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lundi 20 novembre 2023

XIX - DANS LA NUIT

L’abysse du silence
à la frange des vagues
la chevelure d’écume
sur traînée bleu de mer
lumière
du monde distillée sur le sable
perles de coquillages
souffles de la nuit
rester subjuguée
se recroqueviller à l’aube de la Vie
n’être plus que le Souffle
l’Ame du vent
par-delà les gouffres
par-delà les songes de l’eau

(Codicille en écho à ‘Les Vagues » de V.Woolf –interlude 10)

 

XVIII - VAGUES AU CORPS

La vague obscure
inclémente et mesquine
le long de ma colonne vertébrale
fourmillements
oblitération du mouvement
aliénation des sensations
porosité
entre l’acceptable
et l’insupportable
frontière de l’indicible
perception violente de la fuite du temps
cambriolage de la douceur de vivre
ressentiments à nu
étincelles d’un feu latent
sur avers de corps fatigué posé
sur le rebord du monde
relisant les minutes
aux minutes ajoutées
mon cri
la rage d’exister

(Codicille en écho à « Les Vagues » de V.Woolf –interlude 9-partie 2)  

lundi 6 novembre 2023

Interlude 10 p. 256 Comme des vagues qui se brisent sur le rivage Vagues oiseaux soleil fragments

Comme des vagues qui se brisent sur le rivage

Le livre se referme en claquement de portes

Les personnages restent figés à tout jamais

On ne saura jamais le pourquoi du comment

Imprimés sur leur corps les divers monologues

Tous les fragments de vie aux embruns éclatés

Le soleil a décrit son demi-cercle jaune

Il est temps à présent de laisser les oiseaux

dans leurs nids sous les feuilles

les petits mammifères

Et cet instant sinistre qui hurle avec les loups

Et le coeur qui chancelle à s'arrêter de battre

et la mer qui s'écrase "toujours recommencée"


vagues oiseaux soleil fragments Interlude 10
à partir de la phrase "The waves broke on the shore"


vendredi 27 octobre 2023

Interlude 9.2 p.203 Derrière les traînées de silence fibreuses Ténèbres

 Derrière les traînées de silence fibreuses

     se déplacent les ténèbres furieuses

Au-dessus du lac de nos esprits fébriles

     s'abattent les ténèbres errantes

Sur le rebord figé du monde affolé

     Ruissellent les ténèbres de la folie des hommes

Dans les profondeurs filetées des jardins de l'automne

     Tourbillonnent les ténèbres de notre fragilité

Entre les frontières mesquines reliant les minutes aux heures

     Roulent les ténèbres fractionnées des barbaries fratricides

Avant le petit-déjeuner qui répare l'amour

     S'élèvent les ténèbres des rêves avortés

Au creux de la dévorante douceur

     Souffle le désir de ténèbres tyranniques

     Qui pénètrent, enveloppent, engloutissent

     Le sens secret des choses


Ténèbres interlude 9.2 à partir du mot darkness, répété 7 ou 8 fois dans ce fragment

ma traduction (partielle)

Comme s'il y avait des vagues de ténèbres dans l'air, les ténèbres se déplaçaient, enveloppant les maisons, les collines, les arbres. [...]. L'obscurité ruisselait dans les rues, tourbillonnait autour des silhouettes en les engloutissant, effaçant les coupes enlacés dans l'obscurité pluvieuse des ormes en plein feuillage d'été. L'obscurité roulait ses vagues le long des allées herbeuses et sur la peau ridée du gazon,enveloppant l'épineux solitaire et les coquilles d'escargots vides à son pied. S'élevant plus haut, l'obscurité soufflait le long des pentes dénudées des hautes terres et rencontrait les sommets de la montagne, là où la neige éternelle recouvre à jamais la roche dure, même lorsque les vallées sont pleines de ruisseaux et de feuilles de vigne jaunes, et que les jeunes filles, assises sur les vérandas, regardent la neige cachant leur visage avec leurs éventails. Elles aussi, l'obscurité les recouvre.

jeudi 26 octobre 2023

XVII - EXPRESSION NOCTURNE.



      La lumière embarquée
dans la fascinante configuration
de la tombée du jour
      Dépaysement cacophonique
      Ascendance du bleu
      Rouge en récitatif feutré
      Interception du gris
au faîte des grands arbres
      Dans le ciel
le Grand Chariot lumineux
      Tout près
les vagues endormies
leur silence bruyant
le ressac conscient de
l’espace conquis
      Explorateur des songes et
des failles humaines
      La nuit-mystère épouse de
la fabrique des rêves
      Refuge sensuel
      Clapotis sensoriel
      Mue renouvelée chaque soir
sur les galets d’impossibles adieux.

(Codicille en écho à « Les Vagues », V.Woolf ; interlude 9 – partie 1)

 

 

jeudi 5 octobre 2023

XVI - SOIR.

 Le soir - duvet
le temps des flous
le temps des âmes grises
à la surface des vagues bleues
l'écume fleur immortelle
des rêves en partance
voyage de l'avant à l'après
voyage des possibles
espoir
dans la lenteur chromatique
de la nuit annoncée
écume-plumes
autant d'oiseaux-épingles
dans le lit des nuages
pluie de becs tourmentés
sur le sable-langueur
perles d'ébène
gardiens de la murmuration
des ombres.

