus vous entendre murmurer "Je vous aime" dans le creux de mon cou. Ce vouvoiement m'a été infiniment sensuel. Quelque chose au fond de moi rêvait à une forme d'engagement que ce "vous' consacrait. Il donnait à notre amour à la fois de la profondeur, une immense douceur et je le ressentais comme un respect incommensurable de ce que j'étais et de ce qu'était cet amour. Inlassablement votre énergie créatrice a nourri mon oeuvre et ma vie de toute nouvelle manière, je sais que vous comprendrez sans plus de développement. Un corps qui m'inspire autant, certes vous n'étiez pas le premier, mais une interpellation qui résonne aussi fort en moi et suscite aussi profondément mon inconscient, ça jamais. Ma peau, vos lèvres, votre ventre vibraient, s'impatientaient lorsque vous murmuriez ce "vous" à mon oreille. Du corps contre corps me restera cet infini dont nous nous sommes enveloppés, cette oeuvre à deux que nous avons écrite.
J'aime l'idée de ce livre que vous me dédiez et qui sort le jour où vous m'annoncez notre rupture.



4 commentaires:

  1. je voulais te féliciter pour plusieurs choses:tout d'abord pour ta ponctualité à publier tes écrits après chaque atelier, et surtout pour les progrès éclatants dans la qualité d'écriture au fil de cette ponctualité.je suis particulièrement touchée par cette réponse à l'amant de sophie calle et ce pour deux raisons: elle très belle, pleine de sensualité et de fraicheur,et puis aussi parce qu' elle reste dans un registre amoureux loin de la rancune et du rêglement de compte.en cela elle a de la hauteur.
    j'avais apprécié ta lettre à l'écoute mais je l'apprécie doublement après m'être plongée dans la lecture du livre de sophie calle (oh sophie! m'entends tu? auras tu l'oreille aussi fine qu'emmanuelle!?) je l'ai lu avec grand intéret, appréciant cette déclinaison chorale talentueuse, mais aussi avec la répulsion que m'inspire la télé réalité qui consiste à jeter en pâture publique ,même sous visage couvert, un trait de vie qui n'a pas été tracé pour ça, en l'occurrence masculin à l'hallali consensuel exclusivement féminin.
    j'ai beaucoup aimé aussi tes définitions en C, surtout celle de corriger, la fleur de glycine marquée sur la peau...
    continue, si ton travail pouvait donner une petite correction, un petit coup de fouet à ma paresse!
    heureusement que des petites fourmis travailleuses s'activent sur le blog et pour insuffler les ateliers, je viens de découvrir à l'instant que certaines le font même en costume de travesti!

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  2. merci de m'avoir "boostée" dans le bon sens du terme, hier soir à l'atelier !
    tu vois ça marche...

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  3. Réponse à Béatrice
    Touchée par ton long commentaire
    J'en redemande
    Merci

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  4. Ta lettre est d'un bloc et l'on ne sent pas de ruptures dues à la consigne. Et j'aime sa distinction ou sa noblesse!

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