C'est en regardant les libellés de mon message " légers jardins, à peine", le titre du chapitre de "le dépaysement , voyages en France" de Jean-Christophe Bailly, dont Laura transcrit le début aujourd'hui sur son blog "Jardin d'ombres" qui comme toujours à une face des plus solaires que soudain je me dis : "bon sang mais c'est bien sûr !" , les jardinières devraient organiser une petite séance de jardinage dinatoire avec Stéphane BOUQUET en leur jardin OUVRIER ou Familial, Volpette ou Syndicaliste
ça lui ferait l'occasion d'y voir de près, non ?
Jeudi 22, nouvelle rencontre à la médiathèque..... ?
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samedi 17 mars 2012
mardi 13 mars 2012
Mon itinéraire : de La Cotonne à Bellevue
La conférence donnée par Jean-Christophe Bailly -invité à la Médiathèque par Stéphane Bouquet- sur son livre « Le dépaysement / Voyages en France » a ramené mes pas et mes pensées dans les traces de mon itinéraire et ranimé mon enthousiasme pour ce projet.
En commençant à écrire, je n'ai pas vraiment compris pourquoi mon choix s'était porté sur les marges. Jean-Christophe Bailly m'a éclairé. Ici, toute l'histoire de la ville affleure et quelques couches d'un mille-feuilles y sont bien visibles.
Une minuscule maison ouvrière avec pour unique luxe ses volets peints en bleu et son jardinet potager impeccablement entretenu, son faux puits, sa petite brouette en bois et ses carrés tracés au cordeau y côtoie une grosse maison bourgeoise entourée de son immense parc arboré, avec sa porte de service ayant servi dans d'autres temps et sa longue allée élégante en arc de cercle conduisant en voiture jusqu'aux portes de la demeure ; aisé d'imaginer la vie telle qu'elle se déroulait dans ces deux maisons, deux façons d'habiter le monde.
HLM des années 70 – cinq/six étages- se dressent au milieu de maisons individuelles, HLM sans jardin mais avec « Espaces verts », vocabulaire et usage ont changé avec le temps.
Les noms de rues, noms de métiers « Rue des Verriers », « Rue de la Lithographie » nous parlent de métiers aujourd'hui presque disparus et il m'a été impossible de trouver l'histoire de ces rues ni la moindre trace dans le quartier de ces métiers, excepté un nom sur une plaque. Ils nous rappellent aussi les rêves sociaux d'un XIXième siècle : Rue de l'Egalerie, Rue Proudhon …
Voie ferrée et TER flambant neufs et petits chemins de terre. Poules dans un jardin et Lavomatic au karscher. Friches d'un ancien squatt et piscine aux formes modernes. Jardins ouvriers et casse automobiles. Parkings payants automatiques disputant leur place à un terrain vague. Tags s'infiltrant dans des hangars abandonnés de la SNCF et l'arrière d'une gare repeinte de neuf en façade. Tout cohabite en une seule mosaïque, s'enchevêtre.
Nous sommes derrière le décor, dans ces derrières attachants. Un monde est là, vibrant, fait de juxtapositions et de chevauchements de territoires, hors de l'exposition de marchandises à consommer qui achalandent les vitrines des magasins de la Grand'Rue, cinquante mètres plus bas.
Envers du décor où se déroule la vie, non son spectacle.
Lieux où sont venus s'installer diverses populations, se juxtaposer, cohabiter, sans réel partage mais sans heurts non plus. Je n'y sens aucune violence, aucun communautarisme.
L'aujourd'hui, le contemporain se résume à ces diverses couches d'hier. Traces d'un monde entrain de disparaître (?) comme on constate aujourd'hui la disparition d'un certain monde rural, ou seul monde vivable ?
Il semblerait que ce qui est entrain de se faire, de se défaire, de se déliter ici, se reconstruit plus loin, essaime ailleurs, comme les jardins sauvages. J'y pressens, de plus, toutes sortes de choses secrètes qui palpitent. Jean-Christophe Bailly, lui, écrit « clapot », petites vagues qui forcément laissent des sédiments qu'il faut découvrir en examinant les strates.
