dimanche 3 avril 2016

Fenêtre sur au-delà


c'est l'au-delà déjà, le seuil d'un néant d'une douce densité, l'orée d'un bleu peut-être ou d'une sombre déchirure, un plain-chant d'ombres aux fragments de voix frissonnantes et oubliées.

c'est l'au-delà clos de hauts murs de granit, recouvert d'une blanche épaisseur où des pas, dans l'effort de la marche, écrivent le poids de leur vie et les doigts s'ensanglantent sur les murs d'enceinte. 

c'est l'au-delà où des noms desséchés et oubliés sont criés d'une voix rauque.

je suis de l'autre côté de la fenêtre, du versant de l'intérieur, et je suis dans l'attente que mon nom soit crié.

3 commentaires:

  1. Insoutenable position que d'être enfermé. Y-a-t-il d'autres solutions que de consacrer sa vie à ce permanent va-et vient de l'esprit : dedans, dehors, dedans,dehors et d'attendre que son nom soit crié, en espérant que ce soit pour la bonne cause. La neige n'adoucit rien, ni le vent, ni la pluie, puisqu'ils passeront sans rien laisser.

    Amitiés.

    Roger

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  2. on se croirait dans un film !!! ou dans l'au-delà qui doit être aussi désert et froid que l'image de la photo ! breuuuuu.... tu ouvres l'imagination !!!

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  3. "et je suis dans l'attente que mon nom soit crié" y a pas à dire, l'alexandrin, c'est une sacrée belle musique

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