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vendredi 4 mars 2016

Phrases volées aussitôt que prononcées


"La France j'y suis née. L'Allemagne j'en suis née.
Je prends l'allemand pour ma mère, je prends ma mère pour l'allemand.

C'est un abîme qu'on essaie de franchir par l'écriture.

Une voix c'est de la chair qui chante.

Il suffit de tendre les bras de l'âme pour toucher des murs invisibles.
Les murs intérieurs on ne les abat pas."


Hier, à la Villa Gillet, j'assistais à la conférence donnée par Hélène Cixous et Cécile Wajsbrot à propos de la sortie de leur livre d'entretien "Une autobiographie allemande". Elles étaient interrogées pat Margot Dijkgraaf.

Il est des sujets qui vous atteignent l'âme, vous bouleversent et ne vous laissent pas indemnes. Le leur, ce soir-là en était un pour moi : L'Allemagne, la langue allemande, le passé, la mémoire, demeurer, partir, revenir, exil ...
Je sais bien qu'on ne peut extraire ainsi des phrases de leur contexte sans courir le risque de profondément en altérer le sens. Je vous les livre cependant comme les vers d'un poème ou des fragments de plusieurs poèmes. Car ce sont ces mots-ci qui ont résonné en moi et continuent de creuser leur chemin.

Demeure en moi une énigme : que signifie "langue maternelle" quand, comme c'est mon cas, c'est sa langue paternelle qui en tient lieu ou plutôt quelles en sont les conséquences dans une vie ? Il me reste l'écriture pour- peut-être un jour- m'approcher d'une réponse.