lundi 6 novembre 2023
Interlude 10 p. 256 Comme des vagues qui se brisent sur le rivage Vagues oiseaux soleil fragments
Comme des
vagues qui se brisent sur le rivage
Le livre se
referme en claquement de portes
Les
personnages restent figés à tout jamais
On ne saura
jamais le pourquoi du comment
Imprimés sur
leur corps les divers monologues
Tous les
fragments de vie aux embruns éclatés
Le soleil a
décrit son demi-cercle jaune
Il est temps à
présent de laisser les oiseaux
dans leurs
nids sous les feuilles
les petits mammifères
Et cet instant
sinistre qui hurle avec les loups
Et le coeur
qui chancelle à s'arrêter de battre
et la mer qui
s'écrase "toujours recommencée"
jeudi 21 septembre 2023
Interlude 8.2 p.178 Noctalgie La Terre était si éloignée
La Terre était si éloignée
Allait-elle la revoir ?
Nageant entre deux hauts
Voguant entre les nuages
Comme dans ce rêve
Où elle devait se poser
Sur un globe terrestre
Telle une géante
Un pied dans chaque pays
Ce devait être le rêve
De tous les migrants échassiers
Une vie de chaque côté de la frontière
La Terre était si loin
En apesanteur elle voyait
des myriades de lumières
Quand on est au milieu du ciel
Devient-on une étoile ?
La Terre était si loin
En flammes, en feu, en furie
La Terre était si loin, si loin, si loin
Noctalgie Interlude 8.2 p.178 à partir de The land was so distant"
vendredi 1 septembre 2023
interlude 8.1 p.177 Présage Sans voir la photo on devine la plage
Sans voir la photo on devine la plage
Les ombres qui
s'étendent
La journée qui finit
On frémit de
comprendre que le livre s'achève
Que les textes
traduits retourneront au vide
Entre les
couvertures du cahier réglissé
Les moules les
oiseaux le sable le bateau
Les meubles le
miroir les couverts enchantés
Les toits les
fenêtres
L'horizon enflammé
Les arbres
obélisques
Un contre-jour
toscan
De séance en séance
la course du soleil
Les vagues
virulentes les rendez-vous manqués
Marguerite aux fourneaux
inventant d'autres Vagues
Le soleil disparaît
: est-ce mauvaise augure ?
Entre les interludes
que s'est-il donc passé ?
Présage interlude 8.1 p.177 à partir de "The sun was sinking"
jeudi 29 juin 2023
Interlude 7.1 p. 155 Vagues Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin
Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin
Un aller sans retour
Une coquille vide
Plus de but Plus de
sel
Les vagues étaient à
l'heure pour épouser le sable
La palette des roses,
les pollens clandestins
Nuances évocatrices
de flots surexposés
Le bouquet aux
jeunesses
Rêves
contradictoires
Les vagues
revenaient délivrer leur message
Englouti
Des griffures / des
brisures /
La guerre en continu
Les doses de
souffrance / Les liqueurs de soleil
Comme une branche rêche
que la mer a polie
Noire comme du fer
vide comme le ciel
Les vagues n'étaient
pas car la mer était morte
Vagues Comme un pèlerinage qui n'aurait plus de fin Interlude 7.1 p. 155à partir de "the waves no longer visited the further pools or reached the dotted black line which lay irregularly marked upon the beach"
jeudi 15 juin 2023
interlude 7.2 p.156 Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête
Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête
Les ombres sont des
gens à jamais disparus
Les ombres sont des
ombres des signes honorifiques
/ des farces et des
attrapes
Je me cogne aux
parois de la chambre hantée
Je bois à l'eau
croupie des fleurs dans les vases
Je plane sur mes rêves
et sur mes insomnies
mes ailes sont des
robes de velours écarlate
aux doublures
d'ambre et d'or
aux poussières
concentrées
Je répands sur mes
nuits la lourdeur éphémère
Comme un grand
papillon /
de nuit et de
brouillard
Naviguant dans la
pièce de tous mes cauchemars
à partir de la dernière phrase " as if a great moth sailing through the room had shadowed the immense solidity of chairs and tables with floating wings. "Comme si un grand papillon de nuit naviguant dans la pièce avait assombri de ses ailes flottantes la formidable solidité des chaises et des tables"
jeudi 1 juin 2023
Interlude 7.1 p.155 Dans les sillons du vent
Dans les sillons du vent Interlude 7.1 p.155 à partir de la phrase "some raced in the furrows of the wind and turned and sliced through them as if they were once body cut into a thousand shreds"
Dans les sillons du vent quand les oiseaux s'engouffrent
La brise magistrale qui les emporte au ciel
A quel signal à quelle/
une ombre balayante
Réagissent leurs ailes Obéissent leur tête
La nuée danse et vire en arabesques noires
Dans quel sillage rouge fraient-ils de leur mémoire
Y a t'il un chef un roi une fière autocrate ?
