jeudi 1 juillet 2010

Chemin






Relire les textes de Natô, couchés dans ce tendre livret cousu main, relié japonais, m'a donné envie de revenir aux chemins, peut-être pour boucler une année, peut-être parce que la venue de l'été m'invite à m'y laisser entraîner, peut-être par tendresse ... ou par sortilège.

Me revient en mémoire cette promenade habituelle que nous faisions toutes les deux en fin d'après-midi, celle que l'on a faite cent fois, toujours le même trajet, toujours dans le même sens ; juste pour le plaisir d'apercevoir la maison de loin à la fin de la boucle, la maison massée dans le bosquet, le chemin qui surplombe. Le chemin sans imprévu, celui qui nous ramène à la clôture de ta maison. La promenade dont on ne revient jamais.
Sur ce chemin si connu de nous passait justement ta ligne de vie, il me ramène à toi, à ton destin, tout en lenteur, tout en douceur. Il me ramène à mon centre, à ma vie. Nous y étions à la fois en pays de connaissance et face à ce qui venait. Nous ne parlions de rien, trois mots de temps en temps. Nous pensions sans y penser à nos vies, au bol de tisane miellé du retour.

La même ballade pendant des années.

Aujourd'hui une autre vie, la même.
Un rayon de soleil, le même.
Le rappel d'un jour de notre vie passée et le goût d'un jour de ma vie à venir.

Sans toi, je tourne les pages de l'album photo comme nous déroulions nos pas l'un derrière l'autre.

Merci Natô

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