samedi 11 octobre 2014

Automne sans date

Le vent s'engouffre entre les arches monumentales la nuit a été fraîche on sent encore l'humidité dans l'haleine embuée des gens qui se pressent vers leur destination. Les annonces dans les haut-parleurs se perdent parfois dans le halètement des locomotives. ça grince, ça cliquète, ça chuinte du côté des quais, tandis que ça tinte et parle et crisse et claque du côté des salles des pas perdus et des bars, dans les odeurs de viennoiseries, d'espresso, d'orange pressée et d'eau de Javel.

On sait à l'allure de ceux qui arrivent qu'il pleut. entre 2 quais le ciel gris et anonyme laisse couler ses larmes comme si c'était plus fort que lui.La foule est moins dense, à peine moins pressée.Les odeurs de viennoiseries ont laissé la place au fromage fondu ou brûlé sur les grilles des pizzas et autres décongelés. ça sent la nourriture inhumaine, la quiche des mauvais jours, ce qu'il faut pour s'emplir l'estomac et passer le reste du voyage avec l'estomac retourné.


ça sent le chien mouillé bien que la pluie ait cessée.sonneries de portables.CRS qui patrouillent par grappes, bien serrés dans leur gilet pare-balles bleu foncé, le torse en mousse compensée, marche raide et robots à bottes noires.l'accalmie avant le rush de 17 heures.tension palpable : une radio a annoncé un attentat, dans une capitale européenne faisant des dizaines de victimes. le mot vigie-pirate est réactivé, de couleur rouge foncé. les forces de l'ordre contrôlent. ça sent la bière et la peur étoilée.

un croissant de lune se glisse entre 2 verrières.le monde est toujours en état de marche, brinquebalant, gris, fatigué. Les trains dorment plus qu'ils ne partent.les locataires ont regagné leur carton.des échos plus que des sons francs. des couples regagnent leur tanière de banlieue après une soirée dans la ville mère.des solitaires arrivent pour tenir leur rôle dans la nuit,traçant leur itinéraire au plus droit.les CRS ont été renouvelés. ça sent la nuit et la solitude : l'imminence de quelque chose.



1 commentaire:

  1. beau texte mais qu'es-ce que c'est triste une gare, surtout le soir...

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