le fleuve Amour de la murmuration violette
l'agita partagé les voiles sur la mer
un langage commun
chorégraphie muette
Comme les fragments d'un corps unique
en mille morceaux
mercredi 17 mai 2023
Interlude 5.2 p.127 Bruits, Sons Bruisse de feuilles
à partir de la phrase : "chattering grey stones"
Bruisse de feuilles
Bourdon d'insectes
Claque de vagues
Meugle de vaches
Grésil de graviers
Entrechoc de galets
Cri de feuilles sèches
Stridence de lumières
Jailli d'embruns
Merle ma sœur merle
Oiseau sentinelle
Silence d'ombres dans les recoins
Coins
Canard des chants
Chaînes des fantômes
Crépitement du feu / follet / fenêtres
Ongle rayant le verre
à l'envers
Gorgée de sons
Repu de formes
De rumeurs maritimes
De va et vient sans fin
Tout est trop Tout est plein
du robinet qui goutte
à goutte
dans le seau
et déborde du vase vert
des nuages
de la mer
fanfare
tintamarre
fin
mercredi 10 mai 2023
interlude 6 p.141 Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues Comme des pans de lumière gisant sur le rebord
Derrière l'entassement de l'âge entre les vagues /moiré
L'effet dévastateur de l'ombre qui s'avance /gris
Le poison de la propagande /kaki
Jusqu'à ne plus savoir ce que penser veut dire /blanc
La brume les mensonges les lignes les délices /héliotrope
Ce qui fait la beauté des meubles à tiroirs /ventre de biche
Les secrets éventrés, mythologies sanglantes /rose bonbon
Les âmes sœurs tombées au champ d'horreur d'oubli /transparent
Sous la loi fracassante des algorithmes noirs /damier
Comme des pans de
lumière gisant sur le rebord
Des fenêtres silence immarcescibles et sales /poussière
Sur la crête des
Comme des pans de lumière gisant sur le rebord interlude 6 p.141 à partir des phrases sur la lumière tout du long de l'interlude
Ma traduction (à venir)
mardi 25 avril 2023
Interlude 5.3 Une parole maigre comme l'échine d'un mulet L'herbe est haute
Une parole maigre comme l'échine d'un mulet
qui se fraye un chemin parmi tous les silences
Les supposés qui hurlent leur mystère endeuillé
Par delà les énigmes de la vérité
Faire du foin sur le terrain du vague
un plein chariot bien jaune à la Jérôme Bosch
On ne commande rien, on suggère le peu
Une injonction sous x
Ne se prononce pas
Les mots au semblant doux du velours synthétique
Les mots au semblant dur du tranchant des épées
Des bulles qui s'inscrivent au-dessus de leur tête
Comme si en les touchant ils allaient fondre l'âme
à partir de la phrase "as the back of great horses ripple with muscles as they move"
A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d'argent, de mauve, les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d'un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient (bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi le jardin n'était que floraison et profusion et jusqu'aux espaces sous les plantes étaient verts et mauves et fauves à mesure que le soleil transperçait un pétale rouge et un pétale jaune plus large ou bien lorsqu'il était empêché, arrêté barré par quelque rayure verte épaisse et velue.
