mardi 20 février 2018

au cimetière de l'Oisans#3

3. La maîtresse. Je me marre, je leur avais dit que je mangerai les pissenlits par la racine, ils ne m'ont pas cru, et pourtant je suis bien morte, mais c'est vrai que je n'ai pas l'aisance physique d'aller grignoter les abords des tombes. N'empêche que mon livre me survit, et cela me surprend. Ecrire sur les herbes sauvages de nos vallées et montagnes, franchement, quelle idée! et aujourd'hui les gamins "travaillent" (comme on dit dans l'école moderne) sur mon "oeuvre". Ah cela me flatte bien ! J'y racontais la vie de nos pauvres villages, les famines, les maladies de la dénutrition, et notre unique recours aux herbes folles. Si je pouvais, j'écrirai bien un nouveau livre sur nos tombes, les "vers sauvages" tiens ! Je suis en tout cas en bonne compagnie ; le Gaspard mais il se tait, c'est pas qu'il boude, mais il agit : ses seuls mots portent sur le nouvel agencement des tombes que la commune devrait envisager ; par contre, la Giselle, ah avec elle on papote tout le temps, éternellement ! et le père Maurice, toujours pas mal dans son genre. Ah si j'osais... mais il conserve son sale caractère, alors j'hésite encore. On verra. Les ragots de Giselle m'informent des prochains venus. On ne va pas manquer de choix, ah pour ça non ! quelques premiers choix. je patiente. Ah je me marre, comme dans la vraie vie !

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