samedi 30 juillet 2011

La société industrielle

"Toute économie capitaliste comporte, à chaque instant, un nombre minimum d'ouvriers inemployés, ceux qui passent d'un métier, tombé en désuétude, à un autre métier ou d'une entreprise en déclin à une autre entreprise. Pour supprimer entièrement cette armée de réserve dans une société industrielle développée, il faudrait un planification intégrale de la main d'oeuvre. Autrement dit, dans une société industrielle moderne, l'alternative est celle d'une armée de réserve industrielle et de la suppression de la liberté de choisir son métier. Ou vous planifiez la main d'oeuvre, et, dans ce cas, il faut imposer aux ouvriers qui ont perdu leur métier dans telle partie du système économique d'aller vers l'endroit où ils trouveront du travail, ce qui implique la suppression ou l'élimination du libre choix de l'emploi ; ou bien vous laissez choisir chacun librement son emploi, et la répartition de la main-d'oeuvre se fera en fonction de la demande, en fonction des salaires que les travailleurs pourront obtenir dans les différents emplois, et il y aura à chaque instant un certain volant de travailleurs en chômage. Tout le problème est de savoir jusqu'où va cette masse de travailleurs sans emploi. S'il s'agit d'un grand nombre de chômeurs, alors le régime est injustifiable ; le capitalisme, s'il comportait en permanence une fraction importante de la main-d'oeuvre non employée, serait évidemment condamné"

Raymond Aron "Dix huit leçons sur la société industrielle" Idées 1967 p.129-130

Il me semble que bon nombre de ceux qui nous ont gouvernés jusqu'à maintenant et grand nombre de ceux d'entre nous qui ont voté pour eux, ferions bien de relire nos classique

1 commentaire:

  1. tic tac echo... là, fin d'un livre de Gorz, visionnaire et idéaliste, anti-capitaliste, peu pragmatique, mais le pragmatisme n'est-il pas le mot mode du libéralisme? alors... echo echo... mais si cela est en démocratie. C'est marrant car Aron était un sociologue, un penseur connu, et de droite, il a été pour cela largement marginalisé dans la culture scolaire et dans l'enseignement universitaire.

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