vendredi 7 avril 2023
Interlude 5.1 p.126 La femme aux cheveux d'or
La femme aux cheveux d'or la roue rouillée les gouttes d'eau opale les maisons de carton roses le dépaysement multicolore la couche de mer émeraude un petit acompte argent sur le bonheur conjugal les charbons rougeoyants de l'amour, les fournaises du coeur la barque bleue azur du destin flottant sur des eaux incolores 3 nuits champagne la poitrine bistre la fragrance mauve de son after-shave une robe blanche imméritée la débâcle anthracite une chausse-trappe moutarde une bottine acajou sans lacets les sillons noirs creusés par le vent vermeil
de
l'oubli
du
rabougri
des tissus kakis froissés sur les pierres brûlantes
ma traductionLe soleil était au
zénith. On ne le devinait ni ne l'entr'apercevait plus à partir d'indices et de
lueurs ; c'était comme si une jeune fille allongée sur sa couche maritime verte
se fatiguait le regard à distinguer les joyaux aquatiques, ronds comme des
globes qui lancent des lumières teintées d'opale, tombent et clignotent dans
l'air incertain comme les flancs d'un dauphin glissant ou l'éclair d'une lame
qui tranche
Maintenant le soleil
brillait sans équivoque, de manière indéniable. Il dardait ses rayons sur le
sable dur et les rochers devinrent aussi rouges et brûlant que des fournaises.
Il cherchait chaque flaque, et attrapait le petit poisson caché dans le moindre
recoin, faisait apparaître la roue rouillée, l'os blanc, ou le ... sans ...
accroché, noir comme du fer, dans le sable. Il donnait à chaque chose sa masse
exacte de couleur. Aux dunes leur scintillement innombrable, aux herbes folles
leur vert brillant. ou bien il tombait sur l'étendue aride désolée du désert, montrant
ici les sillons creusés par le vent, ici balayé en cairns désolés, ici parsemée
d'arbres exotiques (?) rabougris d'un vert sombre. Il allumait la fine mosquée
dorée, les frêles maisons de carton roses et blanches du villages au sud, et la
femme à la poitrine généreuse et aux cheveux blancs, qui s'agenouillait dans le
lit de la rivière en battant des vêtements froissés sur les pierres. Les paquebots qui s'élançaient
lentement sur la mer étaient pris dans le regard rasant du soleil qui, à
travers les auvents jaunes, frappait les passagers qui somnolaient ou arpentaient
le pont, abritant leurs yeux pour chercher la terre, tandis que, jour après jour, comprimé dans ses flancs huileux et
palpitants, le navire les portait monotonement sur les eaux.
à partir de la phrase " 2023 04 07 - "Le soleil donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur"
lundi 20 mars 2023
Interlude 4.2 p.93 Comme l'herbe ondulante
Comme l'herbe ondulante de la mer
les vapeurs
violettes
Comme les moiteurs
recroquevillées à l'arrière-plan
les dagues de glace
Comme la campagne
blanche de fleurs
les visqueuses fêlures
Comme les gobelets
zébrés de lumière éphémère
un glacis rouge
Comme les chants
enturbannées abrupts
à l'aplomb de la
flèche
Comme le grain du
bois les épluchures pitoyables
Comme l'étoile
polaire sa lumière blafarde
sa position immuable
Comme les ruisseaux
les torrents les étangs les lacs
le ciel tournoyant
les chevaux
virevoltants
Comme si au bord de
leur vie
Rien n'avait d'ombre
à partir de la phrase 2023 03 25 "They sprang as if the end of their being were sharpened and must cut, must split the softness of the blue green light, the dampness of the wet earth"Comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie s'approchait "
Ma traduction
Ils
chantaient comme si leur chant était expulsé sous la pression du matin. Il
sautaient comme si leur fin était proche et que le bord de leur vie
s'approchait et devait fendre la douceur de la lumière bleu-vert, l'humidité
de la terre mouillée, les fumées et les vapeurs des volutes grasses de la
cuisine, ; les effluves chaudes de mouton et de bœuf ; l'abondance des
pâtisseries et des fruits ; les matières humides et les épluchures jetées
depuis le seau de la cuisine, et d'où s'échappait une lente vapeur montant du
tas d'ordures. Sur tout ce mouillé, ce tâché d'humidité, ce recroquevillé par
le trempage, ils descendaient, avides, impitoyables, abrupts, Ils plongeaient
soudain depuis les branches du lilas jusqu'à la grille, ils épiaient un escargot
et frappaient la coquille contre une pierre. Ils frappaient avec fureur,
méthodiquement, jusqu'à ce que la coquille se casse et que quelque chose de
visqueux suinte de la fêlure.
