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dimanche 3 juin 2012

Chemin des canaux secs

Hier après midi, 14 heures pile, avons embarqué dans un car hyper climatisé -la seule fausse note de ce bel après midi orageux et plein de miel- sur les traces archéologico-ferrovières de la première ligne de chemin de fer européenne continentale. Faisons abstraction de quelques rails par ci par là du c$oté de la Perfide Albion, ne soyons pas mesquins, accordons à St Etienne et à son Pont de l'âne, le privilège et la primeur de cette ligne de chemin de fer.
Depuis le Pont de l'âne, début des festivités, la ligne traversait le Soleil, longeait les abords du Zénith, arrivait vers le bois Monzil. Se perdait un peu à Villars, puis longeait le Furan. Une jolie promenade le long du chemin des canaux secs, près de st Just st Rambert. Fin de la ballade sur les berges de la Loire à Andrézieux .
Sur la Loire le charbon était acheminé sur des rambertes, bâteaux rudimentaires à fond plats, et à usage unique qui une fois arrivés à bon port étaient détruites car elles ne pouvaient pas remonter.
Le prochain itinéraire commun pourrait consister à aller marcher sur les vestiges de notre histoire (hi hi), il y a une belle longueur dans Saint-Etienne où l'on ne risque pas de se jeter sur les roues d'un train (photo ci-dessous, vers le Zenith)

mardi 13 mars 2012

Mon itinéraire : de La Cotonne à Bellevue

 La conférence donnée par Jean-Christophe Bailly -invité à la Médiathèque par Stéphane Bouquet- sur son livre « Le dépaysement / Voyages en France » a ramené mes pas et mes pensées dans les traces de mon itinéraire et ranimé mon enthousiasme pour ce projet.

En commençant à écrire, je n'ai pas vraiment compris pourquoi mon choix s'était porté sur les marges. Jean-Christophe Bailly m'a éclairé. Ici, toute l'histoire de la ville affleure et quelques couches d'un mille-feuilles y sont bien visibles.
Une minuscule maison ouvrière avec pour unique luxe ses volets peints en bleu et son jardinet potager impeccablement entretenu, son faux puits, sa petite brouette en bois et ses carrés tracés au cordeau y côtoie une grosse maison bourgeoise entourée de son immense parc arboré, avec sa porte de service ayant servi dans d'autres temps et sa longue allée élégante en arc de cercle conduisant en voiture jusqu'aux portes de la demeure ; aisé d'imaginer la vie telle qu'elle se déroulait dans ces deux maisons, deux façons d'habiter le monde.
HLM des années 70 – cinq/six étages- se dressent au milieu de maisons individuelles, HLM sans jardin mais avec « Espaces verts », vocabulaire et usage ont changé avec le temps.
Les noms de rues, noms de métiers « Rue des Verriers », « Rue de la Lithographie » nous parlent de métiers aujourd'hui presque disparus et il m'a été impossible de trouver l'histoire de ces rues ni la moindre trace dans le quartier de ces métiers, excepté un nom sur une plaque. Ils nous rappellent aussi les rêves sociaux d'un XIXième siècle : Rue de l'Egalerie, Rue Proudhon …
Voie ferrée et TER flambant neufs et petits chemins de terre. Poules dans un jardin et Lavomatic au karscher. Friches d'un ancien squatt et piscine aux formes modernes. Jardins ouvriers et casse automobiles. Parkings payants automatiques disputant leur place à un terrain vague. Tags s'infiltrant dans des hangars abandonnés de la SNCF et l'arrière d'une gare repeinte de neuf en façade. Tout cohabite en une seule mosaïque, s'enchevêtre.
Nous sommes derrière le décor, dans ces derrières attachants. Un monde est là, vibrant, fait de juxtapositions et de chevauchements de territoires, hors de l'exposition de marchandises à consommer qui achalandent les vitrines des magasins de la Grand'Rue, cinquante mètres plus bas.
Envers du décor où se déroule la vie, non son spectacle.
Lieux où sont venus s'installer diverses populations, se juxtaposer, cohabiter, sans réel partage mais sans heurts non plus. Je n'y sens aucune violence, aucun communautarisme.
L'aujourd'hui, le contemporain se résume à ces diverses couches d'hier. Traces d'un monde entrain de disparaître (?) comme on constate aujourd'hui la disparition d'un certain monde rural, ou seul monde vivable ?
Il semblerait que ce qui est entrain de se faire, de se défaire, de se déliter ici, se reconstruit plus loin, essaime ailleurs, comme les jardins sauvages. J'y pressens, de plus, toutes sortes de choses secrètes qui palpitent. Jean-Christophe Bailly, lui, écrit « clapot », petites vagues qui forcément laissent des sédiments qu'il faut découvrir en examinant les strates.
Sont-ce ces petits secrets que nous révèlent les « urbiers » et les « herbains » de soeurs Natô et MPB, le minuscule nous transmettrait-il ces messages-là ?
L'expérience menée à cinq, d'emprunter ensemble le même itinéraire a bien mis en évidence la multiplicité des points de vue, des approches. Quand on s'empare du trajet à dix pleines mains et dix yeux dévorants, avec des rires, des histoires et des déguisements inventés sur place avec les rebuts délaissés, quelle richesse et comme on se sent bien, chez soi, dans un monde où la vie, la créativité, l'humour sont possibles, où toutes sortes de portes sont grandes ouvertes et où l'air circule dans tous les sens et non selon une signalétique pré-établie.
Oui, je vais y retourner, ne serait-ce que pour le parcourir à rebrousse-poil et écrire sur le retour puisque chacun sait qu'on voit pas différemment quand on change de « sens ». Et puis, je n'y ai pas cherché les animaux sauvages : lombrics, araignées, chenilles, … ni les plantes, tous ces êtres vivants qui ne connaissent pas les frontières.

