Affichage des articles dont le libellé est Pierre Michon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pierre Michon. Afficher tous les articles

vendredi 18 septembre 2009

Les onze



Combleux, Monsieur.
Vous ne connaissez pas Combleux? A Combleux tout est clair. C'est l'enfance. C'est bien avant Les Onze, bien avant le grand tableau d'ombre dans lequel la clarté pièce à pièce est enfouie, bien avant que l'or et le soufre, le bleu, le blanc, le rouge, les couleurs trines de la République une et indivisible, dansent dans le noir, se lèvent calmement dans le fond de la nuit. A Combleux il fait jour. Il y a le fleuve, le ciel, l'été. On est loin de ventôse. C'est à Combleux qu'il faut revenir, pour bien voir l'enfant; et pour voir les deux femmes en grandes jupes claires qui fléchissent éperdument vers lui.

Pierre Michon "Les Onze" ( Verdier)

vendredi 7 août 2009

Rimbaud le fils



Qu'est-ce qui relance sans fin la littérature? Qu'est-ce qui fait écrire les hommes? Les autres hommes, leur mère, les étoiles, ou les vieilles choses énormes, Dieu, la langue? Les puissances le savent. Les puissances de l'air sont ce peu de vent à travers les feuillages. La nuit tourne. La lune se lève, il n'y a personne contre cette meule. Rimbaud dans le grenier parmi des feuillets s'est tourné contre le mur et dort comme un plomb.

Pierre Michon "Rimbaud le fils"

mercredi 5 août 2009

Lagrasse : le retour



Je suis donc allée à Lagrasse, mais comme on était le 4 et pas le 6, il n'y avait pas Pierre Michon. En revanche j'ai rencontré un Stéphanois de ma connaissance, panier de légumes du jardin au bras*, qui en était à sa deuxième année de "Banquet littéraire" et prévoyait d'aller le voir demain. St Etienne étant représenté l'honneur est sauf, j'ai pu passer une nuit de presque pleine lune tranquille.*Panier de légumes du jardin, c'est plus sage car la visite de l'abbaye en construction (!) laissa entrevoir les coulisses du menu : une pauvre pécheresse du coin, condamnée en plein après midi culturel (voir photo**) à ouvrir des boîtes de conserve géantes de haricots verts ou pire, de macédoine de légumes ; ça faisait redouter la turista.** la photo montre ici la conférence à 3 euros***, derrière la grille, le conférencier est lumineux contre sa tenture pourpre ; il conférencie sur la politique et la révolution et comment se déprendre du pouvoir, mais entre les carreaux du grillage on entend mal.*** en revanche de la revanche, la visite de l'abbaye est gratuite, il faut dire ET je ne m'en lasse pas, que l'abbaye est en travaux en plus de "l'événement festif culturel" et ce ne sont là qu'échafaudages et chaises en plastique permettant de prendre des notes de comment refaire le monde.
En fait je crâne, mais Lagrasse n'usurpe pas son titre de "l'un des plus beaux villages de France" ; vraiment ravissant, nichélovéblotti dans son nécrin de verdure. Quant à l'abbaye, la vraie, elle est juste à côté, et la silhouette claire des moines à capuchons nous ramène à un peu plus de sérieux, que diable, mais il était trop tard pour visiter.

mardi 4 août 2009

Pierre Michon a la grâce



Pierre Michon lit les Onze le 6 août à l'Abbaye de Lagrasse, de laquelle je ne suis éloignée que d'une cinquantaine de kilomètres. (Il doit pouvoir bientôt réciter son livre, à force...)
Chevillard parle de Savitzkaya dans son blog aujourd'hui. Moi je parle de Michon, Chevillard et Savitzkaya. Michon boit-il du vin de Pech Redon élevé à la Clape ? Savitzkaya sait-il que nous sommes au moins 8 ou 9 exquises personnes ? N'était-ce pas Chevillard que j'ai aperçu sur la plage hier soir avec Agathe qui lui écrasait son château de sable ?