Ils
balayaient le ciel en tournoyant comme des flèches haut dans les airs lançant des notes brèves
et aiguës perchés sur les plus hautes branches d'un arbre ils regardaient à travers les feuilles les flèches des clochers et en bas la campagne blanchie par les fleurs,
avec l'herbe ondulante et la mer qui battait comme le tambour d'un régiment de
soldats enturbannées ou portant des casques à plumes.
Maintenant
et encore leurs chants montaient ensemble sur des portées rapides comme les
entrelacs d'un torrent dont les eaux se mêlent au
confluent, écument et se mélangent, puis
se hâtent de plus en plus vite vers le
chenal traçant une sortie unique et large emportant les mêmes larges feuilles. Mais il y a un rocher. Elles se
séparent.
Le
soleil tombait en pans aigus dans la pièce.
Quoi
que ce fut qu'elle touchât, la lumière devenait plus crue avec une existence fanatique
exacerbée
Une
assiette devenait un lac blanc, un couteau une dague de glace. (un stalactite).
Soudain des verres se révélaient soutenus par des zébrures de lumières (des
raies de lumières)
Les
tables et les chaises émergeaient comme si ayant préalablement coulé elles
surgissaient à nouveau, elles refaisaient surface, recouvertes d'une mince
pellicule rouge, orange, violette comme le duvet sur la peau d'un fruit mûr.
Les veines sur la glaçure (le vernis, le brillant) de la porcelaine, le grain
du bois, les fibres du cannage se précisèrent plus finement. Rien n'avait
d'ombre. Un pot était tellement vert que l'oeil semblait aspiré par le tunnel de
son intensité et restait collé dessus comme un mollusque, une bernique
Puis
les formes prirent du volume et des contours. Là on distinguait la courbe d'une
chaise ; là la silhouette d'une armoire. Et à mesure que la lumière augmentait des
tâches d'ombre y pénétrèrent, s'accumulèrent et se répandirent en de multiples plis
et replis sur l'arrière plan.
mardi 14 mars 2023
interlude 4.1 p.92 Oiseaux déréglés
Oiseaux déréglés, chaque année moins de doigts pour les compter.
Aucun jacarini sautant sur place les ailes en l'air pour montrer à sa
femelle sa tache blanche.
Rouge-gorge solitaire. Est-ce le/la même chaque année ? Combien
de temps vit un oiseau ?
Des pigeons, ça oui. Lundi dans le jardin, un ramier égorgé, un
éventail de plumes.
Quelques mésanges et quelques pies. Un pivert revenant, quelques pinsons
des arbres et trois moineaux.
Aucun petitduc faisant escale après avoir parcouru
Aucune perdrix rouge guettée par l'autour des palombes
Pas de cassiques cul jaune de Guyane dans son nid tressé et
suspendu
Pas de picolette précieuse qui sait tout chanter et en paye le prix
je pense au silence de confinement rempli d'oiseaux, au cri de chouette
dans les films, dès que l'atmosphère est crépusculaire
je sais bien que vous ne chantez pas pour me faire plaisir, que vous avez votre vie, mais comment vous dire que je suis contente que vous le fassiez
Et tous ces plumages, ces ramages, ces crêtes, ces chants cette
créativité infinie. Stridence, passion, véhémence, murmurations des étourneaux.
