| Les 3 becs, Le col de la Chaudière & la chaîne de Couspeau |
| Les mêmes vus de ma chambre se reflétant dans la vitre des voisins d'en face |
Que nos esprits et nos âmes soient aussi paisibles en 2025 que ce paysage.
Des mimis à vous toutes-s
Afin de rasséréner celles et ceux qui se feraient du souci car ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas vu(e)s ... et à quelques jours d'un Xème de mes anniversaires, ce clin d'oeil.
Je me régale des albums de Baudoin, cet extrait tiré de l'album "Les essuie-glaces" Edit Aire Libre Dupuis et vous offre cette phrase qui me convient parfaitement bien et colle à ma peau et à mon état d'esprit
Bises à toutes et à tous.
" Coeur :
organe
central
situé entre les deux
poumons
Sur le lac, le vent saisit mes lèvres.
L'imperceptible pulsation du sang
mon souffle heurté, le ciel, la neige, l'ombre
avec la lumière se confondent.
Je ne reconnais rien du paysage
à l'intérieur de moi
je cherche le centre."
Hélène Dorion "Coeurs comme livre d'images" Edit Bruno Doucey
Que ce Noël nous soit doux et paisible comme ce paysage de pleine lune
que nous approchions "le centre", au plus près, au plus loin
et toujours en recherche. en accord avec
chaque pulsation de notre coeur.
Je vous embrasse
Pour me rappeler à vous et partager des moments de tendresse, quelques mots écrits hier soir, de ma fenêtre. Il me faut reprendre l’écriture, lentement, laborieusement, laisser remonter les images, les impressions fugitives comme ces bourgeons qui « savent » le printemps bien avant que nous nous en apercevions. Désolée pour cette longue absence, l’hiver de la saison et de l’âge m’avaient « gelée », recroquevillée, je ne savais plus que lire vos mots pour m’y réchauffer.
« Une belle lumière du soir, non plus une lumière d’hiver,
celle-ci est plus bleue, plus vibrante que les violets, orangés d’un coucher de soleil hivernal
dont on sent la dureté annonciatrice de la morsure de la nuit.
Aucun souffle d’air, une lumière douce, difficile à définir.
Ici, derrière la fenêtre de chambre ouverte,
(rue J d’Arc, c’était au-dessus du cerisier que j’écrivais mais toujours collée à une fenêtre, sur ma gauche), je ne ressens pas du tout de froid, les t° glaciales le matin se sont beaucoup radouci en journée.
Le long du Roubion, pâquerettes, primevères, bourgeons des arbres ... tout sort timidement, rien n’explose encore mais sort à peine la tête pour se protéger des nuits froides, pas folles les plantes.
Je viens de m’accouder à la fenêtre pour tenter de découvrir les mots et écrire cette lumière.
Rien à faire, « j’entends » les oiseaux pépier, je perçois comme une sorte de « rumeur », des ondulations au-dessus des cheminées, pas de la fumée, de la chaleur qui irradie, mais rien sur la lumière.
Ou peut-être si : transparente,
oui, ciel blanc traversé d’une lumière transparente comme de l’eau claire qu’on peut entendre dans le silence.
Le soleil doit être sur l’horizon, là-bas, derrière la ligne du vieux village, au-delà des collines, mais sans rougeoyer.
C’est tendre, paisible et fait du bien ».
..."elles se servaient toutes deux d'un mot, skurril, désignant "un petit détail fibreux, une tension visuelle, un frisson. Skurril, ce sont les mains qui, en cachette, se tendent vers les jetons sur les tables de jeu dans Le Joueur, de Dostoïevski. Une patte d'araignée est skurril. Une fissure. L'idée d'une queue de rat. Une caresse, aussi, peut être skurril. "
In TdM. Il est avantageux d'avoir où aller. Emmanuel Carrère.
"C'était comme un éclatement d'étoiles à la volée. Sur ses épaules comme des draps de brume. Quant aux mots, en agiter la poussière, lui semblait plus que vain. Noués comme des pelotes de fils que sa langue n'aurait su délier. La mémoire de ses joies se conservait en suspens dans les particules de la brume. Arpenter, vagabonder, bondir, vagabondir pour exister. Elle fonçait en rhinocéros de pierre. Et soudain, la caisse claire quand les galets cassent, les graviers rissolent sur la roche et débordent. Lorsqu’elle atteignit le sommet, ce fut comme toujours l'éblouissement. Elle adorait cette sensation de n'avoir plus de poids. Le serpent droit du temps perdait ses écailles dans un aquarium."
A l'aide des mots de Damasio
En cette saison, en bordure de chemin ou dans les bois, pousse une plante grimpante (genre de liane) aux feuilles vernissées et luisantes en belle forme de coeur : le tamier sauvage ou "herbe aux femmes battues" car sa racine a la réputation de guérir les bleus.
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| Tamier sauvage (dioscorea communis) |
Maintenant, est la seule période où l'on peut consommer ses jeunes pousses en forme d'asperges qui sont la seule partie comestible de cette plante qui produit plus tard de petits fruits rouges toxiques.
