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mercredi 11 septembre 2013

Joséphine confectionne les boules d'akassa

Le maïs, comme le manioc, ou le riz si l'on est plus fortuné, sont les bases de l'alimentation. Ces boules blanches - vendues entourées de feuilles de teck fraîches - nécessitent des jours de préparation et sont vendues 25 CFA (1000 CFA équivalent à 1 euro 50).
Joséphine est installée dans sa cuisine, ce foyer dans sa minuscule cour d'où sortent tous les bons plats qu'elle cuisine. Il faut cultiver le maïs, le sarcler, aller chercher l'eau au puits, ramasser le bois, s'accroupir, piler ... Elle commence par épépiner les pommes de maïs et recueillir les grains. Ils sont mis à tremper plusieurs jours dans de l'eau tiède, puis égouttés et envoyés au moulin pour être réduits en farine. La poudre de maïs est jetée dans de l'eau, l'amidon se dépose au fond de la marmite, cette pâte va fermenter une journée entière. On tamise, on jette la farine et on récupère l'amidon qui est mis à cuire dans de l'eau chaude jusqu'à obtention d'une pâte épaisse. C'est cette pâte blanche très épaisse qui est consommée et roulée dans des feuilles de teck. Les boulettes sont consommées avec une sauce tomate ou feuilles très pimentée.
Ca semble simple, mais ce n'est qu'une des innombrables tâches qu'accomplit la femme africaine tout au long d'une journée ordinaire.



Nuits africaines



Est-ce la moiteur du climat, l'état léthargique dans lequel l'humidité ininterrompue laisse le corps, la perte de tous repères habituels qui font retentir si fort en moi les nuits africaines ?

Chaque nuit me prenait dans un sortilège. Aussitôt couchée, tout bruit semblant avoir cessé, je m'aperçois bien vite que le silence est habité par un brouhaha lointain et incessant. Vagues musiques dans le lointain, caquètements, bêlements, sarabandes de souris et de margouillatss sur ma tête, tambours, paroles de femmes … La moiteur du corps et des draps, les bruits-musique en fond sonore, le sommeil arrivant basculent mon esprit dans un état de confusion mentale. Mon corps ne m'appartient plus, mon esprit non plus. Je suis ensorcelée, prise dans les rets d'un maléfice ou est-ce subjuguée par un charme, tous ces sons lointains ayant l'effet magique d'incantations. Ces sensations totalement inhabituelles à mon corps, mon cerveau brouillent tout. Perceptions, souvenirs se mêlent, fusionnent. Tous mes repères s'évanouissent, ne reste rien à ma rescousse, ni connaissances, ni certitudes, ni croyances. Hallucinée, l'esprit flottant, tout mon être est en semi-conscience, hors de tout contrôle de la raison. Fascinée, charmée, vaguement effrayée, tout m'échappe. Dans un état de demi-sommeil différent du rêve, ma porosité au monde, mon déboussolement est total. Déliée, sans défense, envahie par le monde, tout peut arriver.
Certaines nuits, éclate une altercation. Des cris explosent, des hurlements fusent. Les femmes hurlent, les ados rétorquent, des enfants pleurent et derrière tout cela toujours les mêmes battements de tambours, les vibrations de basses d'une musique, les frôlements, bêlements. Rythmes et volumes vont crescendo puis tout à coup s'apaisent en un diminuendo comme si une entente était en vue. Quand, tout à coup – un chef d'orchestre dirige t-il les opérations ?- rythmes et volumes enflent sans que ne se perçoive aucune réelle agressivité. Emportée par cette fête des voix, je me suis souvent questionnée : altercation impromptue ou danse organisée ? Questions / Réponses ? Choeur hommes / Femmes ?
… Et puis chacun-chacune salue, j'entends les pieds frotter le sol, on rentre, la bagarre est finie jusqu'à la prochaine fois, on se salue.

