lundi 1 mars 2010

Lettre B

Biais :


Face à leur conscience et à leur culpabilité, nombreux sont ceux qui prétendent ne pas biaiser et tentent de s'en persuader. Mais sournoisement, dans quelles directions sont-ils écartelés jusqu'au démembrement ? Et sinon, pourquoi tant de douleurs ? Le raisonnement inverse tient la route : et si au lieu d'y aller tout droit, de foncer dans la chair, on y allait parfois de biais, est-ce que ça ferait moins mal ?

Boulevard :

Je tourne en rond.Voilà des heures que je suis les feux arrières des voitures qui me précèdent sur ce boulevard périphérique. Comment vais-je en sortir ? Par quelles bretelles ? Je mets la radio.
Tout à coup, un grand coup de frein, je percute la voiture avant, reçois un grand choc à l'arrière. La nuit est tombée. Mon ange gardien qui somnolait à l'arrière, saute sur la banquette avant, pose ma tête délicatement sur son épaule et me berce. Tout est fini.


Brasser:

Ce matin, ça me brasse dans les tripes. Je crois être malade. Plus la journée avance, plus je me rends compte que ça brasse. La répétition des mêmes idées s'enroule en spirale. Les pensées se vrillent comme les viscères, désirs et regrets se mêlent, tout se noue, m'étouffe, un cordon ombilical autour du cou se resserre, noeud coulant.
La rupture devra venir du dehors pour retrouver un peu de sérénité, remettre un peu d'ordre dans tout ce merdier, faire cesser les bruits, desserrer les noeuds


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