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jeudi 15 juin 2023

interlude 7.2 p.156 Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête

 Les ombres sont des mots qui fusent de ma tête

Les ombres sont des gens à jamais disparus

Les ombres sont des ombres des signes honorifiques

/ des farces et des attrapes

Je me cogne aux parois de la chambre hantée

Je bois à l'eau croupie des fleurs dans les vases

Je plane sur mes rêves et sur mes insomnies

mes ailes sont des robes de velours écarlate

aux doublures d'ambre et d'or

aux poussières concentrées

Je répands sur mes nuits la lourdeur éphémère

 

Comme un grand papillon /

de nuit et de brouillard

Naviguant dans la pièce de tous mes cauchemars


à partir de la dernière phrase " as if a great moth sailing through the room had shadowed the immense solidity of chairs and tables with floating wings. "Comme si un grand papillon de nuit naviguant dans la pièce avait assombri de ses ailes flottantes la formidable solidité des chaises et des tables"

jeudi 1 juin 2023

Interlude 7.1 p.155 Dans les sillons du vent

Dans les sillons du vent Interlude 7.1 p.155 à partir de la phrase "some raced in the furrows of the wind and turned and sliced through them as if they were once body cut into a thousand shreds"


Dans les sillons du vent quand les oiseaux s'engouffrent

La brise magistrale qui les emporte au ciel

A quel signal à quelle/

une ombre balayante

Réagissent leurs ailes  Obéissent leur tête

La nuée danse et vire en arabesques noires

Dans quel sillage rouge fraient-ils de leur mémoire

Y a t'il un chef un roi une fière autocrate ?

le fleuve Amour de la murmuration violette

l'agita partagé les voiles sur la mer

un langage commun

chorégraphie muette

Comme les fragments d'un corps unique

en mille morceaux

mardi 25 avril 2023

Interlude 5.3 Une parole maigre comme l'échine d'un mulet L'herbe est haute

Une parole maigre comme l'échine d'un mulet

qui se fraye un chemin parmi tous les silences

Les supposés qui hurlent leur mystère endeuillé

Par delà les énigmes de la vérité

Faire du foin sur le terrain du vague

un plein chariot bien jaune à la Jérôme Bosch

On ne commande rien, on suggère le peu

Une injonction sous x

Ne se prononce pas

Les mots au semblant doux du velours synthétique

Les mots au semblant dur du tranchant des épées

Des bulles qui s'inscrivent au-dessus de leur tête

Comme si en les touchant ils allaient fondre l'âme


à partir de la phrase "as the back of great horses ripple with muscles as they move"

 Codicielle : 100 mots/ alexandrins / des mots de la traduction de l'interlude des Vagues/ se terminant par Comme si

Ma traduction (à venir)
Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales 
et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où
l';eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont
suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les
pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des
mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur
chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et
sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de
leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.
A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes
sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies
ondulantes chatoyantes ...
Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain
dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,
les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant
ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes
de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient
contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les
prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin
d';herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert
continu.
Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque
sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait
(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.
Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une
seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils
charriaient des brindilles de paille et des ramilles
(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes
branches.
Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où
les cônes des cytises et de pourpre secouaient
(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d'autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place. A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d'une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu. Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait(dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles(branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l'or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.