Hier, lors d'une promenade entre deux averses, et alors que nous rentrions bredouille d'une recherche d'ails des ours, nous avons ramassé de ces petites "asperges" délicieuses que j'ai délicatement liées en 4 bottes pour les cuire à la vapeur.
... et dans une clairière ... miracle des muguets ! Je n'en avais pas trouvé dans les bois depuis mon adolescence.
Mais ce n'est pas tout, nos bras étaient chargés de genêts jaunes, de marguerites, de narcisses au parfum entêtant, d'ancolies bleu comme le ciel, et d'autres fleurs des champs dont j'ignore malheureusement le nom.
C'était le petit intermède "botanique" à l'attention de mes amis de coeur stéphanois ... et les autres bien sûr
Telle un lampion, la lune accrochée dans le cyprès
Un nuage : la lune disparaît.
Aurais-je à ce point l’esprit obscurci
pour perdre le sourire et
croire que la lune n’est plus là ?
Mon esprit sait la lune,
voit le passage des nuages ,
conserve sourire au coeur et aux lèvres.
Dois-je attendre que les nuages aient disparu
pour m’autoriser à être heureuse ?
Il en reste encore quelques unes blotties contre de vieilles pierres,
"une sorte de silence avec le jour dedans
une palpitation qui travaille la nuit
et des couleurs qui suintent"
comme l'écrit si tendrement Laura dans son "Jardin d'ombres"
Qu'elles vous apportent la douceur en cette nuit de Noël et en cette fin d'année. Elles sont la promesse des jours qui grandissent.
De coeur à coeur
Je suis couchée dans mon moyen lit, dans la petite maison de la campagne. J'ai laissé la fête dans la maison d'à côté. Trop de bruit. Trop de lumière. Un monde compact et enfumé. Trop d'artifices. Dans mon lit donc, je broie un peu du noir, gris souris en fait, la lune à son poste, rondouillarde,éclaire la nuit. Je broie un peu de gris, compte quelques moutons, essaie de trouver le bon côté de la situation,je ne suis pas festive, on me l'a assez dit.
Respirer profondément Retrouver mon calme.
Quelques craquements normaux résonnent dans le silence, la maison
est pleine de planchers distordus, de cloisons bancales, les matériaux
travaillent jour et nuit. Pas de trêve pour les matériaux.
Des pas dans le grenier, pas de quoi fouetter le chat qui se
promène sans doute, la région en est infestée ; c'est le terme consacré
lorsqu'ils ne sont pas de la maison. La charpente est fourrée de loirs. Qu'ils
se débrouillent. Ce doit être un gros chat me dis-je entre deux moutons, car
les pas sont lourds.
Soudain dans mon moyen lit, je me tétanise, aplatie de peur au
fond des draps. Moi qui rêve toujours de dormir à la belle étoile dans une
forêt, je révise à la baisse mes fantasmes et essaie de me raisonner tandis
qu'au-dessus de ma tête résonnent toujours de drôles de présences.
La seule chose à faire pour ne pas mourir, me sermons-je, c'est
d'aller voir. De qui sont ces pas lourds qui tapent sur ma tête ? Quelques
minutes passent. Il fait chaud dans ce moyen lit et si je ne respire plus,
peut-être que la chose va s'en aller, ou en tous cas s'endormir, et moi avec.
Je vérifie, il ne me reste que quelques moutons.
Bon je me lève, l'action ça a du bon, me convaincs-je, après que
la marche ait repris.
Je gravis précautionneusement les marches comme pour apprivoiser
ma peur, les escaliers, la chose. Lui faire comprendre que je ne viens pas en
conquérante, qu'il doit y avoir moyen de trouver un compromis.
Plus que quelques marches, j'ai le coeur qui ne bat plus, je ne
sais plus où il est, j'avance comme un canard sans tête.
Je pousse la porte : elle a mal, elle fait gzzzzzzzz et j'entends
:
NOOOOON ! PAS MAINTENANT !
Mes cheveux se dressent exactement comme il est dit dans les
livres, je ne cherche pas plus loin, j'ai compris que j'étais indésirable, je
redescends tout aussi précautionneusement que j'étais montée.
Je me recouche dans mon lit moyen, je mets mes boules Quiès et
m'endors avec quelques chèvres, j'avais épuisé les moutons.
"Dans le bruit
du jardin qui s'agite,
les herbes hautes
fourmillent d'informulés :
« la table est couverte de revenants
et de nappes de nuit»
entends-je murmurer
dans mon oreille
collée à la porte des livres.
Mais moi,
les feux au bout des doigts
pour éclairer novembre,
je sais que le seuil
ouvre l'espace
et que la discrétion d'une anémone
se loge au fond d'une caresse."