5 heures du matin, au réveil d'une nuit ensorcelante, de « pensées » molles, de rêves érotiques, j'entends, avant le jour un oiseau lancer son chant, mais les bruits domestiques qui commencent l'empêche de se déployer dans le silence. Chants des coqs, poulies des puits grinçantes, couinements des portes métalliques, bêlements des chèvres plus forts, tintements des bassines métalliques entrechoquées, doux chuintement des courts balais de palmier que passent les jeunes filles dans les cours, repoussent doucement le voile de la nuit. Quelques jeunes enfants pleurent. Le muezzin a déjà poussé ses appels. Dans deux heures, il fera jour et les sons vont s'amplifier.
Certains matins, lorsqu'il a plu la veille au soir, sont comme un commencement du monde : les coqs chantent, en silence les enfants calmés balaient la cour détrempée, le déjeuner est de pain frais livré à six heures par Blandine, de confiture de mangues, de petites bananes et d'un ananas juteux juste ouvert. La pluie a apaisé le monde, les hommes, les esprits. Règne un calme inouï. On dirait un début de monde, tout neuf, tout frais, tout calmé, lavé. Les femmes vident les cases, les nattes sortent au soleil pour sécher. On recommence à zéro.
Finis les sortilèges. Qui a parlé d'envoûtements ? Les palmiers se balancent dans un ciel infiniment bleu.

La cour se réveille

Lever



Sous le palmier

Estelle au puits


Tatasonga au nord de Natintingou

mardi 10 septembre 2013

Groupement de femmes transformatrices d'afitin de SACLO (Bohicon, Bénin)


Aujourd'hui, nous nous rendons à Saclo - commune de Bohicon - ville attenante d'Abomey, en compagnie d'Emile Kpoton, retraité bénévole qui s'occupe de plusieurs ONG.


L'afitin est un condiment traditionnel utilisé dans la plupart des sauces dans toute l'Afrique de l'Ouest, extrait du Néré, grand arbre de la famille des mimosaceae (dont la feuille ressemble un peu à notre acacia) et dont les fruits sont de longues gousses suspendues en grappe contenant une poudre jaune et de nombreuses graines noires (qui - après avoir subies de multiples transformations - serviront à faire l'afitin).

* Tout est utilisable dans le néré : son bois est un excellent combustible, son écorce sert les ostéopathes, sa pulpe de laxatif, ses cosses servent d'engrais et de crépi pour les murs des cases, ses graines sont très riches en protéïnes, en fer, vitamines C limitant le scorbut et en iode contre les goitres ...

Les graines sont cuites longuement dans de grosses marmites afin de pouvoir les décortiquer (jadis cette opération était effectuée à chaud par foulage aux pieds), elles sont ensuite passées dans un premier moulin afin d'en extraire le cotylédon qui lui, sera transformé ; égouttées dans de grands paniers, elles subissent trois rinçages successifs puis un quatrième dans un récipient contenant de la bouillie d'argile de termitière. Au fil des rinçages, leur peau se dépose et seuls les cotylédons surnagent. Les quatre eaux de rinçage sont conservées et utilisées comme fertilisants dans les champs ou comme peinture. Un dernier triage est encore fait à la main et un ultime rinçage avant une seconde cuisson rapide.

Les graines de néré ont cuit de longues heures et vont passer au moulin

passage au moulin

rinçages successifs des graines

toutes les femmes du groupement participent
Les cotylédons vont maintenant fermenter pendant 48h à l'air libre (ou seulement 7h dans des caissons en bois fournis par une ONG américaine) puis être modelés en grosses boulettes. Celles-ci sont enroulées dans des feuilles de teck et nouées d'un cordon végétal,  pour être enfin vendues pour quelques centimes au marché. Attention la conservation n'excède pas les 48h !!