Psychologie du désastre. Je reste attentive, je compte sur vous
à partir de la phrase p.93 They sang, exposed without shelter, to the air and the sun" ils chantaient bien en vue, sans abri, pour l'air et pour le soleil,
Ma traduction
Le soleil, à présent levé, ne reposait plus sur un matelas vert, jetant un coup d’œil furtif à travers l'eau scintillante comme des bijoux, révéla sa face et piqua droit au-dessus des vagues. Elles tombaient avec un bruit sourd régulier. Elles tombaient comme fait le martèlement des sabots des chevaux galopant sur le gazon. Leur écume s'élevait comme le jet de lances et de sagaies au-dessus de la tête des cavaliers. Elles balayaient la plage de leur eau bleu-acier parsemée de diamants. Elles allaient et venaient sur le rivage avec l'énergie, la musculature d'un moteur qui déploie et réintroduit sa force. Le soleil tombait sur les champs de maïs et sur les bois. Les rivières devenaient bleues et enchevêtrées comme des tresses, les pelouses qui descendaient jusqu'au rivage devinrent vertes comme les plumes des oiseaux qui ébouriffent doucement leur plumage. Les collines courbées et enserrées, comme liées par des lanières, à l'image d'un membre lacé par ses muscles ; et les bois qui se hérissaient fièrement sur leurs flancs étaient comme la crinière bien taillée sur l'encolure d'un cheval.
Dans le jardin là où les arbres se tenaient lourdement au dessus des parterres de fleurs, des étangs, et des serres, les oiseaux chantaient dans le chaud soleil, chacun en solo. L'un d'eux chantait au-dessus de la fenêtre de la chambre, un autre sur le plus haut rameau du lilas ; un autre sur le rebord du mur. Chacun chantait de manière stridente, avec passion, avec véhémence, comme pour expulser le chant et peu importait si ce chant dissonait avec le chant d'un autre oiseau. Leurs yeux ronds brillaient de mille éclats : leurs serres agrippaient le rameau ou la rampe, ils chantaient bien en vue, sans abri, pour l'air et pour le soleil, magnifiques dans leur plumage tout neuf, veinés de nacre ou éclatants, ici strié de bleu pâle, ici éclaboussé d'or, ou rayés d"un duvet brillant.
dimanche 12 février 2023
Interlude 3.2 p.63 The wind rose
The wind rose
Le vent de Damas le vent des roses levant le poing pour dire la rage
les effluves pailletées de sable
le désert porté par le vent
je vois des roses
les pétales s'envolent poussière
l'air embaume le linceul la momie du fantôme
la fleur à sa fenêtre penche la tête
le vent claque le bouton de porte éclot
the wind rose
le rideau s'agite ondule la flaque de lumière se ride
et mon ami la rose des sables et mon ami le vent
tout tremble autour de moi et la terre s'ouvre sous mes pas
Rosam Video
+*+*+*+*+*+*+*+*+*+*+*
à partir de la phrase "THE wind rose"
ma traduction
à présent, jetant des regards ici et là, ils scrutaient sous les fleurs, au-dessous des avenues sombres à l'intérieur du monde non éclairé là où les pourritures de feuilles et de fleurs se déposent. Puis l'un d'eux s'élançait gaiement, se précipitait gracieusement, piquait avec précision le corps doux et monstrueux d'un ver de terre sans défense, le picorant encore et encore puis l'abandonnait au pourrissement. Là-dessous parmi les racines où les fleurs se putréfiaient on percevait des effluves de choses mortes, des gouttes formées sur les bords gonflés des formes boursouflées. La peau des fruits pourris éclatait et des matières suintaient trop épaisses pour couler. Les limaces exsudaient des excrétions jaunes et ça et là un corps amorphe avec une tête à chaque extrémité se balançait doucement à chaque bout. Les oiseaux aux yeux dorés qui dardaient leur regard au travers des feuilles observaient cette purulence, cette humidité, d'un air interrogateur. De temps en temps ils plongeaient le bout de leur bec sauvagement dans cette mixture collante.
