mercredi 3 novembre 2010

Kaléidoscope

Une porte s'entrouvre sur un espace rectangulaire où se diffuse un léger brouillard éclairé d'une tendre lumière mauve.
Vu d'ici, ce pourrait être un aquarium animé d'ondes, vagues et longs rubans d'eau, mais dès que je bouge légèrement, tout l'espace s'emplit de légers flocons de neige. D'un simple mouvement de tête, je peux à loisir faire alterner les deux visions.
Suis-je invitée à pénétrer dans une de ces sphères magiques, bulle d'eau sous verre qui si on la secoue, fait tomber toute une neige floconneuse sur le paysage arrimé au socle ?
Quelqu'un doit justement secouer la boule : de la mousse jaillit, écume blanche qui persiste quelque soit le point de vue que j'adopte.
Fascinée, j'approche et par mégarde franchis la porte. Au-dessus de moi fuse un bouquet fulgurant : étrange feu d'artifice, kaléidoscope de mousse duveteuse, de longues plumes blanches en éventail, gerbe de fleurs séchées rouge-sang. Ancré au socle de la boule un ange aux ailes repliées, à la peau diaphane et à l'énigmatique regard. La paroi du globe de verre dans lequel j'ai pénétré semble piquetée de gouttelettes de sang : "Aussi blanche que la neige, aussi rouge que le sang ... "
Quelqu'un secoue à nouveau : ça jaillit, ça éclabousse, la neige tourbillonne et l'ange-enfant sourit toujours.

3 commentaires:

  1. que c'est différent du premier texte, une surprise, une prise de recul et une mise en perspective au sens et au sens figuré, qui font rêver, "voleter" dans cette boule, tourne et retourne... (est-ce aussi la conscience, la pensée ?), sereinement après l'agitation.

    RépondreSupprimer
  2. Jeannine a écrit :
    "Moi, je reste persuadée que seul un ange peut voir tout ça, et Gabriel l'annonciateur, à Marie pouvait seul révéler -à la brise de- ce beau texte, la porte ets ouverte et je m'engouffre dans ton écrit"

    RépondreSupprimer
  3. un beau point de vue que le choix de la boule. y apparait la persistance de ton regard premier, à peine altéré par quelques adjectifs qui évoquent le sang. on y sent aussi la présence d'autres regards qui peuvent secouer la boule autrement, créer un autre kaleidoscope peut être, qu'importe...la boule est celui qui la secoue.

    RépondreSupprimer