dimanche 14 novembre 2010

La femme de l’opéré de la cataracte


Une femme dont le mari devait se faire opérer de la cataracte se leva ce mardi 4 janvier,
se rendit compte qu’il avait neigé 50 cm pendant la nuit,
réveilla son mari en 4ème vitesse pour qu’ils partent sur les chapeaux de roue, mais les roues patinaient,
l’emmena …
–car c’était elle ce jour-là qui portait la culotte-
…on ne sait comment à la gare de Pont de Claix pour prendre le train pour Grenoble,
monta avec son mari dans un wagon frigorifié et non pas frigorifique et le train roula 10 minutes puis s’immobilisa pendant presque 2 heures car les choses techniques avaient gelé et le train ne pouvait plus rouler,
répondit aux questions de France 3 qui réalisait un micro trottoir de voie de chemin de fer sur la galère des usagers pris en otage par les intempéries,
lui expliqua qu’elle accompagnait son mari qui allait se faire opérer à 9 heures de la cataracte, mais il était déjà 9heures et demi et le train qui était bloqué,
planta poliment mais fermement le journaliste après que celui-ci lui eut annoncé car parfois les journalistes délivrent de bonnes informations que le train ne repartirait pas et qu’un car allait prendre le relai,
téléphona à la clinique pour dire qu’ils avaient du retard, mais on la rassura, au lieu de passer dans la tranche du début son mari passerait dans la tranche de la fin, et son mari qui ne s’énervait même pas, alors que tout de même il aurait pu, c’était son jour à lui, décidé de longue date en fonction d’un certain nombre de facteurs, une décision qui n’avait pas été prise à la légère, mais on n’avait pas pensé aux impondérables, à la neige, ah ça non, pourtant on a l’habitude de l’hiver,
le car les rapprocha autant que possible de la clinique mais comme il était dit que, …. eh bien au bout d’un moment le car ne put aller plus loin, les rues étaient trop encombrées de véhicules en travers,
convainquit son mari qu’il fallait faire ni une ni deux et finir à pied,
 « on a fini A PIED » disait-elle en se tapant sur la cuisse pour bien marquer les points d’exclamation,
décida de ne pas repartir au travail,
déjeuna à la cantine de l’hôpital qui s’avéra potable,
et rentra avec lui le soir même pour se regarder à la télévision répondre aux questions du journaliste de France 3 : la voiture le train le car, les pieds, et ses amis de lui dire le lendemain on t’a vue à la télé hier soir, ah ben dis-donc vous vous en souviendrez de l’opération de la cataracte de Lucien, et celles qui ne l’avait pas vue pouvait se racheter avec internet, de nos jours les trains sont arrêtés par la neige, mais la télévision non.
A vous les studios, à vous Cognac Jay.

Une femme dont le mari devait se faire opérer de la cataracte se leva ce mardi 4 janvier, se rendit compte qu’il avait neigé 50 cm pendant la nuit, réveilla son mari en 4ème vitesse pour qu’ils partent sur les chapeaux de roue, mais les roues patinaient, l’emmena –car c’était elle ce jour-là qui portait la culotte- on ne sait comment à la gare de Pont de Claix pour prendre le train pour Grenoble, monta avec son mari dans un wagon frigorifié et non pas frigorifique et le train roula 10 minutes puis s’immobilisa pendant presque 2 heures car les choses techniques avaient gelé et le train ne pouvait plus rouler, répondit aux questions de France 3 qui réalisait un micro trottoir de voie de chemin de fer, la galère des usagers pris en otage par les intempéries, lui expliqua qu’elle accompagnait son mari qui allait se faire opérer à 9 heures de la cataracte, mais il était déjà 9heures et demi et le train qui était bloqué, planta poliment mais fermement le journaliste après que celui-ci lui eut annoncé car parfois les journalistes délivrent de bonnes informations que le train ne repartirait pas et qu’un car allait prendre le relai, téléphona à la clinique pour dire qu’ils avaient du retard, mais on la rassura, au lieu de passer dans la tranche du début son mari passerait dans la tranche de la fin, et son mari qui ne s’énervait même pas, alors que tout de même il aurait pu, c’était son jour à lui, décidé de longue date en fonction d’un certain nombre de facteurs, une décision qui n’avait pas été prise à la légère, mais on n’avait pas pensé aux impondérables, à la neige, ah ça non, pourtant on a l’habitude de l’hiver, le car les rapprocha autant que possible de la clinique mais comme il était dit que, eh bien au bout d’un moment le car ne put aller plus loin, les rues étaient trop encombrées de véhicules en travers, convainquit son mari qu’il fallait faire ni une ni deux et finir à pied, « on a fini A PIED » disait-elle en se tapant sur la cuisse pour bien marquer les points d’exclamation, décida de ne pas repartir au travail, déjeuna à la cantine de l’hôpital qui s’avéra potable, et rentra avec lui le soir même pour se regarder à la télévision, répondre aux questions du journaliste de France 3, la voiture le train le car, les pieds, et ses amis de lui dire le lendemain on t’a vue à la télé hier soir, ah ben dis-donc vous vous en souviendrez de l’opération de la cataracte de Lucien, et celles qui ne l’avait pas vue pouvait se racheter avec internet, de nos jours les trains sont arrêtés par la neige, mais la télévision non.
A vous les studios, à vous Cognac Jay.

3 commentaires:

  1. on dirait du vécu ? j'aime l'accéléré des événements, l'absurde, et pourtant un absurde que l'on vit régulièrement cataracte ou pas, de par chez nous, oh ben oui dis-donc !

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  2. Jeannine a dit
    absurde
    Casaque noire, Léon Zitrone est en ligne, et commente le dernier prix d'Amérique, oh pardon, c'est la course à la cataracte, moi aussi je m'y suis crue et l'arrivée sur le fil est surveillée par l'oeil de Moscou qui supervise.

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  3. Je suis sortie "épuisée" d'une telle lecture! Ecriture intéressante et maîtrisée. Dis-donc, iln'était pas cardiaque au moins l'atteint de la cataracte?

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