dimanche 19 décembre 2010

chute libre




anchois ou sardines

j’ai le choix

contre les autres serrés

(rayures)

l’orchidée nénuphar

en lotus

veille sur-veille

planquée derrière ses carreaux

(observation)


ai-je le choix ?

de ne pas choir ?


les anchois

(j’ai décidé que c’en était)

me scrutent


(entre parenthèses)


des yeux des yeux des yeux ..

au nombre de 19

déployés en éventail

mon chat y goûterait-il ?

arrêtes !

et toujours cette neige derrière la baie

blancheur de fleur

l’antenne parabolique scrute le paysage

comme je contemplerais des anchois


(sans voix)


en ligne sur un cylindre jaune

troués de leur regard cerné d’argent

quelqu’un a écrit : ‘la ville est un trou’

vide de la ville

mise en abîme

(colonne vertébrale de poisson)

dans les portes-écran

transparence

projection du grand vide



pour chute libre







5 commentaires:

  1. la forme de ton texte ressemble à un chandelier. à un poisson compliqué, on tombe on tombe et on s'envole ; et puisque nous sommes aussi dans discussions autement (!) philosophiques sur l'orthographe, je ne sais pas pourquoi puisque les 2 viennent du grec "sans fond" mais lorsqu'on emploie l'expression "mise en abîme", l'abîme devient abyme. quelqu'une a-t-elle la réponse du pourquoi du changement de graphie ?

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  2. Le Robert culturel en 4 volumes (sous la direction d'Alain Rey) donne indifféremment "mise en abyme" ou "mise en abîme", mais ça déplaît au dictionnaire orthographique de Mac, mais bon vu que ce sont des anchois, ça n'y changera pas grand chose

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  3. et si je mettais "mise en abysse" ?
    qu'en pensez-vous ?

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  4. Tu aurais inventé une expression, unique, rien qu'à toi, de plus l'etymologie est la même (grande profondeur des fonds marin ET couche profonde de la personnalité, ça parle bien) Tu vois que nous sommes quand même vouées au Robert (68 ou 2006)

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  5. En même temps on perd le côté poupées gigognes, mise en abîme ou abyme, c'est l'histoire dans l'histoire, avec abysse, moins, mais c(est bien aussi.

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