(Codicille: en écho à "Les Vagues" - interlude 8 - partie 2)

XV - OMBRES.

Le bleu de la fumée
cicatrices des arbres muets
de solitude
 lumière diffractée
par le vent
augure de la mouvance
du temps
la main de la falaise
ordre donné à la vague
qui vient mourir
grand échassier blessé
sur le sable
entre varechs et poussière
ajoncs de lune licencieuse
résurgence des heures
rédemption d'un été
qui n'en finit pas d'exister
déjà le jour se meurt
le soleil est la mer.

(Codicille: en écho à "Les Vagues - interlude 8 - partie 1)

mardi 3 octobre 2023

Interlude 9.1 p.202 Dans les recoins lointains dans les grottes sonores

Dans les recoins lointains dans les grottes sonores

    Les silences bruyants

Reposer dans le calme

     Au fond de son cercueil

Attendre la lumière la vague réveillante

Se glisser lentement hors de sa peau vieillie

Et regagner son corps après s'en être enfui

 La fabrique du rêve la puissance de l'eau

     Renaître

     Réinventer

     Riposter

    Indésirer

         Incolérer

Sur les vastes rideaux de ténèbres tremblantes

     Amourer

     Justicer

     Persévérer

         Sublimer

L'incontinence aiguë des moustiques zélés

Des monstres merveilleux de nos terrains de jeux

Vaisselle ébréchée aux contours de tristesse

 Sur les vastes rideaux éclairés de courage

Certitudes fragiles enrubannées de langes

             Un impossible adieu


Dans les grottes sonores Interlude 9.1 ; à partir de "the height from floor to ceiling was hung with vast curtains of shaking darkness" et "the mouth of a cave shadowed by hanging creepers.

vendredi 22 septembre 2023

XIV - RIVAGE.

Le coquillage
valves des souvenirs
nacre errante sur le sable-mémoire
en quête d'improbables voyages
voile du temps meurtri
sur le rivage éclats de rire
éclats de vie
pétales
pages transparentes éphémères
du passé à l'accent aujourd'hui
quand se lève
la houle au vent
des larmes-précipices
jette le coquillage
mémoire écartelée.

(Codicille: "Les Vagues; Virginia Woolf" - Interlude 7 - partie 1)


vendredi 1 septembre 2023

interlude 8.1 p.177 Présage Sans voir la photo on devine la plage

Sans voir la photo on devine la plage

Les ombres qui s'étendent

La journée qui finit

On frémit de comprendre que le livre s'achève

Que les textes traduits retourneront au vide

Entre les couvertures du cahier réglissé

Les moules les oiseaux le sable le bateau

Les meubles le miroir les couverts enchantés

Les toits les fenêtres

L'horizon enflammé

Les arbres obélisques

Un contre-jour toscan

De séance en séance la course du soleil

Les vagues virulentes les rendez-vous manqués

Marguerite aux fourneaux inventant d'autres Vagues

Le soleil disparaît : est-ce mauvaise augure ?

Entre les interludes que s'est-il donc passé ?


Présage interlude 8.1 p.177 à partir de "The sun was sinking"

samedi 1 juillet 2023

à terre

à terre

entre varechs et ajoncs

délavé des varices rouges et or du soleil

et comme s’il avait été blanchi à la chaux

un os diffracte toute une pâle palette

comme une lézarde ou un mirage

sur ce sable saturé de soleil

cet os planté là comme une flèche

tel un mot luttant de toutes

ses forces contre le crépuscule

 

jeudi 29 juin 2023

Interlude 7.1 p. 155 Vagues Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin

Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin

Un aller sans retour

Une coquille vide

Plus de but Plus de sel

Les vagues étaient à l'heure pour épouser le sable

La palette des roses, les pollens clandestins

Nuances évocatrices de flots surexposés

Le bouquet aux jeunesses

Rêves contradictoires

Les vagues revenaient délivrer leur message

Englouti

Des griffures / des brisures /

La guerre en continu

Les doses de souffrance / Les liqueurs de soleil

Comme une branche rêche que la mer a polie

Noire comme du fer vide comme le ciel

Les vagues n'étaient pas car la mer était morte


Vagues Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin Interlude 7.1 p. 155à partir de "the waves no longer visited the further pools or reached the dotted black line which lay irregularly marked upon the beach"

mardi 27 juin 2023

à un instant

 

à un instant

frémissante dans un don de lumière dorée

une colonie de freux aux croassements rauques

traversa l’immensité céleste en agissant

son chapelet de plumes noires et vives

sculptant en lettres d’or des arabesques

comme si cette horde sombre et désordonnée

se mouvait dans une sorte d’écriture indécise

à peine entrevue et déjà disparue

dans la célébration d’un rituel

jeudi 15 juin 2023

interlude 7.2 p.156 Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête

 Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête

Les ombres sont des gens à jamais disparus

Les ombres sont des ombres des signes honorifiques

/ des farces et des attrapes

Je me cogne aux parois de la chambre hantée

Je bois à l'eau croupie des fleurs dans les vases

Je plane sur mes rêves et sur mes insomnies

mes ailes sont des robes de velours écarlate

aux doublures d'ambre et d'or

aux poussières concentrées

Je répands sur mes nuits la lourdeur éphémère

 

