Affichage des articles dont le libellé est Gabriel Garcia-Marquez. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gabriel Garcia-Marquez. Afficher tous les articles

mardi 13 mai 2025

3/V2 : L'odeur des images

3/V2 : L'odeur des images

images : 

l'amour au temps du choléra / 

boutique de parfums / 

chaîne rouillée)


l'arôme sépia café du temps qui passe

l'humus des souvenirs percolés

la dolce vità au temps du choléra

autant d'amour que d'Eau de Cologne Farina

médic'amant livré au crépuscule pourrissant par le bateau à aubes 

opopanax en flacon chantourné

chassant les miasmes

les effluves du fleuve les relents de ses berges

les boutiques-nausée opium des mélanges

œillades des œillets dans les yeux morts-dorés

de la femme fragrance alanguie

le parfum de l'amour après la pluie

pétrichor pétri de l'amour

de ses chaînes en bouquet

les bains d'acide où l'image révèle son secret parfumé

les souvenirs d'odeurs ne rouillent jamais

mercredi 11 décembre 2024

3/V1 l'Odeur des images 3/

  • La photo sur laquelle on voit Solange ne sent rien mais le souvenir de tous les parfums de la boutique qui n'existe plus me prend à la gorge, me fait mal à la tête (oui les souvenirs aussi peuvent faire mal à la tête). Une autre femme nous regarde et nous invite à la humer avec son parfum Dolce Vita qui nous fera succomber. Dans l'Amour au temps du Choléra, les parfums servaient de médicaments ; de médic'Amant ? L'amant offre à sa maîtresse, et pourquoi pas à son amante religieuse ? A Celle qu'il aime et le fait mourir d'amour, de l'eau de Cologne Farina. J'ai longtemps cherché cette eau de Cologne, moi dans la vésicule ne supporte plus les parfums chimiques, je pensais que celle-ci, en souvenir d'une autre, Extra-vieille, ne me provoquerait pas d'allergie. Il y a peu, par hasard comme toujours, comme les livres dans les boîtes à livres, qui arrivent à point nommé, je suis tombée dessus et l'ai achetée. Comprar en espagnol. Je l'ai comprise, mais elle ne sent pas comme dans le livre de Garcia Marquez. Peut-être ont-ils copié l'authentique mais ont supprimé la substance chimique, qu'ils extrayaient de la Dame de Malacca et pouvait s'avérer dangereuse, ou trop bien soigner. Gift, cadeau et poison à la fois. Le souvenir des parfums nous enchaîne à un moment précis de notre vie, odeur de métal, parfum d'un être aimé, odeur de mer, odeur de vase et de diesel, de bananes pourries et de citrons, dans les méandres de l'Amazone. Les souvenirs ne rouillent jamais.

lundi 16 décembre 2013

Pour fêter les 1 an de la fin du monde : Le dernier cadeau de Bugarach (Hommage à Gabriel Garcia-Marquez)

Remake de la nouvelle de Garcia Marquez : un hombre muy viejo con unas alas enormes

A minuit, les parents XY à moitié endormis au chevet de leur petit garçon malade, perclus de fatigue, furent rappelés à la réalité du monde par les cloches qui sonnaient l’heure, et qui apparemment n’était pas celle du jugement dernier. On était  le 22 décembre 2012, à Bugarach, Aude, France.  XX jeta un coup d’œil par la fenêtre, et vérifia que les choses étaient toujours là, à leur place, même s’il était difficile de les distinguer, informes et ensevelies sous une épaisse couche de neige.
L’idée lui traversa l’esprit que le monde avait peut être pris fin, et qu’ils faisaient partie des survivants, après tout, même s’il n’y avait pas complètement cru, et qu’ils avaient été choisis.
Mais il ne put y réfléchir bien longtemps car l’enfant demandait des soins et cette réalité-là était bien plus urgente, fragile et précieuse et quelle que fut la dimension dans laquelle ils habitaient à présent, la maladie n’en était apparemment toujours pas exclue et il fallait bien y faire face.
Pendant quelques jours, la vie de l’enfant vacilla, puis, le 25 décembre, alors que le village déballait ses cadeaux ou soignait sa gueule de bois phénoménale post Apocalyptique, la neige commença à fondre, la fièvre quitta le petit corps et le monde se remit cotonneusement en marche.
Dans le courant de l’après-midi, XX qui digérait mal sa dinde aux marrons et rongeait son frein dans ce monde où décidément il ne se passait jamais rien, -même « Plus belle la vie » avait fini par le décevoir-,  se laissa intriguer par un rayon de soleil particulièrement tenace sur une tôle verte au milieu des véhicules entassés dans la casse de son entreprise de véhicules d’occasion. Comme YY ne trouvait rien de spécial à ce rayon vert merveilleux, mais qu’il aimait bien avoir raison, il enfila ses bottes et chaussa son bonnet et disparut parmi les compressions à moitié rouillées.

Sur le coup, il ne comprit rien à ce culbuto géant, plus large que haut ; avec sur le côté de ce qui aurait été sa tête verte, une antenne qui pendouillait lamentablement ; géant pour un culbuto, mais à bien y regarder, assez mal fichu pour autre chose. Insidieusement, imperceptiblement, la chose bougeait, glissait sur son socle comme si elle avait été montée sur roulettes, et n’était pas sans rappeler à XX … Non, non, c’était impossible, il était encore sous le choc post-fin du monde imminente, il ne fallait pas s’emballer, il y avait sûrement une explication rationnelle. C’était sans doute un de ces journalistes fumeux qui avait abandonné un gadget hors d’usage, ou les Ultras, ceux des grottes du Pic qui avaient oublié un de ces machins qu’ils trimbalaient toujours avec eux.