mercredi 9 février 2011

ASTHENIE D'UN SOIR, D'UNE NUIT...

Elle est assise, peut-être pelotonnée, peut-être les jambes croisées, frôlant le canapé, les bras en fuite, pour ne pas toucher leur aigreur, leurs courbures momifiées qui refusent de se lancer, leur décadence annoncée, son inquiétude de tous ses jours quand elle est là à attendre, incapable de se détacher, de laisser se diluer les incertitudes sournoises, la perfidie de la souffrance, d'autopsier ses avenirs qu'elle sait fragiles, égarés, peut-être déjà perdus, dans la démission de ses espoirs, preuve à l'appui de sa tristesse qu'elle scarifie en larmes lentes et sinusoïdales qui se perdent dans une mèche de cheveux, échappée belle sur le velours, douceur momentanée, lambeau de plénitude en décomposition, trêve édulcorée dans le processus de sa douleur, de son corps qui se rétracte, un étau, une ceinture d'aiguilles, une acupuncture d'échar-des nauséabondes, recroquevillée, ses sens anesthésiés qu'elle agite comme un fanal éteint dans le bleu de sa nuit, le souffle court de sa respiration qu'elle retient, mise en suspension d'un instant indolore sous ses paupières closes, sur ses lèvres entrouvertes où s'éveille l'impudence de ses désirs, car libre elle est jusqu'au fond de ses "tripes", son ventre se soulève, sa tête se renverse, son sexe s'offre, détonation de son plaisir, fulgurance fractale, son corps hoquète, élixir de solitude... "à l'avenir
laisse venir
laisse le vent du soir
décider"...
poursuit Bashung en sourdine, comme un frisson, comme un murmure qui coule dans ses veines blessées, comme un soupir qui tangue avant que de sombrer à côté du sommeil qu'elle attend, encore, encore, dans sa nuit longue-vue à la dérive.

4 commentaires:

  1. une asthénie qui galope en rythme, dans une course qui, même si elle est lancinante comme la douleur et les regrets, débaroule d'énergie comme une cascade...

    c'est trop fort M'dame!

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  2. Y s'en passe de ces trucs sur les canapés !! Quand je vous disais que c'était indispensable !!!

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  3. Car libre elle est ... de nous enchanter les sens de douleur. Caresse à ce texte qui me brûle

    JN

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