Frustrée de n'avoir vraiment pas le temps pour suivre notre atelier avec toute l'assiduité nécessaire, faute de ... je vous poste ce "collage" avec les mots de Solange, juste pour être parmi vous, sur la page, mes ami(e)s de si longue date et d'amitié de coeur (car écrire pendant plus de 20 ans toutes les quinzaines ENSEMBLE forge des liens inaliénables et indélébiles). Un grand bravo pour vos derniers textes dont -me semble t-il- l'originalité, la complexité et la qualité de la consigne permet et met à jour de nouveaux styles et manières d'écrire. Vive la forme ! qui exige. Je vous serre fort dans mes bras (au nez et à la barbe du Covid, d'ailleurs j'ai eu ma 5° dose ...)
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| Truinas |
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| Route de Félines |
Faute d'avoir pris le temps de vous rejoindre dans ces nouvelles consignes, nous avons levé le nez de nos cartons dimanche après-midi pour souffler. Le festival "Sillon" offrait, durant une quinzaine de jours, de nombreuses expositions dans les villages entourant Saoû (Rochebaudun, Félines sur Rimandoule, Francillon, Truinas ...). Nous avons visité l'atelier de la peintre Noémi Adda, admiré les paysages dans lesquels elle vit et qu'elle ne se lasse pas de peindre. Les mêmes que ceux où vivait André Dubouchet, où il repose dans le petit cimetière. Une pensée pour vous.
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| Lieu-dit "Le contrat" |
Tout au long de ce chemin serpentant le long de la rivière Roubion, les bois et près regorgent de richesses nouvelles à chaque saison : muguets, asperges, morilles ... fleurs qui ravissent naturellement la cueilleuse que je suis.
... et aussi de trésors : cabanon, arbres magnifiques. Un paradis dont je ne me lasse pas.
Je viens de terminer « Elle venait de Marioupol »de Natasha Wodin Edit. Métailié
Une femme à la recherche de la mémoire de sa mère, travailleuse déportée ukrainienne par les nazis, victime déjà du stalinisme dans son pays, une histoire personnelle terrible, parallèle à la grande Histoire -comme celle de ma mère, de Mado – de femmes résilientes et très souffrantes qui n'ont pas choisi leur destin, mais l'ont subi avec tout le courage nécessaire et la force de vie incommensurable et indispensable à leur survie, à la mise au monde d'enfants qui, sans n'y rien comprendre, savent déjà tout intuitivement sans oser y croire. Un livre dont on s'extraie difficilement, moi, en tout cas.
Et voici ce qu'elle écrit à propos de la littérature :
« Pour moi, la littérature se trouve surtout dans les béances du destin, ces béances renferment le secret qui est à la fois l'objet de mon écriture et ce qui me fascine en elle. Le secret est la terre nourricière de la littérature. »
Et maintenant qu'allons-nous faire
De tous ces moutons paresseux
des fleurs en tourbe sur les toits
du chat qui gratte à la porte
de la truite dans la musette
des hirondelles qui ne reviennent pas ?
Et maintenant qu'allons-nous faire
des absences à l'horizontale
du héron échoué
de l'espoir qui se dérobe dans la neige qui tombe
comme de la nuit ?
Et maintenant qu'allons-nous faire
Des petites filles envolées
Dans leurs bulles de savon
De toutes les feuilles mortes
Qui s'entassent devant la porte
Et enferment le chat dehors ?
Et maintenant qu'allons-nous faire
de la déesse ?
Des papillons de nuit
du noir et de l'or de son corps
des sept anneaux
de sa poussière ?
Et maintenant qu'allons-nous faire ?
Dans l'ordre de nos métamorphoses
Nous partirons sans bruit
Nous attendrons dans le noir de la page
Dans l'ombre et les méandres
Nous guetterons dans les cendres
Une dernière braise de pluie.
En ce petit matin encore tout sombre, de retour dans notre vieille maison, aux gros murs, dans le petit village de Bourdeaux, face aux vieux village (Viale) et au beffroi, assise près du poêle qui ronfle, les sons et les gestes dans lesquels je baigne sont les mêmes que ceux de mon enfance. Je suis dans un cocon de bien-être, et de sécurité, un cerneau de noix dans sa coque.
La chatte s'étire, les mêmes gestes ancestraux, chercher du bois, se vêtir d'un gros pull de laine car la maison n'est pas chaude en cette saison, aller au petit marché, préparer amoureusement un plat au four : une couche de patates, une de champignons, j'alterne en chantonnant, je recouvre le tout de crème, tout va mijoter plusieurs heures au four, des livres attendent, quelques rangs de tricot ... l'après-midi le soleil est rarement absent, c'est l'heure de la balade. Des paysages chaque heure changeants, la rivière, les montagnes, les champs vert-clair du blé naissant, les sillons marrons de ceux fraîchement labourés, les sommets enneigés …
Que peut-il bien manquer ? Chaque jour, une immense gratitude m'emplit, chaque jour se suffit, me suffit et me comble.
Un paysage si beau
Un paysage qui déborde tout vocabulaire
Une terre, solitaire, dédaigneuse, intouchée,
Une Terre au large de toute géographie.