A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d'argent, de mauve, les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d'un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient (bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi Le soleil frappait les cimes touffues des collines orientales et resplendissait dans le lit de la rivière rocailleuse [où l'eau se contractait] qui rétrécissait sous le haut pont suspendu si bien que les lavandières agenouillées sur les pierres chaudes pouvaient à peine tremper leur linge ; et des mules décharnées maigres, traçaient précautionneusement leur chemin parmi les pierres (se frayaient un chemin) grises et sonores, lestées de paniers accrochées de part et d';autre de leur échine. à midi la chaleur du soleil faisait paraître les collines grises comme tondues rasées et roussies par une explosion tandis que plus au Nord, là où les nuages et la pluie étaient plus fréquentes, d'autres collines s';égalisaient (s';adoucissaient)par plaques (tranches) comme si le plat d';une pelle y avait déposé une lumière, comme si un gardien loin dans les profondeurs y avait transporté une lampe verte de place en place.A travers les particules d';air gris-bleu (les atomes)le soleil frappait la campagne anglaise et illuminait les marais et les mares, étangs, une mouette blanche sur un piquet (pieu) la lente navigation des ombres au-dessus des bois aux cimes sombres, et sur le jeune blé (le blé en herbe) et les prairies ondulantes chatoyantes ...Il mordait sur le mur du verger et chaque trou et chaque grain dans la brique était marqué d';une pointe d';argent, de mauve,les rendant comme doux au toucher, comme si, en les touchant ils allaient fondre, se dissoudre en une multitude de miettes de poussières juste sorties du four. Les groseilles pendaient contre le mur en ondulations et cascades de rouge poli. Les prunes surgissaient d';entre les feuilles, et chaque brin d'herbe était poussé d';un seul élan en un courant vert continu.Les ombres au pied des arbres étaient plongées dans une flaque sombre. La lumière se répandait en flots et réduisait (dissolvait) les feuillages séparés en un même ensemble vert.Les oiseaux chantaient leur chant passionné, adressé à une seule oreille (une oreille particulière)puis se taisaient. Ils charriaient des brindilles de paille et des ramilles (branchettes) vers les fourches sombres des les plus hautes branches.Dorés et empourprés ils étaient perchés dans le jardin, là où les cônes des cytises et de pourpre secouaient(bousculaient)l';or et le lilas car depuis lors et jusqu'à midi le jardin n'était que floraison et profusion et jusqu'aux espaces sous les plantes étaient verts et mauves et fauves à mesure que le soleil transperçait un pétale rouge et un pétale jaune plus large ou bien lorsqu'il était empêché,  arrêté barré par quelque rayure verte épaisse et velue.

vendredi 7 avril 2023

Interlude 5.1 p.126 La femme aux cheveux d'or

La femme aux cheveux d'or la roue rouillée les gouttes d'eau opale les maisons de carton roses le dépaysement multicolore la couche de mer émeraude  un petit acompte argent sur le bonheur conjugal les charbons rougeoyants de l'amour, les fournaises du coeur la barque bleue azur du destin flottant sur des eaux incolores 3 nuits champagne la poitrine bistre la fragrance mauve de son after-shave une robe blanche imméritée la débâcle anthracite une chausse-trappe moutarde une bottine acajou sans lacets les sillons noirs creusés par le vent vermeil

de l'oubli

du rabougri

des tissus kakis froissés sur les pierres brûlantes



ma traduction

Le soleil était au zénith. On ne le devinait ni ne l'entr'apercevait plus à partir d'indices et de lueurs ; c'était comme si une jeune fille allongée sur sa couche maritime verte se fatiguait le regard à distinguer les joyaux aquatiques, ronds comme des globes qui lancent des lumières teintées d'opale, tombent et clignotent dans l'air incertain comme les flancs d'un dauphin glissant ou l'éclair d'une lame qui tranche

Maintenant le soleil brillait sans équivoque, de manière indéniable. Il dardait ses rayons sur le sable dur et les rochers devinrent aussi rouges et brûlant que des fournaises. Il cherchait chaque flaque, et attrapait le petit poisson caché dans le moindre recoin, faisait apparaître la roue rouillée, l'os blanc, ou le ... sans ... accroché, noir comme du fer, dans le sable. Il donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur. Aux dunes leur scintillement innombrable, aux herbes folles leur vert brillant. ou bien il tombait sur l'étendue aride désolée du désert, montrant ici les sillons creusés par le vent, ici balayé en cairns désolés, ici parsemée d'arbres exotiques (?) rabougris d'un vert sombre. Il allumait la fine mosquée dorée, les frêles maisons de carton roses et blanches du villages au sud, et la femme à la poitrine généreuse et aux cheveux blancs, qui s'agenouillait dans le lit de la rivière en battant des vêtements froissés sur les pierres. Les paquebots qui s'élançaient lentement sur la mer étaient pris dans le regard rasant du soleil qui, à travers les auvents jaunes, frappait les passagers qui somnolaient ou arpentaient le pont, abritant leurs yeux pour chercher la terre, tandis que, jour après jour, comprimé dans ses flancs huileux et palpitants, le navire les portait monotonement sur les eaux.

