jeudi 17 mars 2011

Ou êtes-vous ?




« L’écriture doit être saisie comme un miracle : celui de la double présence de la parole et du silence »


Six mois sans lettres de vous, six mois sans vous écrire, six mois sans entendre votre voix, six mois à saisir le téléphone où votre numéro persiste à rester enregistré, pas une journée sans pensées pour vous …

« Wenn ich ein Vögel wäre

Und auch zwei Flügel hätte

Flöge ich zu Dir.

Weil es aber nicht kann sein

Bleibe ich all' hier »


Faute de bouteille à la mer ou de cri dans le désert, si ceci est vraiment « une toile », parmi tous ses réseaux, l'un d'entre eux doit bien pouvoir pousser ses ramifications jusqu'à vous, pour vous faire entendre ma chansonnette.

Un jour, je vous écrivais : " Que restera-t-il de moi quand vous mourrez ?" Et maintenant, je vous survis. Où trouver une présence humaine qui vous ressemble pour m'offrir chaque jour un nouvel appétit de vivre, prendre un nouvel élan ?

Vous me manquez tellement ...

Le film « La petite chambre » avec M. Bouquet m'a replongée dans l'étonnement de notre relation :

Relation tendre toute de découvertes et d'admiration qui devient peu à peu un lien puissant reliant cette jeune femme qui perd pied, à la vie.

Chute dans le vide toute illuminée des glaciers et de la pensée de sa femme, de cet homme qui lui non plus ne veut pas mourir petitement - pas d'hospice, pas de perte de l'ouïe, de la vue, pas de cerveau qui se dégrade -.


Vous persistez à être en moi celui auquel je parle :


« … l'on ne parle pas tout seul (les autres même absents étant impliqués dans l'acte de parler puisque c'est leurs mots qu'on emploie) et que dès l'instant que l'on parle -ou écrit, ce qui revient au même- on admet qu'en dehors de soi il existe un autrui, de sorte qu'il serait absurde de récuser, si l'on parle ou écrit, les noeuds qui vous attachent au cercle indéfini d'humanité que par-delà les temps et les lieux votre interlocuteur sans visage représente. » Michel Leiris





1 commentaire:

  1. quelle belle photo, étrange, on dirait que des fées et lutins vont sortir de là, que les branches plongent dans l'eau... Oui l'absence qui parle en nous, c'est beau Ange-Gabi, et que reste-t-il de soi et des autres, quand on meure ? les mots, les silences, les non-dits, les mensonges, le langage du corps, de la tendresse? c'est en sociologie, la "socialisation"... Merleau-Ponty traite de cette relation pré-verbale, pré-éconsciente, mais bien "langagière", on saisit d'abord un sens global, une valence, une direction avant d'imiter, d'intégrer et de comprendre les mots; c'est ce ta photo dit à sa manière donc; et les "noeuds" (des arbres aussi) car le langage d'autrui (dit, pas dit, ...) va aussi créer ces noeuds en nous, invisibles, parfois créatifs, parfois ils sont des verrous. Bravo !

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