Comme un grand papillon /

de nuit et de brouillard

Naviguant dans la pièce de tous mes cauchemars


à partir de la dernière phrase " as if a great moth sailing through the room had shadowed the immense solidity of chairs and tables with floating wings. "Comme si un grand papillon de nuit naviguant dans la pièce avait assombri de ses ailes flottantes la formidable solidité des chaises et des tables"

lundi 5 juin 2023

à l'abandon

à l’abandon

dans la nécessité du soir

la tête de la fleur s’abaisse légèrement

quand la carcasse se tasse sur la mémoire

entre ce qui se vit et a déjà été vécu

comme en une méditation balbutiante

ouverte aux promesses du lendemain

l’ombre est passée dans les pensées

une éternité se referme en ce repos

humble monologue d’un presque rien

 

( klasma en écho à la première partie de l'interlude 7 des Vagues et particulièrement cette phrase: Les fleurs, brûlant leurs disques brillants au soleil projetaient sa lumière de côté lorsque le vent les agitait, et alors quelques têtes trop pesantes pour se relever, s'abaissaient légèrement

jeudi 1 juin 2023

Interlude 7.1 p.155 Dans les sillons du vent

Dans les sillons du vent Interlude 7.1 p.155 à partir de la phrase "some raced in the furrows of the wind and turned and sliced through them as if they were once body cut into a thousand shreds"


Dans les sillons du vent quand les oiseaux s'engouffrent

La brise magistrale qui les emporte au ciel

A quel signal à quelle/

une ombre balayante

Réagissent leurs ailes  Obéissent leur tête

La nuée danse et vire en arabesques noires

Dans quel sillage rouge fraient-ils de leur mémoire

Y a t'il un chef un roi une fière autocrate ?

le fleuve Amour de la murmuration violette

l'agita partagé les voiles sur la mer

un langage commun

chorégraphie muette

Comme les fragments d'un corps unique

en mille morceaux

mercredi 24 mai 2023

à petit feu

 à petit feu

le soleil de ses intenses caresses

craquelle de sillons la canopée

cela croustille dans le creux de l’oreille

comme la chanson d’un insecte

le soleil de sa chaleur blessante et dense

froisse le réel qui se recroqueville

comme si la mort commençait à crépiter

dans ces cris suspendus au sommet des arbres

le soleil serait-il un dieu —

 

(Codicille:  klasma en écho à une phrase dans le dernier passage de l'interlude 6 des Vagues que j'ai traduite ainsi: Les feuilles les plus hautes des arbres étaient croustillantes de soleil.)

lundi 22 mai 2023

IMPRESSIONS (XIII)

 (Codicille; à partir de "Les Vagues"-Virginia Woolf; Interlude 6)

Le vernis frémissant
ânonne au vent du soir
l'espace secret
de nos vies
Les souvenirs effleurent
la tige des roseaux
Les embruns sifflent
les jours et les nuits
de lune oblongue
dans les ciels
où pleurent les oiseaux
Se fissurent les fils-écheveaux
des rêves interrompus
lumière pâle de leur solitude
course-poursuite du temps
fuite irrépressible
nuages inclinés
sur les fronts couleur-frisson
sur les fronts des vagues à l'âme
sur les corps fatigués
où perlent des larmes de laque.

MIDI (XII)

 ( Codicille: à partir de "Les Vagues - Virginia Woolf; Interlude 5-partie 3)

Les brins de paille
ou la beauté des étincelles
toute la pression des sentiments
dans ce feu follet des délices
aux confins de la fragilité
d'un midi bondissant
sur le muret
entre cytises et lilas
Toute la beauté et le sang
versés
en creux de vagues à l'écume
écrite sous le vent
brodeuses de liberté pour soleil
en éternel retour
Les hautes herbes tiges écartelées
La maison buissonnière
oreilles entrebâillées
mythologie d'un mur
au pourpre d'un secret
à l'aune de la lumière
Eblouissement.

mercredi 17 mai 2023

Interlude 5.2 p.127 Bruits, Sons Bruisse de feuilles

à partir de la phrase : "chattering grey stones"

Bruisse de feuilles

Bourdon d'insectes

Claque de vagues

Meugle de vaches

Grésil de graviers

Entrechoc de galets

Cri de feuilles sèches

Stridence de lumières

Jailli d'embruns

Merle ma sœur merle

Oiseau sentinelle

Silence d'ombres dans les recoins 

Coins 

Canard des chants

Chaînes des fantômes

Crépitement du feu / follet / fenêtres

Ongle rayant le verre

à l'envers

Gorgée de sons

Repu de formes

De rumeurs maritimes

De va et vient sans fin

Tout est trop Tout est plein

du robinet qui goutte

à goutte 

dans le seau

et déborde du vase vert 

des nuages 

de la mer

fanfare 

tintamarre 

fin