confection des boulettes d'afitin prêtes à la vente


Actuellement à Saclo, la fabrication connaît un stade supplémentaire. Après fermentation, les cotylédons vont subir une opération de séchage (grands séchoirs fournis par les américains), puis passer à nouveau au moulin afin d'obtenir une poudre sèche, noire, vendue sous vide dans de petits sacs plastiques. L'afitin se conserve alors environ six mois. Naturellement le prix n'est plus le même, mais en conservant les deux modes de fabrication, cela permet une commercialisation à bas prix sur les marchés et une commercialisation en magasin. Actuellement, le groupement étudie comment conditionner cette poudre sous forme de petits cubes compressés ce qui permettrait une conservation encore plus longue et un transport aisé.
Et peut-être alors verrions-nous des cubes d'afitin remplacer avantageusement  les KUB-OR dans les rayons de nos supermarchés.
Toute cette transformation prend quelques lignes d'un article, plusieurs jours de labeurs intenses, de fatigues, de fêtes, de chants, de palabres dans un petit village du Bénin.

Quelques merveilleux visages ...



Et bien sûr de prétextes à chants et danses pour tous ...


 



mercredi 31 juillet 2013

UFADD -Abomey- Bénin



Mon souhait, cette année, pour ce second séjour au Bénin, était de rencontrer des femmes, plus précisément des femmes organisées en groupements, associations … et conscientes du rôle primordial de la femme africaine dans le développement.
Il fut comblé puisque rendez-vous furent pris avec le « groupement des femmes transformatrices d'afitin de Saclo » commune de Bohicon, avec la responsable Albertine Adimou d'une crèche parentale – seule crèche d'Abomey (Albertine dit « les féodaux » lorsqu'elle parle des hommes béninois), avec Fahmed, la jeune entrepreneuse (chambre d'hôtes, repas, bijoux), et la présidente de l'Ufadd – Union des femmes aboméennes pour le développement et la démocratie - dont il sera ici question.  
Fahmed

Françoise Gomez et sa soeur Justine nous conduisent dans les locaux où se réunit l'Ufadd. Un superbe et immense bâtiment blanc et bleu, fraîchement repeint, siège de « Centre d'Education civique, économique et sociale pour  la démocratie et le développement du Bénin »(CECEDD) regroupant deux ONG dont l'Ufadd.


Françoise G.

Justine
Nous entrons dans une grande salle de conférence où nous attendent quatorze femmes, chacune d'entre elles responsable d'un groupement de femmes. Accueil africain tellement chaleureux que j'ai bien besoin de mon appareil qui va les filmer pour cacher les larmes d'émotion qui embuent mes yeux et me nouent la gorge. L'une d'entre elles, Marie, entonne un chant de bienvenue, les autres lui répondent en choeur, le chant monte, s'amplifie, le rythme s'accélère et une première sort du groupe pour entamer une danse : chant et danse se répondent, l'un entraînant l'autre, une seconde sort lentement du groupe tandis que la première reprend sa place. Ainsi le rythme évolue, le volume des voix diminue ou s'exalte tandis que les différentes femmes viennent à tour de rôle exécuter la danse de bienvenue. Les chants se succèdent. Une bonne moitié de la matinée de rencontre se déroulera en chants puisque c'est de la même manière qu'elles prendront congé de nous.

Marie

Nous nous présentons, la présidente présente l'Ufadd puis chaque femme prendra la parole en fon pour présenter les activités de son groupement et les difficultés qu'il rencontre. Françoise traduit.

Création de l'Ufadd :
Pour atténuer leur misère, 27 groupements de femmes se sont constitués en une ONG. Reconnue par l'état le 17/03/2010, elles ont quelques partenaires

Objectifs :
                                                                                                                                                                              Emanciper la femme aboméenne, et la femme béninoise en général dans le respect effectif de ses droits et de ses devoirs
  •  Impliquer réellement la femme dans la gestion des affaires de la cité afin qu'elle joue son rôle dans les instances de prise de décision
  • Aider la femme à conquérir son pouvoir économique
Composition :
L'Ufadd est composée aujourd'hui de 56 regroupements de 1935 femmes dans la commune d'Abomey et aux alentours. Aucune femme n'est individuellement membre, seuls les groupements sont membres.