mardi 15 février 2011

Comment faire disparaître la terre ? 840 PIRE pp 177-178

"Quand les élus ou les familles ont un problème, ils réfléchissent, réfléchissent, puis finissent par imaginer une solution intitulée " la Famille". Les tragédies grecques ont démontré que le choeur familial, tandis qu'il chante et scande le rythme avec ses pieds, produit une espèce de lamentation paralysante qui entrave les gens, même les plus vaillants, au lieu de les aider, et absorbe une part énorme de leur énergie qu'ils utiliseraient plus utilement ailleurs : hypothèse confirmée par de nombreux chercheurs en sciences sociales. Mais il n'y a rien à faire, nous revenons constamment  à nos parents et à nos enfants, c'est une drogue, un trou vers lequel penche de tous les côtés un parquet glissant. Les mieux conseillés perdent parfois l'équilibre et se mettent soudain à déraper dans un seul sens, les bras moulinant l'air à toute allure pour rétablir leur stabilité, mais ils n'y réussissent pas car le parquet familial est diaboliquement ciré."
Pireyre Emmanuelle  - Comment faire disparaître la terre ? Seuil, 2006 - coll. Fiction & Cie.

mardi 18 mai 2010

Sefi Atta à la médiathèque de Tarentaize en courbes

Sefi Atta à la médiathèque de Tarentaize sans cheveux

encore plus belle

Sefi Atta à la médiathèque de Tarentaize

Je vous rappelle que notre atelier a lieu/n'a pas lieu/ Mercredi 19 mai à 19 heures à la Médiathèque de Tarentaize.
Puisque Jeannine va écouter les Miracles de la Vierge Noire à l'Esplanade, nous aussi

Sefi ATTA, pour son roman Le meilleur est à venir, Actes Sud, 2009

Soirée organisée en partenariat avec la Villa Gillet à l'occasion des 4èmes Assises du Roman

vendredi 15 janvier 2010

prise au piège

"Les jeux de l'amour et de l'écriture" l'article du Monde des livres du vendredi 15 janvier. Cliquez sur le lien 
l'annonce  de la venue d'E. Pagano à la Médiathèque de Tarentaize : voir "le trimestriel de la médiathèque" de Saint-Etienne

Samedi 20 mars 14h30 Médiathèque de Tarentaize (Salle Robert Mazoyer)

Emmanuelle Pagano : L'absence d'oiseau d'eau - POL - 2010.Après des études en esthétique du cinéma, et une thèse inachevée consacrée au cinéma « cicatriciel » (un sujet qui dominera cependant sa création littéraire), Emmanuelle Pagano se consacre pleinement à l’écriture. Elle publie Le tiroir à cheveux en 2005 et Les adolescents troglodytes en 2007, deux romans centrés sur l’enfance qui reçoivent un accueil enthousiaste du public et de la critique. En 2008 son cinquième roman, Les mains gamines, publié aux éditions POL obtient le prix Wepler. L’absence d’oiseau d’eau, sa dernière parution est l’occasion pour nous de l’accueillir. « Ce roman était à l’origine un échange de lettres avec un autre écrivain. Nous nous l’étions représenté comme une oeuvre de fiction que nous construisions chaque jour, à deux, et dans laquelle nous inventions que nous nous aimions. Nous ne savions pas jusqu’où le pouvoir du roman nous amènerait. Nous ne connaissions pas la fin de l’histoire. Il est sorti de ma vie brutalement, abandonnant ce texte en cours d’écriture. En partant, il a repris ses lettres. Il y a donc des vides, des ellipses dans ce roman, dans lesquels il faut imaginer ces lettres, qu’il publiera peut-être un jour, une autre fois, ailleurs, séparément ».