Au sommet les prémisses d'un nouvel an
neige vierge de toute trace, libre d'empreinte
porteuse à la fois d'hier, aujourd'hui et demain
promesse d'une seule vie aux rêves infinis.
Au sommet les prémisses d'un nouvel an
neige vierge de toute trace, libre d'empreinte
porteuse à la fois d'hier, aujourd'hui et demain
promesse d'une seule vie aux rêves infinis.
Pinceaux d'arbres, champs de soie
teintes délicates d'un autre siècle
des clairières-berceaux,
le mot « recueillement » monte aux lèvres.
Du haut du sommet des ruines de Soyans
les douces courbes des méandres
du Roubion, entre les prés de lavande
On voudrait pouvoir voler.
Du ciel, rien que du ciel
de l'espace, une immensité d'espace
les nuages passent, si vite, si ténus
ils n'obscurcissent rien.
des diagonales d’ombres où s’accrocher
dans les rituels d’un quotidien
qui dicte la balade essentielle
aller là où l’on sait la faille
où se fondre entre les fissures
d’un paysage que l’on reconnait
comme sien se découpant discret
entre bruissements et chuchotis
des eaux froissées comme tissus
paraissant sourdre d’un silence
se replier apaisé dans les plis
des diagonales d’ombres où s’accrocher
D'innombrables chemins se croisent et s'entrecroisent
comme à chaque instant ma vie se mêle à celle des autres
et que chacun de leurs gestes change un peu ma vie.
Tant de temps, tant de chemins, tant de vies.
Dans la brume d'un après-midi sans ciel
mon village blotti, recroquevillé
bien à l'abri sous les ruines de ses châteaux
se prépare dans le silence, pour Noël.
Le soir suscite
Quel génie décide du choix
de l'objet fétiche à poser sur le seuil ?
Sa douce présence ressasse sans que je parvienne
à savoir ce qui est ressassé.
en ce lieu comme une source*
sur les territoires de l’enfance
avec le prestige d’un ciel d’été
avec des arbres secs, effeuillés
rien
d’autre que les troncs, les
branchages dansants et le lichen
pour nourrir la paume de la main
et j’aime tellement cette âpreté
cette sensation étrange de riens
essentiels enfin à portée de soi
en ce lieu comme une source
*Thierry Metz
Terre et ciel emboîtés
au-dessus du lieu-dit « Le Calme »
les ombres s'allongent sur la montagne
l'âme épouse les courbes, l'espace s'ouvre.
Couronne traditionnelle de sapin frais
1° bougie allumée en attente des 4 jusqu'à Noël
Kugelhof, houx, sourires et yeux illuminés
les rituels re-sacralisent ce monde désenchanté.
lorsque l’impalpable vient vers nous
quelle langue se glisse dans notre voix
et nous fait enfin congédier les ombresquels mots se dictent pour dire le bleu
de l’inaccessible , les quelques traces
entre rêves et réalité, plumes et plomb
entre grâces et fatalité d’un quotidien
dont il faut bien endosser les routines
les gênes, l’ennui, le dégoût,la nausée
les lassitudes écrasantes, douloureuses
alors qu’une seule chose est importante
lorsque l’impalpable vient vers nous
Angèle, Miélandre, Vente
sommets aux doux noms de femmes
au loin entrevus dans la brume
bord où finit le monde et commence le temps* »
*Erri de Luca « Et il dit »
L'obscurité monte du sol
la terre s'assombrit
brusquement oranges, turquoises, roses, coquelicots
poudroient le ciel.
dans le signe, le vide où nous croissons*
laisser ses pas aller là où ils doivent
jusqu’au sommet d’une des sept collines
et chaque jour grimper encore et encorepour le souffle pour la vue et l’effort
pour la quiétude et la sérénité du lieu
pour l’écho des questions sans réponses
pour la sensation étrange d’être vivant
scruter le coeur des soleils silencieux
ne pas se lasser de chercher des signes
et de reprendre l’écriture pour trouver
dans le signe, le vide où nous croissons
*Edmond Jabès
Mon corps un jour reposera
ce lieu paisible l'accueillera
Mes amies s'y retrouveront
leurs itinéraires me conteront.