Activités :
Chaque groupement a ses activités propres qui lui procurent des revenus, par exemple : travaux champêtres, élevage et vente de volailles, cabris, lapins, transformation de produits agricoles,
Les activités propres à l'Ufadd sont : tontine-épargne-crédit, formations citoyennes, campagnes de salubrité, formations aux activités génératrices de revenus (AGR), réalisation et présentation de sketches pour des formations itinérantes auprès et par des femmes analphabètes qui sont des relais. Sept thèmes ont pour le moment été réalisés (dont : droit et devoir du citoyen et violences faites aux femmes, rôle de la femme dans le suivi et le contrôle de la gestion communale …)
Les perspectives d'avenir sont nombreuses (toute personne désireuse d'en savoir plus sur l'Ufadd peut contacter ce blog).
Nous reverrons à plusieurs reprises Françoise, Justine et Marie ainsi que d'autres memebres, avec qui se tisse un lien puissant face à la ténacité de ces femmes peu épaulées par leurs conjoints la plupart du temps polygames, quand ce n'est pas entravées.

mardi 30 juillet 2013

Potières

Aimé m'accompagne cet après-midi pour une visite aux potières à Lego (quartier d'Abomey)

Aimé H. et sa dernière fille

Les femmes sont assises tout le jour et montent à la main les pots selon une méthode traditionnelle de montage. Elles ne connaissent pas le tour et n'utilisent pas non plus la technique du colombin, montent les pots avec une grande dextérité, à la main. A côté d'elle un tas d'argile et un peu d'eau.







Elles commencent par le haut, se saisissent d'une boule d'argile qu'elles modèlent à la main en étirant à partir de la masse pleine : goulot et arrondi du pot sont formés (leurs seuls outils sont des objets usuels : gros escargots pour évider, bouts de tuyau lisse pour lisser, torsadé pour un motif, morceau de ressort pour un motif différent, extrémité d'un épi de maïs pour peindre).


Ce demi-pot est évidé à l'aide d'une coquille d'escargot qui permet de racler l'intérieur et de le rendre très lisse, puis il est posé sur le sol.



Opération identique pour former la base et l'autre moitié du pot. Elles ajustent ensuite les deux parties ensemble, les soudent avec l'argile.


Il suffit maintenant de lisser l'extérieur avec un peu d'eau et un petit bout de tuyau, ou de lui donner de petits reliefs en passant un ressort ou un tuyau électrique torsadé. Le pot rejoint les précédents qui sont exposés au soleil.



Reste à le décorer, ce qui sera fait avec des teintures végétales extraites des végétaux environnants (indigo, teck ...) et appliqué à l'aide d'un bout d'épi de maïs.
Lorsque les pots seront bien secs (... il ne doit pas pleuvoir ...) sera préparé un grand feu. De gros fagots d'herbes sèches sont transportés de la brousse au village, sur les têtes. L'herbe est entassée sur le sol, les pots alignés sur cette herbe, puis tout est recouvert d'herbes sèches qui brûleront lentement. Les poteries cuiront quelques heures dans ce feu, sous la braise. Aucune n'a exactement la même couleur : entre biscuit beurré et chocolat foncé, parfois teintée de noir, toutes sont différentes par la forme, la taille et la couleur.





