mardi 16 novembre 2010


poulet-hamburger
Hier, en me levant j’ai pris la décision la plus décisive de mon existence, partir loin de la ferme, ne plus me faire torturer par ces dindons, poules, oies, lapins, canards grincheux, bruyants, picotis et picotants. J’ai marché longtemps, devant moi, au gré du vent, sentant l’odeur de l’eau, buvant la fraîcheur de ma laine, écoutant cette liberté nouvelle. Un engin clinquant et glissant est apparu, jaune, fière allure, il a failli me passer sur le dos et me raser de près. Alors j’ai couru, à perdre haleine, peureux et heureux d’échapper au destin du mouton-brochettes. J’avais faim. La coïncidence a fait qu’une montagne de nourritures m’est apparue soudainement dans un pré de bitume, coincé entre deux larges chemins dont celui qu’avait emprunté l’engin jaune. Montagne d’os, de salades, de déchets comestibles à souhait. Un régal. Et puis la basse-cour m’a retrouvé, sales bêtes, et coincé dans ce pré comme entre deux tranches de pain, hamburger au poulet et moi au milieu en guise de salicorne. Les contours de la liberté se font de plus en plus flous, dans le petit matin qui n’a encore soulevé qu’une paupière.

4 commentaires:

  1. c'est le flou qui fait le beau, et la patience sans nom de ces bêtes qui nous regardent

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  2. Quand est apparu le début d'un nouveau texte sur le blog, j'ai décidé de me laisser imprégner par la lecture, sans chercher à savoir qui l'a écrit. Et je n'ai pas deviné. Quelle nouveauté tu apportes. Serais-tu la savoureuse salicorne de cet atelier ? En tout cas, j'ai soulevé ma paupière avec bonheur ce matin.

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  3. Moi je reconnais toujours Michelangelo et Grand-glaïeul, les 2 qui n'écrivent jamais (pouêêt)

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  4. Magnifique "contour de la liberté" et "paupière du petit matin délicieuse"

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