Sont-ce ces petits secrets que nous révèlent les « urbiers » et les « herbains » de soeurs Natô et MPB, le minuscule nous transmettrait-il ces messages-là ?
L'expérience menée à cinq, d'emprunter ensemble le même itinéraire a bien mis en évidence la multiplicité des points de vue, des approches. Quand on s'empare du trajet à dix pleines mains et dix yeux dévorants, avec des rires, des histoires et des déguisements inventés sur place avec les rebuts délaissés, quelle richesse et comme on se sent bien, chez soi, dans un monde où la vie, la créativité, l'humour sont possibles, où toutes sortes de portes sont grandes ouvertes et où l'air circule dans tous les sens et non selon une signalétique pré-établie.
Oui, je vais y retourner, ne serait-ce que pour le parcourir à rebrousse-poil et écrire sur le retour puisque chacun sait qu'on voit pas différemment quand on change de « sens ». Et puis, je n'y ai pas cherché les animaux sauvages : lombrics, araignées, chenilles, … ni les plantes, tous ces êtres vivants qui ne connaissent pas les frontières.
mercredi 7 mars 2012
"Légers jardins, à peine"
"Car il faut le dire, et cela saute aux yeux, dans plusieurs regroupements de parcelles, aujourd'hui, l'ordre règne : ni cabane de guingois, ni bidon de plastique bleu pour récupérer les eaux de pluie, ni bataillons de fleur éteintes -rien qu'une surface de production dûment peignée autour d'un cabanon réglementaire de couleur unie et, surtout, privé de tonnelle et même de fenêtre ou d'auvent : sous la pression d'une idéologie composite où entrent pour une bonne part des réflexes petits-bourgeois d'ordre er de conformité teintés d'un souci écologique plus nomatif que généreux, les jardins semblent pouvoir, si nul n'y prend garde, glisser peu à peu vers une caricature où plus rien d'ouvrier et, surtout, de libre, de retiré, d'errant, ne subsistera. Peut-être est-ce pour cela que, surtout dans les services, l'on ne dit plus "jardins ouvriers" mais "jardins familiaux" comme s'il y avit de la honte à remuer le vieux fond sans lequel, pourtant, ils n'auraient jamais existé.
J'ai entendu dire que les propriétaires de pavillons qui se construisent alentour des jardins et qui, lotissement après lotissement, finissent par par les rejoindre se seraient plaints, justement, de l'aspect négligé de beaucoup d'entre eux : on comprend facilement ce qui est en jeu ici, l'énigme sociologique n'est pas bien grande mais, mine de rien, ce sont deux mondes qui s'opposent. Le second, celui qui arrive avec les pavillons, les lotissements et tout ce qui les accompagne (matériaux, formes, usages), peut se présenter avec arrogance comme le visage du renouveau ou de la modernité (ce serait bien dans le ton d'une époque où les ouvriers qui font grève sont décrits comme "hostiles au changement"), il n'est pourtant que le fruit d'un avachissement du présent sur lui-même. Dans la combe de la Cotonne ou du côté de Montaud, partout où les jardins se sentent libres entre des palissades bricolées et des assauts d'herbes folles, par contre, ce que l'on peut percevoir, et peu-être est-ce déjà une survivance, c'est un nouage étonnamment raffiné, entre des temporalités différentes - le rêve d'un futur éteint dans un passé qui chantonne et un présent sans doute ouvert à lui-même mais comme une jachère."
Le dépaysement- Voyage en France - Jen-Christophe Bailly
Jeudi 8 mars 2012 à la méditahèque de Tarentaize - 19 h - rencontre avec Stéphane Bouquet
Libellés :
jardin,
Jean-Christophe Bailly,
MPB,
Stéphane Bouquet
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