lundi 22 mars 2010

ma moitié de Rilke reconstituée en pierres de tailles

La volupté de la chair est une intelligence visionnaire au même titre que le regard pur, que la jouissance que procure la saveur d’une cerise mûre sur notre langue, elle est une extension de  notre âme sur la peur abandonnée, une connaissance de soi et de l’autre nous-même, dans sa plénitude et sa science intuitive de l’amour. Ce n’est pas l’amour qui naît de cette expérience, mais en ceci je ne parle pas de ceux qui en mésusent, proprement la galvanisent, l’utilisent comme un excitant, une distraction dans le morne ennui de leur existence non une concentration de leur créativité.
Lorsque les hommes ont du manger aussi, car il ne peut y avoir vide d’un côté, pléthore de l'autre, ils ont trouvé dans ces nourritures terrestres des besoins simples, et ainsi ont été troublés tous les besoins par lesquels la vie se renouvelle. Mais ils ont dû les clarifier et les vivre clairement et calmer en eux l'homme de solitude. Il est donc essentiel que l’être vivant consente à toute beauté, chez les animaux comme chez les plantes, on trouvera une forme durable et nue de l'amour, celle qui fait les plantes s'accoupler, se multiplier, se tourner vers l’autre avec docilité, non pour servir la loi du peuplement, de la reproduction, une loi qui dépasse plaisir et souffrance, une loi sans volonté ou résistance. Fasse que cette volupté soit pleine jusque dans ses moindres méandres et soit chantée par l’humain avec plus d'humilité, comme un mystère: qu'il le considère gravement! Au lieu de le prendre de haut, à la légère, qu’il comprenne combien il est lourd! qu'il ait le courage du bonheur, la passion créatrice de la chair ou de l'esprit, la fécondité de l’amour. Car l'esprit procède de l’œuvre de chair, il est l’incarnation dans l’œuvre. L'homme, me semble-t-il, est aussi créateur par son corps qu’il l’est au moral; engendrer est pour lui une manière d’être, une source profonde qui lui permet de se mettre au monde et c’est réellement "enfanter" que de créer cette volupté que procure l’amour.

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