On devrait
toujours accrocher un miroir au mur de ses rêves, de même que l’on devrait toujours
laisser ouverts les volets de la fenêtre de sa chambre, pour qu’y pénètre le
rêve du jardin.
La nuit était silencieuse et la chambre encombrée,
mais tranquille. Sur les murs, quelques clichés figés à des degrés divers de
bonheur, une photo et une aquarelle représentant des lieux anciens, dédiés à
des dieux tombés au champ d’honneur de la désuétude, mais redorés au plaqué-or des
parcours incontournables des guides touristiques ; abris de vent pour âmes
solitaires, temples solaires aux colonnes desennoblies, dont le socle, telles
des souches de pierre, servaient à présent de siège ou de piédestal à des
fantômes ; l’esprit du photographe
ou celui du peintre
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