Dès lors le soleil levant parvint à la hauteur de la fenêtre, touchant le rideau aux ganses rouge, mettant lentement en évidence des cercles et des lignes. Maintenant, dans la lumière qui progressait sa blancheur s'installa dans l'assiette, se condensa sur la brillance de la lame. Les chaises et les buffets se profilaient de telle façon que bien qu'étant séparés, ils paraissaient inextricablement mêlés. Le miroir affichait sa flaque de lumière blanche sur le mur. La fleur vivante sur le rebord de la fenêtre était accompagnée par le fantôme d'une fleur.
Et comme le fantôme était partie intégrante de la fleur, lorsqu'un bouton éclosait, la fleur plus pâle faisait aussi éclore un bouton dans le miroir.
Le vent se leva. Les vagues roulèrent sur la grève avec un bruit de tambour, comme des guerriers enturbannés, comme des hommes en turbans avec des sagaies empoisonnées et qui faisaient tournoyer leurs armes dans l'air, chevauchant les troupeaux de moutons blancs.
Ma lecture du matin (L'été où tout a fondu : Tiffany McDaniel) (Extrait du passage des roses sur les bleus)
"Parfois je regarde ces bleus et je vois des pétales. et je ne suis plus triste.Comment pourrais-je l'être ? puisque ma mère n'a fait que me donner des fleurs.
[...]
Pendant tout ce temps Sal avait contemplé ses bleus en silence, comme un garçon trop consterné pour être capable de dire quelque chose qui soit à la hauteur.
[...]
Je pourrais transformer tes bleus en de vraies roses.
Il est allé à la table du patio prendre la paire de ciseaux et le rouleur de ruban adhésif laissés là par Dresden quand elle avait fait son maquillage en papier coloré. Jetant un coup d'oeil autour de lui il s'est dirigé vers le buisson de roses d'une couleur lavande telle qu'on pouvait dire qu'elles étaient bleues.
vendredi 3 février 2023
Interlude 3.3 p.63 Dans le sombre Tunnel d'ombre pourpre
Dans le sombre Tunnel d'ombre pourpre
le sang palpite et
les Tissus s'englanTent
un coeur baT quelque
parT sTrié de peines intermiTTenTes
l'oeil jaune scruTe cet
organe enchanTé
lumière au bout du Tunnel
?
pour l'heure elle esT
dedans
TouT le specTre des rouge
des senTiments cramoisis
une usure
raisonnable
la morT sournoise
encore dans l'anTichambre
plaies bosses
méTasTases oubliées
au fond d'un placard
TouT l'arsenal
les caviTés creusées
à même les parois
des mammouThs de
chair des pendeloques de Tendresse
les moTs
-percuTent puis
sédimenTent
donT on ausculTera
les cendres :
des je T'aime et des
Toi non plus
Fragment 3 des Vagues.
Ma traduction
Dans le jardin les oiseaux qui avaient chanté de façon intermittente et saccadée au creux de cet arbre de ce buisson, faisaient maintenant entendre leur choeur, strident et aigu ; tantôt ensemble, comme conscients de la présence de leurs compagnons tantôt solitaires, à l'intention du bleu pâle du ciel . Ils s'enfuirent/ s'enfuyaient tous dans un même envol, quand le chat noir vint /venait visiter les buissons, quand le cuisinier(la cuisinière) lança/lançait des cendres sur le tas d'escarbilles et les fit /les faisait décamper. On sentait la peur dans leur chant, et l'appréhension de la douleur, et la joie à saisir dans l'instant. Ils chantaient également pleins d'élan dans l'air lumineux du printemps, en passant au-dessus de l'orme, pépiant ensemble alors qu'ils se pourchassaient, s'échappaient, se poursuivaient se donnaient des coups de bec alors qu'ils tournoyaient haut dans le ciel. Puis, lassés de se poursuivre et de voler, ils descendaient en douceur, s'inclinaient délicatement vers le sol, atterrissant et se posant sur un arbre, un mur, avec leurs yeux brillants scrutant, et leur tête se tournant d'un côté puis de l'autre ; à l'affût, en éveil ; intensément conscient d'une chose, d'un objet en particulier.