à partir de la phrase " 2023 04 07   - "Le soleil donnait à chaque chose sa masse exacte de couleur" 

"The sun fell in sharp wedges. Whatever the light touched became dowered with a fanatical existence"

mardi 21 décembre 2021

hors piste avec mon précédent texte : conte de presque Noël

 Je suis couchée dans mon moyen lit, dans la petite maison de la campagne. J'ai laissé la fête dans la maison d'à côté. Trop de bruit. Trop de lumière. Un monde compact et enfumé. Trop d'artifices. Dans mon lit donc, je broie un peu du noir, gris souris en fait, la lune à son poste, rondouillarde,éclaire la nuit. Je broie un peu de gris, compte quelques moutons, essaie de trouver le bon côté de la situation,je ne suis pas festive, on me l'a assez dit.

Respirer profondément Retrouver mon calme.

Quelques craquements normaux résonnent dans le silence, la maison est pleine de planchers distordus, de cloisons bancales, les matériaux travaillent jour et nuit. Pas de trêve pour les matériaux.

Des pas dans le grenier, pas de quoi fouetter le chat qui se promène sans doute, la région en est infestée ; c'est le terme consacré lorsqu'ils ne sont pas de la maison. La charpente est fourrée de loirs. Qu'ils se débrouillent. Ce doit être un gros chat me dis-je entre deux moutons, car les pas sont lourds.

Soudain dans mon moyen lit, je me tétanise, aplatie de peur au fond des draps. Moi qui rêve toujours de dormir à la belle étoile dans une forêt, je révise à la baisse mes fantasmes et essaie de me raisonner tandis qu'au-dessus de ma tête résonnent toujours de drôles de présences.

La seule chose à faire pour ne pas mourir, me sermons-je, c'est d'aller voir. De qui sont ces pas lourds qui tapent sur ma tête ? Quelques minutes passent. Il fait chaud dans ce moyen lit et si je ne respire plus, peut-être que la chose va s'en aller, ou en tous cas s'endormir, et moi avec. Je vérifie, il ne me reste que quelques moutons.

Bon je me lève, l'action ça a du bon, me convaincs-je, après que la marche ait repris.

Je gravis précautionneusement les marches comme pour apprivoiser ma peur, les escaliers, la chose. Lui faire comprendre que je ne viens pas en conquérante, qu'il doit y avoir moyen de trouver un compromis.

Plus que quelques marches, j'ai le coeur qui ne bat plus, je ne sais plus où il est, j'avance comme un canard sans tête.

Je pousse la porte : elle a mal, elle fait gzzzzzzzz et j'entends : 

NOOOOON !  PAS MAINTENANT !

Mes cheveux se dressent exactement comme il est dit dans les livres, je ne cherche pas plus loin, j'ai compris que j'étais indésirable, je redescends tout aussi précautionneusement que j'étais montée.

Je me recouche dans mon lit moyen, je mets mes boules Quiès et m'endors avec quelques chèvres, j'avais épuisé les moutons.

lundi 20 décembre 2021

BRUIT BLANC

 Se mettre au lit douillet commencer le strip-tease

Déshabiller la cire rose de son ouate

Pétrir en forme oblongue réchauffer, réchauffer

quelque chose n'arrête jamais

Enfoncer retirer pétrir recommencer

Dans le train dans l'avion réguler la pression

Sur le quai du métro, dans les grands magasins

les bruits du maudit monde, mes pensées ruisselantes

clignotantes auto-tamponnantes

la boîte métallique l'épervier des sourdines

Maintenant en plastique seul le prix a doublé

Comme des petits oeufs, comme des nouveaux nés

Bien souvent elles me sauvent quand je suis acculée

Préférer les piqûres au zonzon des moustiques

Déambuler en vie, pavillons déployés

Tous ces sons imposés, écouter nos silences

Les battements de coeur, le regard plus qu'hagard

Déambuler dans nuit Fermer les écoutilles.

