à
genoux
sur les échardes
en une lumière rasante
les outils dans les mains qui
raclent rabotent dégauchissent
et abandonnent ce qui fera copeaux
morceaux noués de mille nœuds comme
ces échardes instillées dans le cœur et le trou
noir des souvenirs – ces copeaux images captives
d’un instant et qui semblent se taire dans l’image – ils
ne sont que silence suspendu dans une présence absence
bientôt faisant partie des déchets comme des pierres tombées
dans l’eau du temps qui passe – dans la césure du regard qui se
fige l’image sort du temps et se love dans le creux d’un horizon d’être
où ces copeaux de sens petites sautes d’intensité ces fragments de soi
esseulés ont cette capacité de capter l’attention d’arrêter le flux du temps
dans cet angle d’incidence insolite où tout se défait tout s’écaille à frise lumière