Ce pouvait être une coquille d'escargot, se dressant dans l'herbe comme une cathédrale grise, un grand bâtiment incendié avec des anneaux sombres dans l'ombre vert foncé de l'herbe. Ou peut-être voyaient-ils la splendeur des fleurs qui répandait une lumière flottante violette fluide sur les parterres traçant de sombres tunnels d'ombres pourpres mauves entre les tiges. Ou bien fixaient-ils leur regard sur les petites feuilles de pommier brillantes, qui dansaient bien que toujours attachées à la branche, éclaboussant pétillant étincelant à travers les boutons de fleurs roses ; ou bien voyaient-ils une goutte de pluie suspendue sur la haie mais ne tombant pas, contenant l'image inversée de la maison entière et des ormes imposants comme des tours ; ou regardant droit vers le soleil, leurs yeux devenaient des perles dorées.
mardi 20 décembre 2022
Interlude 4.3 p.94 Lumière sonore claques déferlements
Lumière sonore claques déferlements foudroyants jeunesse lynchée à angle droit aveuglée grugée par ce soleil sans joie et lancinant lyrisme piquant jalousie des lames de couteaux liquéfiées reposer son regard sur un coussin émeraude mais le son aigre-doux du crépuscule sentimental ne laisse au hasard des laboratoires que sa percutante clarté qui nous inflige ça -son luminescent des aurores alliées les roses de rosir les noirs de louvoyer emportement du ciel tribulations de nuages sans frivolités évanouissement langueur lumière océane clameur et silence obscur des bibliothèques réduites en poussières d'abeilles -Chaque jour est une page de moins en moins blanche.
Ma traduction
fragment
4 2ème interlude 2ème partie
dimanche 20 novembre 2022
Interlude 1.1 P. 5 Dans la brume - l'incertitude - un badigeon de tristesse -
Dans la brume - l'incertitude - un badigeon de tristesse - indéterminée- le cafard que génèrent les jours de brouillard scintillement bruni de l'aube montée du soir débandade cocon délicieux tohu-bohu des origines butyreuses filaments effilochés de sons brisés fricassée de sentiments béatitude -le goût de lumière masqué de bulles roses conversation dans le noir mots dilués délavés peinant à sortir des bronchioles équilibre bancal des mots et des choses les bouquets argentés des forêts en hiver brume tourbillons brume Babel hululant dans les couloirs une sorte de velours nocturne sur son miroir de brume / mou aussi- des choses à la hauteur des yeux ombre bleue sur la bruyère des landes sur la bryone des lieux incultes sur les odeurs de buis BRUME -mourir liquide sous les baisers des fantômes bras enserrant le vide des blessures béantes formes baveuses vaporeuses abhorrées brodées de quelques rires grésillements télégraphiques coton cliché niché dans le buisson des méninges de bronze à la barbe du temps abondance de cloches espaces encryptés bicéphales brisures de hurlements piégés dans les volutes quand l'intérieur est flou sans substance qu'au dehors les oiseaux chantent une mélodie blanche quand ne restent à la surface que des traces de gomme
codicille : le plus possible de mots contenant le B de brume. 207 mots comme dans ma traduction de fragment. Pas de ponctuation.
vendredi 11 novembre 2022
Interlude 1.2 Un bras levant une lampe
un bras levant une lampe - aveuglement
un monde vert rouge
jaune blanc
Tourmaline
des femmes alanguies
élégamment
sur la plage
écumante leurs fins souliers crissant
dans le creux du
lagon
sous le sable adoré
des visages éventés
des mines épouvantées
des flammèches des
fibres des lueurs tremblotantes
l'horizon translucide
haché condamné
le verre jusqu'à la
lie
silence crépitant
éclair Grenat déchirement
les nervures d'un
éventail brûlant
tous les sens
interdits en émerveillement
les bouches béantes
une explosion de
joie
un champignon
magique
et des Gerboises bleues
un spectacle assourdissant
unique
- qu'on ne voit
qu'une fois
un doigt sur l'interrupteur
du temps
(codicille : en miroir 103 mots comme pour la traduction, pas de ponctuation sauf tiret, rythme et allitérations)
· Petit à petit la ligne sombre à l'horizon s'éclaircit comme lorsque la lie se dépose au fond des vieilles bouteilles de vin et rend au verre sa translucidité verte, ou comme si le bras d'une femme allongée sous l'horizon levait une lampe et que des barres droites blanches, vertes et jaunes se déployaient à travers le ciel comme les nervures d'un éventail.