Ce soir je sors sans ma tête. Qui est-ce ?

samedi 30 octobre 2021

Codicille cartographie et fragment #1 Contre-jour

Le même escalier légèrement avancé cavalièrement gravi la porte ouverte de la chambre un autre lit que le leur à la même place et moi qui maintenant regarde en lieu et place de mon berceau contre le jour scintillant dehors dans la lumière de l'ordinateur sur le bureau le fleuve adulte qui coule très jeune enfant en bas du pré de l'autre côté de la fenêtre

Et grâce à l'homme "qui-a-sauvé-les-eaux-sauvages"  je vois avec mon coeur ému ce dont je ne peux me souvenir et que mes yeux reconnaissent un souvenir potentiellement inexistant du lieu-moment où j'ai VU le jour le palimpseste de l'espace-temps de ma re-venue dans la carte





mardi 25 septembre 2012

24 septembre


Mal éveillé comateux, j'avais tout oublié quand la voix douce a dit:"on est le 24 septembre".
J'ai senti la vie refluer en moi sous forme d'énergie et les fils invisibles qui me relient au monde se sont tendus. L'un tirant l'autre alternativement, j'ai rejoint les vivants.
Il y avait dans l'air comme un peu de printemps, et l'angoisse turpide de ce jour, du basculement vers autre chose. La voix douce a fait remarquer qu'entre le jour d'hier et celui d'aujourd'hui, la réalité immédiate n'était pas si différente, et qu'avec l'an dernier il n'y avait qu'une année d'écart. Et l'angoisse du jour me parut soudain moins fondée, moins âpre, moins prégnante, pour finalement laisser la place à la sourde inquiétude anxieuse habituelle.
J'ai fait le tour des blogs. Sur alabrisede, j'ai relu pour la énième fois le texte de Bachelard, qui commence par "je suis un rêveur de mots" et celui, brûlant, de Char qui se termine par "à te regarder, ils s'habitueront". J'en ai, me semble-t-il, mieux perçue la lumière. J'ai relu encore une fois, avec émotion, le texte de l'Ange, texte qui s'appelle "17 septembre". Sur OUI MES MOI, j'ai aimé la photo de Marie-Pierre, qui nous montre, qu'un cœur de pierre peut se briser. Ou bien être brisé! J'ai trouvé, à la date d'aujourd'hui, sur JARDIN D'OMBRE, ce texte de Laura-Solange.

La Place
J'ai traversé la place, déplaçant le pas déhanché des pigeons et ne laissant aucune trace sur le dallage blanc - les escargots sont bien plus forts que moi - . Des rires égarés, que quelques arbres recueillent ont bousculé l'espace. Sur les lisières, des doigts d'herbe tentent de faire jardin entre les pavés. Les langues d'asphalte qui contournent la place dénudent, noire, la voix du regard. Au-delà, les façades où glissent les visages dans les marges de l'oubli. J'ai dessiné mon chemin, à grands pas, pour ne pas effleurer les solitudes lasses ni entrechoquer les ombres.

En ce 24 septembre, flottant entre deux âges, j'ai reçu ce texte comme un cadeau à moi destiné. J'y perçois des correspondances secrètes, comme des éléments d'un portrait dont je me refusais à voir le reflet touchant d'une réalité émouvante que je n'ai plus peur de regarder.

jeudi 20 août 2009

Fragments d'un corps incertain






"Nulla dies sine linea
On connaît cette fable
Le temps lui a rogné les ailes
Fable pour fable
plutôt choisir l'enchantement
plutôt vivre de l'impossible:
Nulla dies
quin amorem inveniat

Aucun jour
qui n'invente l'amour

Jean-Marie Barnaud "Fragments d'un corps incertain" (Cheyne 2009)
Lectures sous l'arbre