jeudi 18 novembre 2010

Sensations tactiles d'après photos 3 et 4 (I)

Yeux bandés /massage H.
Mes mains abordent la peau tiède, des reins à la nuque. Faibles tressaillements nerveux. Doigts légers dans l’épaisseur du dos. La pâte est rebelle. Nœuds tenaces autour de la colonne vertébrale. J’hésite entre frôler, polir à l’huile, enfourcher pioche et crampons en vue d’attendrir la glace cachée sous la fine pellicule neigeuse de l’épiderme. Patience. La paume remonte sous les cheveux épais, tricotage en sol majeur et auriculaires pianissimo. Gammes hésitantes. Sursaut au bruit du soupir. Agacé, impatient ou détendu ? Des grains légers se détachent sous les frottements, j’en profite pour accentuer un peu le rythme, d’abord de manière imperceptible, puis avec engagement. Les mains agissent maintenant seules. La conscience décroche, le corps au service des pouces. Pas de carte à suivre. Pas de panneau indicatif. Dans l’abandon, les doigts perçoivent la résistance, la triturent à la volée. Un baiser. Détente. Picotements comme une pluie légère faisant fondre les flocons. Vertigineuse descente des reins. L’arrière des genoux. Appuyer sans forcer. Et tirer un peu sur les jambes lourdes pour les retourner. Le dos claque, les bras s’en remettent au vent puis retombent le long du corps. Mains posées sur le ventre. Ronds dans la sueur remontant sur le sternum, descente glissante sous les adducteurs, peau froissée, eau à la bouche. Tension arquée, caressée entre petit doigt et pouce. Langueur. Ventre contre ventre. Chevelures bouleversées. Yeux fermés.

3 commentaires:

  1. y en a qui doivent brûler de voir les photos.
    Deux beaux textes sensuels superbes

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  2. j'ai découvert avec surprise et emmerveillment ces jours ci tes deux textes, ils m'avaient échappée en cette période de novembre fébrile.j'aimerais un jour qu'on écrive à deux mains toutes les deux sur le thème du corps; j'imaginerai par exemple une ascension sans corde ni crampon, juste à mains nu toi la face nord, moi la sud ou l'inverse
    on pouurait aussi imaginer une descente en luge. des corps solides de sumo pourrait garantir de longues et sécurisantes traversées, on se rencontrerai au bivouac pour échanger les emotions de chacune de nos voie empruntées
    qu'endis tu?

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  3. Je relis à l'instant mon commentaire écrit en pleine nuit après absorption du somnifère destiné à rajouter un ourlet à mes mini-nuits. Sans parler des effets secondaires orthographiques je veux juste balayer toute ambigüité dans ces propos nocturnes et sédatés et préciser que cette proposition ne vise que les versants littéraires(!). De toute façon je ne connais pas de sumo qui pourrait se prêter à nos escalades...!
    Mais je confirme ce matin, fraîche et dispose, que je trouve tes deux textes absolument magnifiques.
    Ils touchent bien sûr mon thème littéraire de prédilection: le corps, mais aussi la nature, les sensations hélas perdues pour moi, de ce contact avec les éléments dans l'effort sportif solitaire, escalade, ski de fond, randonnée, et autre...

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