· Puis le bras leva la lampe plus haut et l'air devint fibreux, et se déchira de la surface verte en flammèches et lueurs tremblotantes aux fibres rouges et jaunes comme les flammes fumantes et crépitantes d'un feu de joie.
(Traduction deuxième fragment premier intermède : 103 mots)
mardi 18 octobre 2022
Interlude 1.1 p.5 Soupirant comme un dormeur la mer Entre ciel et mer
à partir de la phrase : "...sighing like a sleeper whose breath comes and goes inconscioulsy" The sea was indistinguishable from the sky"
Soupirant comme un dormeur
la mer et le ciel vaguement
l'un après l'autre -le rêve
au fur et à mesure -le souffle
la mer et le ciel indissociables
une ligne sombre indéchiffrable
violetée
la barre du ciel blanchissant -s'évasant
fugitivement la mer
perpétuellement le ciel
un fin voile de vague
graduellement ondoyant
le vent en va-et-vient
en salves indétectables
repoussant vainement
cet espace froid, vide
des lieux concis
dépourvus d'adverbes
qui laisse sur le sable
qui laisse à l'horizon
vaguant à sa guise
une vénusté douce
une douleur écumée
évanouie dédaigneuse
la mer et le ciel inconsolables
un amour inutilisable
ma traduction
Les vagues traduction premier fragment. MPR 12/10/2022
Le soleil n'était pas encore levé. La mer ne se distinguait pas du ciel à ceci près que celle-ci ondulait légèrement comme si elle contenait un tissu plissé.
Au fur et à mesure que le ciel s'éclaircissait, une ligne sombre s'étendait à l'horizon, séparant la mer du ciel, tandis que la toile grise se striait de puissants mouvements, qui s'avançaient l'un après l'autre, sous la surface, se succédant, se poursuivant, perpétuellement.
En approchant du rivage, chaque bande s'élevait, se ramassait, se cassait laissant un fin voile d'eau blanche sur le sable. La vague s'arrêtait et se retirait à nouveau, soupirant comme un dormeur dont la poitrine se gonfle et s'abaisse inconsciemment.
Les vagues traduction premier fragment. MPR 12/10/2022
Le soleil n'était pas encore levé. La mer ne se distinguait pas du ciel à ceci près que celle-ci ondulait légèrement commesi elle contenait un tissu plissé. Au fur et à mesure que le ciel s'éclaircissait, une ligne sombre s'étendait à l'horizon, séparant la mer du ciel, tandis que la toile grise se striait de puissants mouvements, qui s'avançaient l'un après l'autre, sous la surface, se succédant, se poursuivant, perpétuellement. En approchant du rivage, chaque bande s'élevait, se ramassait, se cassait laissant un fin voile d'écume blanche sur le sable. La vague s'arrêtait et se retirait à nouveau, comme le souffle d'un dormeur dont la poitrine se gonfle et s'abaisse inconsciemment.
Petit à petit la ligne sombre à l'horizon s'éclaircit comme lorsque la lie se dépose au fond des vieilles bouteilles de vin et rend au verre sa translucidité verte, ou comme si le bras d'une femme allongée sous l'horizon levait une lampe et que des barres droites blanches, vertes et jaunes se déployaient à travers le ciel comme les nervures d'un éventail. Puis le bras leva la lampe plus haut et l'air devint fibreux, et se déchira de la surface verte en flammèches et lueurs tremblotantes aux fibres rouges et jaunes comme les flammes fumantes et crépitantes d'un feu de joie.