Ces femmes, tellement patientes et expertes, naissent et demeurent pauvres parmi les pauvres.

dimanche 28 juillet 2013

Cartes postales

En attendant d'avoir le recul suffisant qui me permettra d'écrire, voici quelques cartes postales auxquelles vous avez échappé
Sammy au bain




Estelle au puits

Prêt pour la nuit


Confection des boulettes d'akassa

mon fils Christian

Adeline et Moriane

L'Océan à Grand Popo


Françoise (Union des femmes aboméennes pour le développement et la démocratie)
Emile Kpoton
pouponnière d'orphelins de Tchatchou

Potière

mercredi 19 juin 2013

Bel été à tous

Lyon AT 721 20 juin 17h05      Casablanca 18h55       Cotonou 21 juin 04h30




07/2012 : Régime de noix de palme

Cette matinée là, Aimé, Godefroy (son fils) et moi avions ramassé des paniers d'orange et des noix de palme




... et repiqué 120 tecks

A bientôt à vous. Je vous embrasse et vous souhaite de superbes vacances

jeudi 30 août 2012

Retour

 
Seule.
Seule dans la salle d'embarquement de l'aéroport de Cotonou en attente du vol AT551 de Royal Air Maroc pour Lyon via Casablanca.
Seule pour la première fois après trente jours pleins comme un oeuf, entourée de vos présences du réveil au coucher, bercée de vos paroles, l'âme comblée de vos rires, de vos chants, nourrie de vos forces de vie jaillissante.
Deux heures vides devant moi.




Pour quel retour ? Mouvement en arrière comme l'écrit le dictionnaire ou revirement, changement brusque et total venant se heurter à la répétition, la reprise ?
Retourner, mettre la face intérieure à l'extérieur, mettre sens dessus-dessous, bouleverser, la chair sensible, fragile, à vif, soudainement exposée.
Le billet aller-retour ne tient pas sa promesse. Je ne reviens pas. 

A peine a t-on appelé les passagers du vol AT551 qu'une voix crie mon nom : « Mme X est demandée de toute urgence pour une vérification de ses bagages de soute »

Décidément, on veut me retenir. Quelque chose dit que je ne vais pas partir.

Je pars néanmoins. Je me gèle dans cet avion. La clim réveille mes douleurs au bras, à l'épaule, douleurs qui s'étaient tues dans la douce chaleur subéquatoriale de la saison des pluies.
Descente sur Casa. Interminable attente dans cet immense aéroport … yeux fatigués … nausée à la vue de tous ces blancs.
Les gens sont laids ; les blancs sont moches, prétentieux, couverts de bijoux, de bébelles, tristes, moues de dédain de maîtres du monde.

Je voudrais prendre dans ma main une de ces peaux noires, sèche, lisse, douce, ferme, inimitable. J'en sens la texture sous la pulpe de mes doigts, sablée, de cuir fin.

Ces peaux-là, devant moi, sont molles, moites, mollusques morts.

 
La nostalgie me saisit et je vous entends chanter

« Yovo bonjour, bonne arrivée, bienvenue. Comment ça va avec la santé, et la famille ? Yovo, Yovo, bonjour ! Comment ça va ? Ca va bien ! Merci ! »
Rires en boucle, mains qui nous enserrent, rires en cascade



« En voyant, à l'aéroport JFK, tous ces Blancs se ruer vers le contrôle des passeports et la douane, j'ai failli prendre les jambes à mon cou et retourner à l'avion...... Ces gens-là, c'étaient mon peuple, les membres de ma tribu.
Mais les Blancs ne m'ont pas paru tout à fait humains. Leurs visages arboraient toutes les nuances d'une roseraie anglaise, du ton crayeux et du jaune citron jusqu'au rose et à l'écarlate. Leur nez et leurs oreilles étaient trop grands pour leur tête, leurs cheveux étaient mous, pendaient sans forme et, quand ils n'étaient pas tenus par une casquette ou un chapeau, donnaient l'impression d'être sur le point de glisser du crâne et de tomber par terre. Ces Blancs avaient l'air dangereux, terriblement sûrs d'eux-mêmes, déterminés et conscients de leur bon droit quand ils se précipitaient pour se ranger dans des queues bien ordonnées et tendaient leur passeport aux fonctionnaires en uniforme postés dans leur cabine comme des poinçonneurs de tickets s'ennuyant ferme à l'entrée d'un parc d'attractions. »
Citation extraite de « American Darling » de Russel Banks