vendredi 24 novembre 2023

Coup de coeur : envie de partager

Ai commencé et bien avancé hier « Les livres prennent soin de nous, pour une bibliothérapie créative » de Régine Détambel.

 


 

 Le mouvement enveloppant de l’écriture et de la lecture est capable de nous arracher à nous-même et à nos souffrances (et bien sûr, je pense à la phrase de mon père à propos du dernier livre que je lui ai offert « Ca parle de moi » ? A ma réponse négative et mon air égaré, il a rajouté « Hé bien, ça ne m’intéresse pas » ; et aussi naturellement à notre atelier d’écriture aux Moyens du Bord, à mon besoin de venir me confier à un journal dès le matin, faute de paroles possibles et d’échanges avec d’autres personnes).

 Le livre, écrit-elle "permet d’élaborer un espace à soi, face à la passivité, la perte d’autonomie (vieillesse, handicap …), il a le pouvoir de favoriser la reconquête de soi du lecteur"

Mais pas n’importe quelle lecture, pas des thèses de médecine sur le pouvoir de la lecture ou ces livres de développement personnel qui fleurissent sur tous les rayons des librairies et des quais de gare, mais la littérature. Bref, elle recommande des livres qui permettent « d’entamer un dialogue identificatoire avec un alter ego, narrateur ou personnage ayant déjà éprouvé tel ou tel sentiment, et rendant compte utilement de ses réussites et de ses fêlures  … Le livre permet de rendre le monde intelligible, il dénoue les conflits psychiques : m’identifiant au personnage, je comprends que je ne suis pas seul dans cette situation. … Ainsi agit l’histoire de chaque soir, qui répare le psychisme des enfants et les prépare aux inévitables anicroches du lendemain. » 

 Mais il me faudrait recopier tout le bouquin. Il y a aussi les pages 59 et 60 Edit Actes Sud :

« Chacun de soi, ne devrait-il pas, au plus tôt, se consacrer à ce que Michel Foucault nommait « le souci de soi », sachant que « souci » et « soin » ont la même étymologie ? Pour Foucault, il faudrait consacrer chaque jour un temps à « la culture de soi ». A l’instar des philosophes stoïciens, il préconise de réserver, le soir ou la matin, quelques moments de recueillement, à l'examen de ce qu'on a à faire, à la mémorisation de certains principes utils, à l'examen de la journée écoulée. Sénèque, Epictète, Marc Aurèle ont tous 3 fait référence à ces moments qu’on doit consacrer à se tourner vers soi même ».


Pour cela mémoriser, recopier, relire pour s’approprier mieux encore. Vraiment un livre passionnant et qui me parle au coeur.


lundi 20 novembre 2023

XIX - DANS LA NUIT

L’abysse du silence
à la frange des vagues
la chevelure d’écume
sur traînée bleu de mer
lumière
du monde distillée sur le sable
perles de coquillages
souffles de la nuit
rester subjuguée
se recroqueviller à l’aube de la Vie
n’être plus que le Souffle
l’Ame du vent
par-delà les gouffres
par-delà les songes de l’eau

(Codicille en écho à ‘Les Vagues » de V.Woolf –interlude 10)

 

XVIII - VAGUES AU CORPS

La vague obscure
inclémente et mesquine
le long de ma colonne vertébrale
fourmillements
oblitération du mouvement
aliénation des sensations
porosité
entre l’acceptable
et l’insupportable
frontière de l’indicible
perception violente de la fuite du temps
cambriolage de la douceur de vivre
ressentiments à nu
étincelles d’un feu latent
sur avers de corps fatigué posé
sur le rebord du monde
relisant les minutes
aux minutes ajoutées
mon cri
la rage d’exister

(Codicille en écho à « Les Vagues » de V.Woolf –interlude 9-partie 2)  

jeudi 9 novembre 2023

à tue-tête

à tue-tête

les bruits de la brisure

les éclats de la dernière danse

celle dont on ne revient pas

le drame du dehors emmêlé à celui du dedans

dans une cadence non d’un andante

mais d’un allegro furioso

et quelles brisures recueillir sur le rivage

de quelles intenses pensées s’emparer

pour nourrir le flux de mots d’un va-et-vient de vagues

 

lundi 6 novembre 2023

Interlude 10 p. 256 Comme des vagues qui se brisent sur le rivage Vagues oiseaux soleil fragments

Comme des vagues qui se brisent sur le rivage

Le livre se referme en claquement de portes

Les personnages restent figés à tout jamais

On ne saura jamais le pourquoi du comment

Imprimés sur leur corps les divers monologues

Tous les fragments de vie aux embruns éclatés

Le soleil a décrit son demi-cercle jaune

Il est temps à présent de laisser les oiseaux

dans leurs nids sous les feuilles

les petits mammifères

Et cet instant sinistre qui hurle avec les loups

Et le coeur qui chancelle à s'arrêter de battre

et la mer qui s'écrase "toujours recommencée"


vagues oiseaux soleil fragments Interlude 10
à partir de la phrase "The waves broke on the shore"